Comprendre nos enfants entre 6 et 11 ans (partie 1)

Cet article se base sur l’excellent livre d’Isabelle FILLIOZAT (psychothérapeute, à retrouver dans nos sources d’inspiration juste ici) : « Il me cherche ! » Comprendre ce qui se passe dans le cerveau de votre enfant entre 6 et 11 ans*, dans lequel elle nous donne différentes clés de compréhension. Quand on comprend ce qui se passe, il nous est plus facile d’agir de manière pertinente et efficace ! Son livre est un projet pédagogique qui décrit différentes situations du quotidien, la manière dont l’enfant ressent cette situation, ce qui se passe dans son cerveau, et comment nous pouvons agir.

Très facile à lire, cet ouvrage permet véritablement de décrypter le message de l’enfant et d’identifier son besoin. J’ai pu immédiatement le mettre en pratique, et comprendre certaines émotions et réactions de Zoé (7 ans) puis essayer d’y répondre de manière adéquate. Cela a également permis d’éviter certains conflits avec Cathy (sa grande sœur, 14 ans) et avec nous, les parents, quand on comprend ce qui se passe dans le cerveau !

⇒ L’enfant n’est pas un adulte en miniature. Or nous avons tendance à reprocher à notre enfant de ne pas se comporter en adulte. Nous attendons de nos enfants des comportements qui ne sont pas de leur âge.

Parce qu’on ne connaissait que très peu de choses sur le cerveau, nos ancêtres, nos parents, ont pu croire à l’innocuité de l’éducation par la crainte. C’est maintenant prouvé, l’exposition au stress au cours du développement, perturbant les niveaux d’hormones, entraîne des modifications de la structure du cerveau. […] il est urgent de choisir un mode éducatif non-violent.1

⇒ Les émotions ne sont que des émotions qui surgissent et qui passent, pourtant elles nous inquiètent et nous désarment. Nous avons juste à les écouter et les accueillir.2

L’une des principales clés données par Isabelle FILLIOZAT est la véritable attention : l’auteure indique qu’il est essentiel de passer entre 10 et 20 minutes par jour avec nos enfants. Il s’agit d’une attention à 100%, sans penser à la liste de courses, au travail, au ménage qu’il reste à faire etc. Quand le cœur n’y est pas, cela se ressent. Cela m’a particulièrement interpellé ! Ma 1ère pensée a été : « mais bien sûr que nous passons au moins 20 minutes avec nos enfants. » Mais soyons sincères : nos journées sont bien (trop?) remplies (entre travail, école, devoirs et tâches quotidiennes). On ne parle pas non plus du dîner pris en famille devant la télévision qui empêche la communication. Nos enfants ne méritent-ils pas de leur consacrer un minimum de temps ?

Partie 1 : Accueillir les émotions

Enfant en crise C’est la traduction du stress dans son cerveau. Coups et menaces stoppent les crises uniquement parce que l’enfant est figé, pas parce qu’il est calmé ! Changeons de perspective : le comportement de l’enfant est peut-être un symptôme ? Que se passe-t-il chez l’enfant ?

Pour l’aider à calmer le stress dans le cerveau : privilégier le contact physique, la tendresse, la respiration, lui proposer un verre d’eau. Pour affronter le stress de la vie quotidienne, un enfant entre 6 et 11 ans, a besoin de beaucoup de contacts physiques pour se recharger en dopamine, sérotonine, ocytocine (molécules de la joie, sérénité, du bonheur).

Enfant agressif C’est la réaction à un problème. L’enfant ne se dit pas « Je vais agresser mes copains ou mes parents ou mon frère parce qu’alors on s’occupera de moi ».

Pour pouvoir changer de comportement, il faut que le problème soit identifié et résolu. D’abord on calme le stress en donnant toutes sortes de manifestations d’attachement à notre enfant. Le parent est comparable à une station essence : c’est une base pour remplir le réservoir affectif de l’enfant et le recharger en molécules du bonheur !

Rien ne peut être changé, ni même analysé et compris, dans une atmosphère de tension et de défiance. La première étape est de faire en sorte que chacun, tant l’adulte que l’enfant, soit partenaire dans le changement.3

Face à l’agressivité, si le parent est fâché ou pire, s’il est distant ou ne prend pas le temps, le réservoir de l’enfant se vide induisant du stress, et donc de l’agressivité ou le retrait de l’enfant.

Un autre facteur à considérer est le sucre dans l’alimentation de l’enfant : ce n’est pas seulement un risque d’obésité, il perturbe aussi l’attention et peut rendre agressif.

En rage à la moindre frustration Toute la journée un enfant réprime ses émotions, et tout comme les mammifères, il ne se libère de ses tensions que face à sa figure d’attachement. Ce processus n’est pas conscient. L’enfant ne se dit pas « je vais exprimer mes tensions à ma maman » mais plutôt « je me sens protégé avec ma maman, je peux lui montrer mes émotions ».

Comme indiqué précédemment, il faut d’abord remplir le réservoir affectif de notre enfant, puis se demander quel est le traumatisme ou le souci à l’origine de cette accumulation de stress ? A nous d’explorer toutes les pistes : par exemple la mésentente du couple parental, la violence d’un parent, un décès, une naissance, l’injustice entre enfants etc.

Attirer l’attention 

Quand un enfant est inquiet, anxieux, ou se sent seul, exclu, ou simplement s’il s’ennuie, ses circuits cérébraux sont en détresse. Son cerveau a besoin d’ocytocine (…).4

Ne pas confondre ennui (imposé par une situation de contrainte) et inactivité (bénéfique pour le développement).

Sans attention du parent, le stress augmente dans le cerveau ce qui provoque une montée d’énergie (impulsion à bouger, courir, voir taper). A nous parents de nous rendre disponibles pour satisfaire le besoin de l’enfant. Si nous devons terminer une tâche, prenons quelques secondes et expliquons : « On dirait que tu t’ennuies ? Je termine ce que j’ai à faire et nous faisons un jeu ensemble si tu veux ? En attendant veux-tu faire un dessin / puzzle ? » (et surtout on s’y tient !)

Il ne nous viendrait pas à l’esprit de dire à notre enfant « tu as faim ? alors tu n’auras pas à manger » ou en d’autres termes « tu as besoin de moi ? mais je n’ai pas le temps pour toi ».

Punitions et isolement Mettre un enfant à l’isolement pour qu’il réfléchisse n’a pas de sens, puisqu’il en est seulement capable à partir de 13/14 ans. En cas de mauvais comportement, on ne s’éloigne pas de notre enfant pour qu’il comprenne qu’il a mal agit, mais on s’en rapproche et on fait preuve de tendresse (même si le poids de l’idéologie de masse nous impose de punir) :

(…) l’amour n’est pas une récompense, c’est un carburant.5

Petits soucis Quelle est notre réaction face à la perte d’une gomme ? à une dispute avec son ami(e) ? Prenons notre enfant au sérieux, montrons notre intérêt, sans résoudre le problème sinon nous l’empêchons de le démêler par lui-même. Et surtout pour ne pas lui faire perdre confiance en lui, laissons notre enfant s’exprimer librement, se plaindre s’il a un(des) souci(s). Il a le droit d’exprimer sa peine et n’est pas obligé d’afficher constamment un sourire pour plaire à tout prix à papa et maman.

Mon enfant veut toujours gagner C’est important pour restaurer son pouvoir personnel, parce qu’il se sent impuissant. Naturellement l’adulte est plus fort que l’enfant. Ce-dernier a donc besoin d’engranger un sentiment de puissance et compétence, pour prendre suffisamment d’assurance et apprendre ensuite à perdre face aux copains. Pour cela, les parents montrent comment on fait pour perdre ! Je ne suis pas en compétition avec mon enfant de 7 ou 11 ans.

A suivre Partie 2 : A chaque âge ses spécificités (avec des exemples et situations concrètes du quotidien)

J’espère sincèrement que les pistes développées par Isabelle FILLIOZAT vous seront utiles au quotidien, et surtout que cela aura suffisamment éveillé votre curiosité pour acheter le livre. A découvrir également :

J’ai tout essayé ! Pour traverser sans dommage la période de 1 à 5 ans

*Source : « Il me cherche ! » Comprendre ce qui se passe dans le cerveau de votre enfant entre 6 et 11 ans, Isabelle FILLIOZAT, Éditions Poche Marabout janvier 2016 – 1 : pages 25-26 – 2 : page 76 – 3 : page 39 – 4 : page 44 – 5 : page 50

2 thoughts on “Comprendre nos enfants entre 6 et 11 ans (partie 1)

  1. Ouaouh ! J’en apprends des choses, du haut de mes 62 ans….. merci ma Nadine, je vais tout mettre en oeuvre pour appliquer ces nouvelles connaissances en compagnie de mes petits-enfants chéris ! Malheureusement il y a eu de grandes lacunes dans ce sens en vous élevant , mes filles chéries… on a fait de notre mieux, à notre niveau, je pense… je vous adore !

    1. Nous apprenons aussi maman et faisons également de belles découvertes. Ce qui est beau, je pense, est de se remettre en question afin d’accompagner au mieux nos enfants ou nos petits-enfants 🙂 merci pour ton soutien et tes encouragements !

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