Les apprentissages autonomes (partie 2)

2ème partie concernant Les apprentissages autonomes* ou comment les enfants s’instruisent sans enseignement (retrouvez la partie 1 juste ici!) inspirée de l’excellent ouvrage de John HOLT. A lire et à découvrir sans hésiter !

Apprenant de nature

Évoquant le sujet de l’école, l’auteur nous explique que lorsque l’apprentissage est une réussite, on dit généralement que c’est grâce à l’école, mais lorsqu’il échoue c’est la faute des élèves. Souvent on met une étiquette sur ces élèves qui échouent : ils ont un « trouble de l’apprentissage », étiquette populaire car elle concerne presque tous les cas d’échecs scolaires.

Or les recherches1 démontrent le lien évident entre ces « troubles de l’apprentissage » et le stress. Lorsque l’environnement est moins stressant, ces troubles disparaissent chez les étudiants.

Posons-nous la question du stress et de la pression que l’on met à nos enfants et ados à l’école, à la maison…

Les écoles présupposent que les enfants n’aiment pas apprendre à moins qu’on leur montre comment faire, en divisant les domaines prescrits en minuscules tâches, qu’il faut maîtriser une à la fois, toujours sur le modèle de la carotte et du bâton.

Or un enfant moteur et acteur de son apprentissage, aime apprendre. Il en redemande même ! C’est un apprenant de nature, il a besoin de découvrir et d’explorer un processus dans son ensemble, pour qu’il puisse l’intégrer dans son schéma mental. Apprendre c’est donner du sens aux choses.

Il est impossible d’être vivant et conscient sans être constamment en train d’apprendre. Nous recevons différents messages de notre environnement et sommes constamment en train d’expérimenter la réalité. Nous apprenons de toutes nos expériences, tout comme les enfants. Vivre c’est apprendre !

John HOLT en tant qu’enseignant en a conclu que l’apprentissage n’est pas le produit de l’enseignement. Arrêtons de nous accrocher à l’idée que plus on enseigne, plus l’enfant va apprendre. En effet, les enfants créent eux-mêmes l’apprentissage et le savoir : ils observent, pensent, testent en permanence et sont bien meilleurs que nous, les adultes. L’idée même que nous pourrions envisager d’enseigner aux enfants comment apprendre, paraît absurde.

Donner du sens au monde, faire ses propres connexions

C’est à nous de mettre à disposition des enfants les ressources facilitant les découvertes. Nous devons créer des conditions favorables au processus de découverte et donc de l’apprentissage. Oui, mais quelles sont ces conditions, ces ressources que nous devons mettre à disposition de nos enfants?

Le temps, le plaisir, la liberté et l’absence de pression

Ainsi à l’école, on demande souvent aux enfants de répéter comme quelque chose de logique, quelque chose qui ne leur semble pas du tout logique, au point qu’ils renoncent à réconcilier ce que disent les gens sur le monde et ce qu’ils ressentent réellement de ce monde. Ils acceptent comme une vérité tout ce que l’autorité dit être la vérité. Ils n’essaient plus de vérifier ou de tester.2

On les a ainsi privés de leur instinct et leur élan naturel d’apprendre. N’oublions pas que les enfants ne peuvent pas passer d’un coup de l’ignorance à la connaissance. Ils n’acquièrent pas le savoir, ils le créent.

John HOLT explique que les enseignants en évaluant, comptant ce que font les enfants, viennent à penser que ces nombres sont plus réels que les enfants eux-mêmes. Ils oublient de regarder les enfants et comment les regarder. Les enfants résistent à cette attraction permanente, car leur ligne directrice dans la vie est de trouver et donner du sens au monde. Ce n’est pas une faiblesse, mais une force !

Vaste programme en perspective ! Pour notre part, la vision de John HOLT fait sens. Nous nous sommes reconnus dans beaucoup de points abordés et espérons être de bons accompagnants pour nos filles sur ce chemin, afin qu’elles aient confiance en elle, qu’elles soient épanouies et libres de penser !

 

*Source : Les apprentissages autonomes, Comment les enfants s’instruisent sans enseignement, John HOLT, Éditions l’Instant Présent février 2014 – 1 : page 39 – 2 : page 57

4 thoughts on “Les apprentissages autonomes (partie 2)

    1. Je pense que l’évaluation n’a pas de sens si ce n’est de classer, comparer les élèves favorisant ainsi la mésestime de soi. En plus lorsqu’un enfant apprend quelque chose de manière naturelle et non contrainte il le fait pour lui. Dans ce cas, l’évaluation n’a aucun sens 🙂

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