IEF Faire un stage d’observation en milieu professionnel

Les élèves scolarisés en 3ème font un stage d’observation en milieu professionnel. Alors comment cela se passe-t-il pour les enfants en IEF?

Ils nous a paru très intéressant que notre fille (âgée de 15 ans) découvre le monde professionnel en faisant notamment des stages dans des entreprises de son choix. Il s’agit souvent d’une expérience très riche, qui permet de voir et de comprendre un peu mieux certaines professions. Un apprentissage souvent bien plus efficace qu’un livre…

Cathy avait déjà fait un stage en 3ème, et afin d’avoir l’opportunité de découvrir d’autres métiers qui l’intéressent, elle a souhaité renouveler l’expérience. L’avantage de l’IEF : elle n’a pas d’emploi du temps imposé par un établissement scolaire et peut donc faire autant de stages qu’elle le souhaite.

Quels sont les documents que nous avons fournis pour le stage en entreprise (mineur de moins de 16 ans) :

– une convention de stage : n’ayant pas eu de réponse de l’inspection académique, et ne trouvant aucune informations sur internet, je me suis basée sur la convention disponible sur le site service-public.fr en l’adaptant à notre situation en IEF. Voici notre convention (Modèle convention stage)

– une lettre de motivation : dans laquelle l’ado explique sa démarche et donne ses disponibilités

– un CV

– une attestation d’assurance

A ce jour, Cathy a réalisé 3 stages dans 3 secteurs totalement différents. Elle en est ravie et commence à se projeter sur l’une ou l’autre profession. 2 autres stages sont programmés et elle recherche encore 2 à 3 stages supplémentaires 🙂

IEF Notre premier contrôle pédagogique

École de la vie VS École de la conformité :

Bilan de notre 1er contrôle pédagogique en IEF

Les enfants qui sont instruits en famille font l’objet d’un contrôle annuel de l’inspecteur académique, pour vérifier la réalité de l’instruction dispensée, les acquisitions de l’enfant et sa progression. Pour avoir toutes les infos, c’est par ici.

Le lieu du contrôle

Pour notre 1er contrôle nous avons été convoqués dans une école primaire. Le contrôle peut avoir lieu « notamment au domicile des parents » selon la circulaire N°2017-056. Zoé nous a dit que cela l’aurait rassurée d’être dans son environnement familier. Je pense également que dans notre cas, cela aurait été bénéfique, afin de présenter notre lieu de vie et notre façon de procéder au quotidien (supports, jeux etc.)

Voici en quelques mots l’environnement et l’ambiance dans lesquels nous étions plongés : nous arrivons dans une école (que nous ne connaissions pas), évidemment fermée par des grilles immenses. Nous pénétrons dans l’enceinte de l’école. Zoé nous dit que cela lui rappelle une prison… Dans le hall d’entrée, plusieurs familles en IEF attendent déjà à notre arrivée.

Nous patientons afin de pouvoir rencontrer l’inspectrice. Pendant ce temps, la récréation sonne et des enfants impatients de pouvoir se défouler sortent des classes. Une institutrice interpelle en criant 3 élèves, car elles se sont rendues chez le directeur sans avoir demandé l’autorisation d’aller lui parler ! Elles seront punies et resteront assises sur un banc durant toute la récréation (punies pour un comportement qui ne correspondait pas aux attentes d’un adulte). Nous observons ce triste manège pendant plusieurs minutes avant que la sonnerie ne retentisse et ne rappelle tout ce petit monde à l’intérieur.

Premiers constats : en voyant l’énergie de Zoé, je m’aperçois à nouveau que la discipline et le rythme imposés par l’École ne répondent pas aux besoins de l’enfant. Par ailleurs, Zoé fait preuve d’une telle spontanéité face aux adultes et n’a pas peur de poser des questions, ni d’entamer le dialogue. Dans cette école, nous avons (encore) remarqué à quel point cette spontanéité n’a pas sa place, au nom du respect et de la supériorité de l’adulte. Où sont la bienveillance et l’empathie nécessaires au bon développement cérébral des enfants ?…

Zoé et Christophe décident de jouer dans la cour de récréation en attendant notre contrôle. Une cour entièrement bétonnée sans la moindre petite parcelle d’herbe, avec heureusement quelques arbres… enfermés dans le bitume. Ils cherchent en vain un petit caillou pour jouer à la marelle. Là encore ils ne trouvent rien. Une institutrice leur demande ce qu’ils cherchent : juste un caillou pour pouvoir jouer. Il faudra se contenter d’un tout petit caillou car, vous comprenez, pour des raisons de sécurité, il faut que la cour soit propre et « vide ». Christophe lui demande : comment les enfants peuvent-ils jouer et s’épanouir dans cet environnement aseptisé, sans pouvoir grimper aux arbres ou s’amuser dans l’herbe ? La réponse de l’institutrice est assez éloquente : « Mais monsieur, vous venez d’où ? de Nouméa ou quoi ?! » No comment.

L’entretien avec l’inspectrice

Ce sera SANS l’enfant, uniquement le ou les parents sont invités. C’est le conseiller pédagogique qui prendra en charge l’enfant pour le contrôle… Dommage que l’inspectrice ne discute pas directement avec l’enfant, ne serait-ce que quelques minutes.

Je me rends donc à l’entretien, pendant que Christophe reste avec Zoé.

L’entretien se déroule sans problème. L’inspectrice est avenante, et me pose les questions auxquelles j’avais déjà répondu dans son questionnaire envoyé avant le contrôle (à retrouver ici). Surprise : elle n’a pas pris connaissance du questionnaire complété. Dommage car son courrier stipulait bien que ce questionnaire servirait à préparer ce RDV… Je lui remets également le compte-rendu que j’ai préparé ainsi que la grille des compétences complétée. Elle n’en prend pas non plus connaissance, en m’expliquant qu’elle verrait directement avec son conseiller pédagogique le résultat des exercices proposés à Zoé. J’explique à nouveau notre pédagogie (apprentissages informels et autonomes, sans évaluation, sans notes). Elle m’écoute, me rassure en m’expliquant que les exercices demandés sont très « faciles » et adaptés aux enfants en IEF.

Pour autant, il est bien question d’un niveau à enseigner à l’enfant. Bien que la circulaire stipule qu’il ne faut pas comparer l’enfant contrôlé à un enfant du même âge scolarisé, nous découvrirons qu’il n’en est rien lors des exercices demandés à notre enfant.

L’entretien se termine, sans avoir pu montrer tous les supports et travaux que j’avais emportés pour ce RDV.

Les exercices à réaliser par l’enfant

Après 1 heure d’attente, c’est enfin au tour de Zoé. La conseillère pédagogique vient la chercher pour la conduire dans une autre pièce à laquelle les parents n’ont pas accès. Ce n’est vraiment pas de chance, car une maman nous explique que chaque année les parents sont invités et peuvent assister leur enfant. Cette année ce n’est pas le cas… Zoé est courageuse, elle a emporté son grand doudou (la plus grande de toutes ses peluches) pour lui tenir compagnie 😊

Nous patientons et après 1h30 d’exercices, la conseillère pédagogique revient avec Zoé. Elle nous montre les exercices et nous explique très brièvement son constat (SANS avoir pu aborder avec elle notre projet pédagogique et les travaux réalisés en IEF) :

  • Zoé a une imagination débordante MAIS elle n’écrit pas assez
  • Zoé a pu réaliser certains calculs demandés MAIS ce n’est pas suffisant (elle ne connait pas ses tables de multiplications)
  • Zoé a écrit des phrases MAIS elle ne maîtrise pas assez la grammaire, ni l’orthographe de certains mots (qui selon la conseillère doivent être maîtrisés en fin de CE1)
  • Il faut penser à parler des valeurs de la République à Zoé (elle n’a pas su répondre aux questions à priori) et surtout penser à la sociabilisation !

Nous n’avons pas eu droit de réponse car la conseillère était attendue par l’inspectrice (il était midi et toute l’équipe était déjà très en retard…). Je lui ai juste demandé si elle pensait que « c’était bon pour Zoé » (sous-entendu si nous pourrions être tranquilles après ce contrôle). A priori c’est oui, mais nous verrons le rapport qui nous sera envoyé.

Là encore la circulaire n’est pas tout à fait respectée puisqu’elle prévoit un entretien avec les parents et l’enfant, durant lequel l’enfant peut montrer ses travaux. Concernant les exercices demandés lors du contrôle, « il convient de veiller à ce que les exercices et leur durée soient adaptés à l’âge de l’enfant et son état de santé ». Tout est donc question d’interprétation de cette circulaire. Zoé a eu des exercices « standardisés » niveau CE2, et non des exercices individualisés correspondant à notre pédagogie.

Je suis toujours ouverte à toute critique constructive, chaque conseil étant le bienvenu car on peut toujours s’améliorer, mais dans ce cas de figure j’étais déçue de cet « échange », ou plutôt monologue de la conseillère pédagogique qui est totalement passée à côté de notre projet pédagogique (et qui n’en a pas pris connaissance tout simplement). Je suis néanmoins restée souriante lors de tous mes échanges avec les personnes en charge de ce contrôle, comprenant qu’elles sont formées (formatées?) par l’Éducation Nationale, et ne peuvent (veulent?) agir différemment, persuadées d’être dans le Vrai.

Notre conclusion

Comme un sentiment d’inachevé… Néanmoins nous retenons surtout que Zoé a une imagination débordante. Elle est créative et nous souhaitons à tout prix qu’elle conserve cette imagination et cette spontanéité au quotidien !

Les tables de multiplication ne sont pas toutes sues, mais elle les apprendra lorsque cela fera sens pour elle. Par ailleurs, la maman d’une enfant scolarisée en CE2 (dans l’école de notre commune) m’a confirmée que sa fille apprenait actuellement la table de 2… on est encore loin de la maîtrise de toutes les tables dans cette classe. A chacun son rythme 🙂

Il faut maîtriser l’orthographe de tous les mots invariables en fin de CE1. Anecdote comique : Zoé était scolarisée en CE1 et pourtant elle ne connait pas tous les mots invariables. Alors, échec de l’Institution, de la méthode ou de l’élève ?…

Les valeurs citoyennes sont maîtrisées et appliquées par Zoé au quotidien : nous allons régulièrement à la Croix Rouge pour y déposer nos dons et collectes, Zoé et sa sœur viennent en aide à des personnes âgées dans notre village en promenant leurs chiens, elles aident à la maison et dans l’entourage etc.

Enfin la fameuse et inquiétante « sociabilisation » des enfants en IEF : à notre sens, Zoé est l’exemple même d’une personne intégrée dans la société. Elle n’a pas peur des adultes, ni des grands. D’ailleurs elle a regagné en confiance en elle depuis que nous sommes en IEF ! C’est encore une victoire. Elle va aussi naturellement vers les petits. Elle se questionne sur le monde et sur ce qui l’entoure. Donc tout va bien : nous n’avons pas « oublié de sociabiliser notre enfant », cette phrase étant un non-sens absolu (l’humain est un être éminemment social) 😊

Je conclurai ce récit avec les mots de Bernard Collot : « La complexité de la vie ne s’enseigne pas, elle se vit » ! Tout est dit.

Jeux éducatifs en ligne

Dans cet article, je vous présente le site www.logicieleducatif.fr permettant d’aborder l’apprentissage de manière différente et ludique. Zoé utilise régulièrement cette plate-forme de jeux et activités, en choisissant les matières qui lui plaisent et le niveau recherché, ici CE2.

Rappel important ! Il est impératif de limiter l’exposition des enfants aux écrans surtout pour les tout-petits. (D’ailleurs ce site ne propose des activités qu’à partir de la moyenne section de maternelle donc 4/5 ans).

Présentation du site

Remarque : Il est dommage que le mot « élève » et que le vocabulaire scolaire soient employés systématiquement. Le site ayant été conçu par un enseignent, il s’agit d’être indulgent (surtout pour les parents en IEF) 🙂 Cela n’enlève en rien à la qualité des jeux proposés !

Le site logicieleducatif.fr a pour objectif d’aider les élèves dans leurs apprentissages scolaires, grâce à des jeux éducatifs. Les jeux sont jouables en ligne, ils sont tous gratuits et aucune installation ni inscription n’est nécessaire. Tous les jeux ont été conçus par un enseignant spécialisé et formateur TUIC (Technique Usuelle de l’Information et de la Communication). D’autres enseignants (et techniciens) apportent régulièrement leur contribution.

La particularité des jeux est qu’il y a un dosage étudié entre ludique et éducatif : ce ne sont pas de simples exercices sobres comparables à des sortes de « fiches à l’écran », ni à l’inverse des jeux qui tombent un peu trop dans le ludique et qui s’éloignent d’une vraie réflexion pédagogique !

Les activités concernent les classes de : moyenne section, grande section, CP, CE1, CE2, CM1, CM2 et le collège (en particulier la 6ème).

Chaque jeu est accompagné d’une consigne, d’une exploitation pédagogique, de fiches en rapport avec l’activité (pas encore sur tous les jeux), des propositions de jeux sur des notions voisines (même remarque).

Exemples d’activités pour le CE2

Avantages et inconvénients

Listés par le site (c’est appréciable que l(es) auteur(s) du site indique(nt) les aspects positifs mais aussi négatifs)

  • Les jeux sont en lignes et gratuits. C’est important pour les enfants qui veulent manipuler les jeux/logiciels de manière autonome.
  • L’aspect ludique permet à l’enfant de ne plus vivre ces moments comme des contraintes et lui fait porter un regard différent sur l’activité.

Limites de ce genre d’activité

  • La présence de l’adulte est préférable, au moins au début, pour que les enfants abordent les jeux en ligne avec l’attitude la plus efficiente
  • La lecture sur l’ordinateur est plus fatigante que sur papier et lire sur un écran n’aura jamais la même saveur que de lire un livre, un vrai.

Mon avis

  • Un large choix d‘activités par matières et niveaux. Ci-dessous quelques exemples en mathématiques :
  • Apprendre en s’amusant est important pour préserver le goût d’apprendre
  • Utilisation facile du site
  • Des fiches disponibles en guise de leçons pour avancer sur les jeux/activités

Les points négatifs

  • Temps d’utilisation à surveiller pour limiter le temps d’exposition aux écrans
  • Graphismes très (trop?) simples (mais cela reste suffisant à mon sens)
  • La présence d’un adulte est indispensable pour les nouvelles activités. Il est préférable de rester avec l’enfant pour l’aider à s’améliorer et à comprendre ses erreurs. Lorsque l’activité est comprise l’enfant peut rester en autonomie.
  • Tendance de l’enfant à rester sur la même activité : cela est important pour améliorer sa confiance, mais il est nécessaire de changer de jeux pour évoluer dans les connaissances et apprentissages.

Beaucoup de points positifs même s’il est évident qu’il faut limiter l’exposition des enfants aux écrans, surtout pour les tout-petits.

N’hésitez pas à tester et me faire part de vos remarques en commentaire ou sur les réseaux (Instagram et Facebook) 🙂

Compte-rendu IEF 2018/2019

Edit 04/03/2019 : compte-rendu mis à jour en vue de notre inspection prévue le 29/03/2019!

*Documents en téléchargement libre : Cycle 2 grille des objectifs complétée (en bas de page) + questionnaire envoyé par l’Éducation Nationale permettant notamment d’exprimer nos attentes vis-à-vis du contrôle.

Dans cet article, je vous partage le compte-rendu pédagogique (pour Zoé, 8 ans) qui sera remis lors de notre contrôle annuel par l’inspection académique. Nous fournirons également un petit classeur regroupant les photos et dépliants de quelques unes de nos sorties, visites et activités.

Quelles sont les données constituant ce compte-rendu? Une courte présentation de l’enfant, notre projet pédagogique (apprentissage informel), nos références, les supports et activités pédagogiques, le socle commun cycle 2 (compétences et exemples de mise en œuvre).

Pourquoi avoir réalisé ce support ? Ce n’est pas une obligation, mais je pense qu’il permet aux parents pratiquant l’IEF de se rendre compte des nombreux apprentissages de l’enfant et activités pratiquées, sans pour autant faire beaucoup de formel (peu d’écrits, ce qui est le cas pour Zoé). Ensuite, je souhaite être préparée au mieux (connaître le contexte légal, à retrouver juste ici) et je demanderai à joindre ce compte-rendu au rapport réalisé par l’inspecteur. Enfin, il s’agit de faire un pas vers l’Éducation Nationale pour que le contrôle se passe dans les meilleures conditions pour Zoé. Certes c’est un travail conséquent pour les parents, mais à mon sens, c’est le prix à payer pour avoir une année de liberté et tranquillité en IEF 🙂

Voici le document préparé et qui sera mis à jour avant notre contrôle (il s’agit bien-entendu d’un document personnel qui concerne l’évolution de Zoé et ses apprentissages non exhaustifs de notre année d’instruction) :

Compte-rendu

Instruction en Famille 2018/2019

Questionnaire envoyé par l’Inspectrice avant le contrôle. Pour vous donner un aperçu, nous l’avons complété et il est à retrouver ici : Questionnaire inspection Blog

Présentation de l’enfant

Zoé a été déscolarisée après son année de CE1 (7 ans), à la suite de problèmes de santé liés au stress et à une angoisse grandissante constatés à l’école. Elle n’a jamais aimé l’école, sans pour autant être en échec scolaire. Les institutrices ont fait de leur mieux, cependant la pression scolaire et la séparation quotidienne d’avec nous, ont créé chez Zoé un sentiment extrême d’angoisse et de stress.

Zoé est une enfant pleine de vie, curieuse, sportive et inventive. Elle exprime souvent sa joie de pouvoir faire l’instruction en famille.

Notre projet pédagogique

Nous avons choisi l’IEF pour profiter pleinement de nos enfants, les voir grandir, pouvoir leur accorder le temps et l’attention dont ils sont besoin pour se développer sereinement.

Nous pratiquons la pédagogie des apprentissages autonomes et informels. Il s’agit d’une démarche basée sur la motivation de l’enfant, sur l’interaction avec son entourage, l’enfant restant le moteur de ses apprentissages.

Les travaux récents et recherches en neurosciences (notamment ceux du Pr. Hüther, neurobiologiste) prouvent que le meilleur moyen d’apprendre est l’enthousiasme/la joie qui nous poussent à découvrir, expérimenter, tester et qui permettent ainsi d’acquérir des connaissances pérennes et bien assimilées, contrairement à un apprentissage contraint et à des règles apprises de manière artificielle (pour un contrôle à l’instant T par exemple).

Les apprentissages informels sont omniprésents dans notre quotidien, que l’on soit adulte ou enfant : nous apprenons souvent sans démarche consciente et explicite, uniquement par l’imprégnation, l’observation, l’imitation, l’échange, en faisant des essais et erreurs. Un enfant apprend naturellement à marcher et parler sans enseignement. Dans le monde du travail, un adulte apprend à 70% par l’expérience, 20% par l’échange, le contact et 10% par la formation formelle et/ou lecture.

Un enfant ira volontiers vers des supports de connaissances si on a eu la patience d’attendre qu’il soit prêt, il avance à son rythme : lorsque l’apprentissage fait sens, il sera efficace et assimilé de manière optimale.

Nous sommes donc confiants en la capacité de Zoé à apprendre, un enfant étant un apprenant de nature, doté d’une curiosité naturelle.

Nous n’avons pas d’attentes, et ne vérifions pas les connaissances acquises par Zoé (contrôle ou évaluation), nous souhaitons en effet qu’elle puisse à nouveau gagner en confiance en elle et en ses apprentissages. Zoé apprend en permanence, ces apprentissages sont transversaux et pluridisciplinaires. Il est donc difficile de tout découper en petits morceaux scolaires. Nous avons néanmoins établi un tableau récapitulatif sur la base du socle commun (ci-dessous).

Pour conclure, nous estimons que la formation initiale à donner à nos enfants, doit avoir pour but de préserver le goût d’apprendre et de continuer à apprendre avec enthousiasme tout au long de leur vie.

Références (à retrouver sur le blog)

Les apprentissages autonomes, John Holt

Une éducation sans école, Thierry Pardo

L’apprentissage informel expliqué à mon inspecteur, Claudia Renau

Être et devenir, Clara Bellar

Et je ne suis jamais allé à l’école, André Stern

L’école du 3ème type, Bernard Collot

La fin de l’éducation ? Commencements…, Jean-Pierre Lepri

Pour une enfance heureuse, Dr. Catherine Gueguen

Recherches et travaux : Neurobiologie et éducation, Pr. Gerald Hühter

Activités et supports pédagogiques

Supports

  • Je comprends tout CE2 (toutes matières)
  • J’apprends l’anglais avec Tommy et Julie (cahier + CD)
  • Cahier d’activités Soy Luna CE2-CM1
  • La roue des multiplications
  • Kit chimie
  • Kit d’expériences scientifiques
  • Jeux éducatifs sur PC https://www.logicieleducatif.fr (toutes matières)
  • Dessins animés « La Vie »
  • Livres
  • Documentaires
  • Jeux de société (La bonne paye, Rummikub, Uno, jeux de cartes, Bataille navale, Kapla, échecs, etc)

Nouveaux supports à tester

  • Cahier d’activités CE2-CM1 : Révise avec les princesses
  • Jeux malins 8-10 ans (Rébus, jeux de logique, mots masqués…)
  • Ma petite encyclopédie (avec activités) : La danse classique

Activités (en complément des supports ci-dessus)

  • Tennis en club
  • Jeux en extérieur
  • Skatepark
  • Forêt
  • Vélo
  • Promenade, marche et course à pieds
  • Patins
  • Danse
  • Piscine
  • Cuisine, pâtisserie
  • Aide aux travaux ménagers
  • Aide au salon de coiffure familial
  • Promenade de chiens de personnes âgées du village
  • Lecture
  • Visite hebdomadaire des médiathèques
  • Jeux de Barbie, déguisements et diverses mises en scène
  • Jeux de société
  • Projets autonomes : fabrication d’un parking à vélo, création d’une affiche pour garde et promenade de chiens…

Ateliers

  • Philo pour enfants (médiathèque)
  • Cooking in English
  • Création de bêtes fantastiques (médiathèque)
  • Création de cartes pop-up (médiathèque)
  • Bricolages et activités de Noël
  • Atelier « tablettes intergénérationnelles » (médiathèque)
  • Yoga pour enfants (médiathèque)
  • Lecture de contes (mensuelle médiathèque)
  • Jeux de société (médiathèque)
  • Calligraphie (médiathèque)
  • Magie (mensuelle médiathèque)
  • Atelier art plastique « Haut les masques avec Picasso » Inspiration art tribal (médiathèque)
  • Atelier art plastique « l’univers des oiseaux » (origami et travaux manuels) (médiathèque)

Sorties/visites

  • Musée de la préhistoire, Tautavel
  • Muséum d’histoires naturelles, Montauban
  • Cathédrale, Montauban
  • L’anse de Paulilles
  • « Le jardin en folie », St Jean Pla de Corts
  • Ferme musicale, Palau del Vidre
  • Navire Le Bellem, Port-Vendres
  • Manufacture du Grenat, Prades
  • Tour Eiffel et Opéra Garnier, Paris
  • Caserne de pompiers, Rivesaltes
  • Exposition robotique, IMERIR Perpignan
  • Musée de la musique, Céret
  • « Le lac des cygnes » Ballet ukrainien, Parc des expositions Perpignan

Spectacles médiathèques

  • Pourquoi c’est comme ça ? (Contes catalans), Jordi Mach
  • Chemins partagés, Cie Les colporteurs de rêves
  • Un grand jour de rien, Cie du Sarment
  • Je viens d’où tu vas, Samir Mouhoubi et Davy Kilembé
  • « Frontière(s) », Cie Pa d’Ocell (80 ans de la Retirada, histoires et contes catalans)

Vie quotidienne

Cycle 2 grille des objectif (cliquer ci-dessous)

Pour ce tableau je me suis inspirée d’un exemple de rapport qu’une maman en unschooling a eu la gentillesse de me fournir, ainsi que du kit inspection à retrouver sur le blog d’Isa LISE : http://lenviedapprendre.kneo.me/shop/category/5403

N’hésitez pas à me faire part de vos questions ou remarques en commentaire ou sur les réseaux sociaux (Instagram et Facebook) 🙂

Destination Unschooling

Il existe de nombreuses manières d’aborder le sujet des apprentissages lorsqu’on pratique l’instruction en famille : on peut choisir l’apprentissage formel (cahiers, manuels scolaires, cours par correspondance) et/ou opter pour l’apprentissage naturel de l’enfant sans enseignement : bienvenue dans le monde du unschooling ! Précédemment, nous avions déjà vu les apprentissages autonomes (par ici) et apprentissages informels (par ).

Le film ainsi que le livre Être et devenir1 de Clara BELLAR nous permettent de plonger dans ce monde extraordinaire du unschooling ! Pour beaucoup de parents (comme pour nous) c’est une découverte totale, puisque nous avions appris qu’il n’y a qu’à l’école qu’on apprend. Alors comment un enfant pourrait-il apprendre sans école et sans enseignement ?!

Pour trouver une réponse, posons-nous d’abord la question : Pourquoi une société scolarisée a tant de mal à imaginer des apprentissages naturels et autonomes ? Comment se fait-il qu’un enfant sans école apprenne à marcher et à parler mais tout d’un coup serait incapable d’apprendre à compter ou écrire ? Pourquoi ne croit-on pas une personne apte à choisir son activité parmi ses centres d’intérêts ?

On le sait, les enfants sont des « machines à apprendre ». Dès lors pourquoi faudrait-il imposer des matières et des temps d’apprentissages, alors que notre cerveau est programmé naturellement pour apprendre ?

Se « déscolariser »

Nous avons été « formatés », il faut donc d’abord déscolariser les parents, changer de paradigme, de regard. Je pense que c’est cela le plus difficile et finalement le cœur du « problème » ! Les maîtres-mots en unschooling sont « trust and wait » = confiance et patience (Naomi Aldort2). C’est la base. Nous, parents, éducateurs, avons tendance à avoir des attentes, espérons l’émergence d’une ou plusieurs passions chez notre enfant, ou pire le comparons aux autres, aux « normes attendues ». Or c’est nocif pour lui, et détruit sa confiance. Le parent doit donc faire un travail sur lui avant tout, se remettre en question. D’ailleurs faire le choix du unschooling découle d’une réflexion globale : il ne s’agit pas seulement de l’éducation de notre enfant, mais de notre manière d’être dans le monde, de vivre !

Alors oui, c’est difficile de faire face au regard des autres, aux remarques : « mais vous ne suivez pas un programme ? votre enfant devrait savoir faire ceci ou cela ! » Il faut alors se dire 2 choses : on n’a jamais fait grandir quelqu’un en le mesurant. Arrêtons la comparaison et les attentes vis-à-vis de notre enfant. Puis, posons-nous la question : si nous étions sur une île déserte, à quel point serions-nous gênés que notre enfant soit comme ceci, ou comme cela ? Une fois que l’on s’est posé cette question, on a fait la paix avec la thématique de la comparaison (Thierry Pardo3, à retrouver juste ici).

Confiance en soi

Ainsi pour pouvoir faire confiance à son enfant, il faut donc avoir confiance en soi ! C’est logique me direz-vous. Mais comment fait-on si, comme moi, on est une maman qui n’a pas vraiment confiance en elle ? Il faut déjà avoir confiance dans ce qu’on fait ! Aujourd’hui je peux affirmer que notre choix de vie nous correspond, parents comme enfants (oui il y a des doutes et des questions parfois, mais la joie est présente, cela se ressent en soi et chez les enfants). Ensuite il nous faut avoir confiance en la capacité d’apprendre de l’enfant. Elle se cultive en parlant en famille, avec d’autres parents d’enfants non-sco et en étant attentif à ce qu’exprime son enfant, en restant connecté à lui ! Cela demande un travail sur soi mais la justesse de l’action donne beaucoup d’énergie (Claudia Renau4). Partage et connexion à l’autre permettent de changer, de se construire. C’est donc l’interaction avec nos enfants qui nous permet de gagner en confiance, mais surtout qui les aide à se construire !

Nous sommes donc dans un cheminement de pensées global : il ne s’agit plus d’une question d’aller ou non à l’école, mais de se réapproprier sa vie et sa confiance en soi, pour les enfants comme les parents.

Apprendre sans contraintes

En unschooling, l’enfant apprend comme il le souhaite, sans contraintes. Beaucoup diront que cela n’est pas la « vraie vie », que l’école apprend à se soumettre aux règles. Effectivement, l’école a été créée pour enseigner la discipline et l’obéissance à une hiérarchie.

Un peu d’Histoire pour comprendre : en 1870, la Prusse inflige une défaite à la France. Il faut donc former des militaires plus obéissants et disciplinés, c’est pourquoi on crée l’école de Jules Ferry. Il faut instaurer un sentiment d’appartenance patriotique (nécessaire aussi pour la colonialisation des « races dites inférieures » par J. Ferry5), puis un esprit de compétition et de comparaison, ainsi que d’exécution des ordres nécessaire pour le secteur militaire, et industriel (travail en usine).

Or en unschooling et sans école, on apprend également à se conformer aux règles de vie, de courtoisie, en famille et dans la société, lorsque ces règles font sens. L’enfant n’est donc pas face à des règles arbitraires hors contexte. Il se sociabilise et vit avec des enfants et adultes de tous âges. En effet, il n’est pas forcément pertinent de retirer l’enfant du monde (en le mettant à l’école) pour le préparer au monde !

Par ailleurs, pour faire face au marché du travail, le bagage le plus solide est la confiance en soi, et savoir apprendre par soi-même. Le monde d’aujourd’hui n’est pas nécessairement celui de demain. Nous le constatons, il change sans cesse. Il faut savoir faire preuve d’adaptation ! L’école est comparable à une course aux notes et aux diplômes. Elle a créé cet imaginaire collectif selon lequel il suffit d’avoir un diplôme pour travailler et réussir. Or ce n’est pas une assurance tout risque contre le chômage. Cela peut même nous pousser dans un métier qui ne nous convient pas. Nous l’avons vécu ou connaissons des personnes dans ce cas.

Pour autant, certains me diront qu’ils ont été « éduqués à la dure » et qu’ils ont appris ! Effectivement, nous apprenons même dans ces conditions car on ne peut faire autrement. Mais à quel prix ?! Les conséquences sur le développement cérébral sont graves : les zones du cortex préfrontal (dirigeant la pensée supérieure, l’exécution, l’action, l’apprentissage et la mémoire) ne se développent pas correctement. Alors que dans un environnement bienveillant (un simple regard attentionné suffit) ces zones créent beaucoup plus de connexions. Oui, on apprend dans un environnement stressant mais avec tellement plus de difficultés, avec l’intégration de mécanismes de manque d’auto-estime et d’auto-sabotage ! (Céline Alvarez6)

D’autres assurent qu’ils ont aimé l’école. C’est possible. Pour ma part, bonne élève, ma scolarité a été plutôt agréable. Pour autant, elle n’a pas été épanouissante. En me penchant sur l’IEF et le unschooling, je me suis aperçue que j’ai été une « bonne victime consentante » du système. Il n’y avait pas le choix. Il fallait faire ses devoirs, avoir de bonnes notes pour les appréciations des professeurs, voire des parents. J’attendais qu’on soit fier de moi, j’ai ainsi renoncé à une partie de moi-même pour devenir ce qu’on attendait de moi. Certains se reconnaitront peut-être… A présent, il faut refaire le chemin vers soi-même.

Résultats du unschooling

Les enfants unschoolers ont confiance en eux et une connaissance d’eux-mêmes. La joie est préservée tout comme cet élan naturel des apprentissages. Ce sont de « vrais » enfants ! Certains iront jusqu’au bac ou feront des études supérieures. D’ailleurs Joyce Reed, co-rectrice de Brown University, témoigne que les enfants non-sco ayant créé leur propre programme sont plus passionnés, plus actifs et plus ouverts. Ils vont vers le professeur, pour lui parler, l’interroger alors que les élèves sortis du lycée pensent que cela ne se fait pas.

Mais alors peut-on passer au unschooling à tout âge ? Oui il est possible de proposer des apprentissages informels quel que soit l’âge, mais il y a une période de transition lorsqu’on déscolarise nos enfants. En effet, il est difficile de se prendre soudain en main quand on a organisé toutes vos journées pendant des années, quand on vous a dit ce qu’il fallait faire, étudier et à quelle heure. Donc c’est anxiogène pour les parents de voir notre enfant perdu. Nous en faisons le constat avec nos filles. Mais nous leur laissons du temps pour se réapproprier leurs envies, leur(s) centre(s) d’intérêt(s). D’après les témoignages, le naturel revient avec un peu de temps. Patience donc… trust & wait.

D’accord mais comment approfondir un apprentissage ? Si mon enfant veut aller plus loin dans une matière, en tant que parent je n’ai peut-être pas les compétences ? L’un de nos amis nous disait que grâce à l’école il avait pu approfondir ses connaissances en mathématiques, et que sans école il n’y serait pas parvenu. Il faut simplement se dire que le parent a un rôle d’accompagnant. Il doit rendre le monde accessible à son enfant. Si celui-ci souhaite apprendre les mathématiques, ou devenir astronaute alors on recherche ensemble les ressources nécessaires (personnes, lieux, livres etc). Ce ne sont pas les adultes qui enrichissent les jeunes. Un astronaute n’a pas forcément des parents astronautes. L’apprentissage est un acte intime : chaque personne est moteur de son apprentissage !

Une autre vision de l’avenir

Pour conclure, depuis que nous avons découvert l’univers de l’IEF, et celui des apprentissages naturels, notre vision du succès a changé (comme pour beaucoup de parents qui témoignent dans le film). Elle n’est plus liée aux qualifications, au fait d’obtenir un diplôme à tout prix, de gagner de l’argent et de l’accumuler. Nous allons vers des idées et questions qui ont plus à voir avec l’équilibre et le bien-être de chacun (enfant comme parent).

Certains pensent peut-être que c’est totalement utopique de vivre en 2018 et de penser comme cela… Je répondrai simplement que c’est un état d’esprit qui se travaille et se cultive afin de ne pas vivre dans un monde de rapports de forces, de domination. Parents et enfants peuvent devenir des partenaires et non des adversaires. Vivre en harmonie, prendre soin de soi sont aussi des bases nécessaires pour nos enfants, pour leur permettre de choisir plus tard un monde professionnel non humiliant.

Enfin, pour ceux qui ont l’impression qu’on se « sacrifie » pour nos enfants en choisissant l’IEF, je peux assurer que ce n’est pas du tout un sacrifice pour moi. Certes il faut faire des choix notamment financiers, mais c’est une chance immense de pouvoir accompagner nos filles. A qui donnerait-on le meilleur de nous-mêmes si ce n’est à nos enfants ? Alors à nous d’inventer la vie qui va avec nos choix.

1Être et Devenir : Faire confiance à l’apprentissage naturel des enfants, Clara BELLAR, Éditions l’Instant Présent / 2Naomi ALDORT Auteure spécialisée en éducation des enfants, conférencière et thérapeute / 3Thierry PARDO doctorat en éducation / 4Claudia RENAU Enseignante pour l’Éducation Nationale et formatrice d’enseignants à l’IUFM ; actuellement éditrice aux éditions l’Instant Présent / 5Jules FERRY discours de 1885 http://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/histoire/grands-moments-d-eloquence/jules-ferry-28-juillet-1885 / 6Céline ALVAREZ Auteure et conférencière, linguiste de formation, ancienne professeure écoles

Les Intelligences Multiples

Cette théorie a été développée par Howard GARDNER (psychologue américain) en 1983. D’après ce-dernier nous n’avons pas une intelligence globale, mais nous développons 8 types d’intelligences. Pour lui la seule raison d’être de l’école devrait être le développement de toutes ces formes d’intelligences.

Quelles sont les Intelligences Multiples ?

Lintelligence musicale se caractérise par la sensibilité à la musique et aux rythmes. Bien que l’on puisse s’en passer pour communiquer, elle reste centrale dans l’expérience humaine. La musique transmet des émotions, et capte des sentiments.

L’intelligence kinesthésique est l’aptitude à utiliser son corps pour reproduire ou effectuer des gestes (danse, sport, travaux manuels etc).

L‘intelligence logico-mathématique est une capacité non verbale de résoudre des problèmes logiques. L’une de ses caractéristiques est de ne pouvoir accepter aucun fait sans l’avoir démontré. Ce raisonnement est utilisé comme base pour les tests de QI. C’est cette forme d’intelligence que Jean PIAGET1 a décrite comme étant « l’intelligence ».

L’intelligence verbale / linguistique permet entre autres de convaincre, animer, transmettre une information, fournir des explications. Elle se traduit également par des facilités de compréhension des règles grammaticales. Cette forme d’intelligence serait la plus largement partagée par l’espèce humaine et la plus étudiée.

L’intelligence visuelle / spatiale se traduit par la capacité visuelle et mentale de percevoir le monde de façon précise (3 dimensions) et de créer des images mentales.

L’intelligence interpersonnelle est une capacité d’ordre social à entrer en contact avec les autres, ainsi que de coopérer et les comprendre, de distinguer leurs caractères, humeurs et intentions.

L’intelligence intrapersonnelle c’est se comprendre soi-même et avoir une idée précise de sa propre vie émotive.

L’intelligence émotionnelle (IE) est un concept proposé en 1990 par les psychologues Peter Salovey et John Mayer, qui réfère à la capacité de reconnaître, comprendre et maîtriser ses propres émotions et à composer avec les émotions des autres personnes. Elle est proche du concept d’intelligence sociale.2

Howard GARDNER a ajouté une 8ème intelligence depuis le début de ses travaux : l’intelligence naturaliste. Elle se traduit par la capacité d’établir des classifications dans la nature (sous ses formes minérales,végétales et animales).

Retrouvez plus d’informations sur le site www.mieux-apprendre.com !

Sources : Intelligences multiples www.mieux-apprendre.com, Revue de pédagogie N°122 (1998) sur www.persee.fr
1Jean PIAGET ( biologiste, psychologue, logicien et épistémologue suisse connu pour ses travaux en psychologie du développement et en épistémologie à travers ce qu’il a appelé l’épistémologie génétique) WIKIPEDIA
2 intelligence émotionnelle WIKIPEDIA

Éduquer sans enseigner, la clé du succès ?

Telle est la thématique de la conférence-débat de Thierry Pardo à laquelle nous avons participé le 29 septembre à Montauban. Pour rappel, Thierry Pardo (père de 2 enfants) est titulaire d’un doctorat en éducation et spécialiste des alternatives éducatives. Auteur de plusieurs livres dont Une éducation sans école (à retrouver dans nos sources d’inspiration), nous avons eu droit à une jolie dédicace qui nous accompagne désormais dans notre belle aventure ! C’est une personne très accessible, qui a été au contact de tous les participants souhaitant lui parler. Vraiment une très belle rencontre avec de beaux échanges !

Vous retrouverez également l’une de ses remarquables interventions dans notre article sur l’IEF juste ici.

Voici quelques points abordés lors de la conférence  :

Aujourd’hui, nous sommes convaincus que l’apprentissage est le résultat de l’enseignement. L’école nous apprend qu’il n’y a qu’à l’école qu’on apprend. Or l’apprentissage est le résultat de la vie. On ne peut être vivant et conscient sans être continuellement en train d’apprendre.

Thierry Pardo fait un comparatif entre l’éducation et l’agriculture en 3 étapes :

1. D’abord nous avions, entre autres, des coins à blé ou à champignons qui poussaient librement dans la nature. En éducation cela est comparable à l’accueil du jeune enfant dans un couple, c’est l’Histoire de l’humanité.

2. Ensuite l’Homme a décidé de regrouper les cultures et d’en faire des champs de blé pour faciliter la cueillette. En éducation cela ressemble bien au système scolaire qui regroupe les enfants « par date de fabrication ».

3. Enfin, l’Homme a ajouté des intrants chimiques passant ainsi à une agriculture pétrochimique (= agriculture « normale »). De nos jours, nous avons fréquemment recours à l’utilisation de médicaments pour les enseignants et les enfants.

Cela génère 3 grands dangers :

1. La confiscation du vocabulaire. Les agriculteurs ont réussi à se réapproprier le vocabulaire en parlant de permaculture ou d’agriculture bio pour des pratiques plus naturelles. Or nous n’avons pas de vocabulaire dédié à l’éducation « naturelle » hors école. Pour un chasseur, on ne parle d’un « non-pêcheur ». Mais pour les personnes pratiquant l’IEF, on parle de « non- scolarisé » ou de « déscolarisation ».

2. La croyance que c’est l’agriculteur qui fait pousser le blé. Il en va de même pour l’éducation : on croit que c’est l’enseignant qui fait apprendre et grandir l’enfant.

3. La création d’une science : l’agronomie qui aide l’agriculteur, et non le blé (on n’a jamais vu un grain de blé assister à un cours d’agronomie). Nous avons aujourd’hui des sciences éducatives qui sont au service des enseignants et non des enfants.

Vivre c’est créer de l’apprentissage ! Nous sommes convaincus de l’intelligence animale et végétale : les arbres s’avertissent par les réseaux racinaires de la présence de parasites. On a également un exemple tout à fait remarquable (et presque incompréhensible) d’un être mono-cellulaire qui apprend et transmet sans cerveau : le blob Physarum. Il en est de même pour nous : nous sommes des apprenants de nature. Notre cerveau est conçu pour apprendre, sans contraintes d’apprentissage mais avec des interactions avec notre entourage !

Plus le maitre enseigne, moins l’élève apprend. Confucius (-500 av J-C)

Alors quel est notre rôle en tant que parents ? Réponse : créer un environnement éducatif favorable. Nous le savons : la graine pousse seule, à condition d’avoir les ressources nécessaires à disposition. Thierry Pardo nous donne les clés de cet environnement :

  • Temps et espace libres. L’enfermement a des répercussions catastrophiques sur le développement des enfants. Une étude* a été menée sur des enfants de 8 à 12 ans et des athlètes de haut niveau. Résultat : les enfants ont des capacités de récupération équivalentes voire meilleures que les athlètes.
  • Interactions fertiles. Cela génère nécessairement plus de bienveillance : un bébé vient au monde sans préjugés.
  • L’enfant est un « apprenaute» grâce au processus d’observation et d’imitation.
  • Rapport interstructuré à la connaissance :

L’enfant a besoin d’entretenir un rapport interstructuré à la connaissance : Cela signifie que l’enfant ne peut réaliser d’apprentissage durable et authentique si le contenu des connaissances lui est déversé de façon hétérogène. L’enfant a besoin de s’approprier le savoir en le structurant lui-même par manipulation, en le réutilisant de façon efficace dans un environnement chargé de sens. Alors le savoir s’inscrit durablement et sera mobilisable en cas de besoin.*

A la fin de son intervention, Thierry Pardo nous a confié une anecdote au sujet d’un jeune garçon unschooler, participant à l’une des nombreuses activités organisées avec des enfants non-scolarisés. Une passante leur a demandé en voyant ce groupe d’enfants : « Vous n’allez pas à l’école ?! ». Réponse de ce jeune : « Mais on n’a pas le temps ! ». Laisser nos enfants explorer la vie est finalement le plus beau des cadeaux. Il y a tant à faire et à découvrir !

Questions posées par les participants à la fin de la conférence :

Qu’est ce qu’un environnement qui fait sens ? C’est un environnement logique, bien souvent en opposition à un programme scolaire imposé. Thierry Pardo nous a raconté une anecdote très parlante : un enfant participant à une sortie regarde différents animaux, et lorsqu’il voit des cochons, dit à l’intervenant : « le mercredi, mamie fait des frites ! ». Cela n’avait aucun sens dans ce contexte. On ne sait pas vraiment quel a été le cheminement mental de l’enfant pour en arriver là. Cela a autant de sens lorsqu’un enseignant dit à ses élèves : « aujourd’hui nous étudions la 2nde guerre mondiale ! ».

Comment agir avec un enfant dyslexique ? Si notre enfant a des faiblesses (au vu des normes de la société) travaillons avec ses forces et arrêtons de le comparer ! Sinon on détruit sa confiance en lui. Nous devons être du côté de notre enfant qui va toujours tout faire pour plaire à son référent primaire, quitte à souffrir. Soyons vigilants et évitons d’avoir des attentes vis-à-vis de nos enfants.

Comment faire pour qu’un enfant apprenne si on le laisse choisir ses occupations ? Jouer c’est apprendre. Un bébé est programmé pour apprendre la langue, le lien social etc. Nous avons donc tous un élan naturel qui nous pousse à l’apprentissage au quotidien. Avec enthousiasme et sans contraintes, on n’oublie pas, contrairement aux apprentissages contraints qu’on ne retient pas.

Je n’ai pas les moyens financiers de faire l’IEF. Thierry Pardo a fait le calcul : par exemple pour le Québec, un salarié qui gagne 1500$ ne va « perdre » que 300$ au réel s’il arrête de travailler. Car travailler coûte cher entre les frais de garderie, école, voiture, assurances etc. Au final c’est un choix de vie global, qui demande certes de réduire les coûts, mais qui représente un gain énorme en qualité de vie. Fini les « dépêche-toi ! » qui est l’ordre le plus entendu par les enfants. Quand on est convaincu, on met tout en œuvre pour y arriver. Il faut s’inventer une vie qui va avec notre choix !

* Sources : étude enfants-athlètes http://theconversation.com/vos-enfants-courent-toute-la-journee-cest-parce-quils-ont-des-muscles-dathletes-endurants-95476 – Rapport interstructuré à la connaissance : THIERRY PARDO Mémoire remis au Ministre de l’éducation Montréal le 30-06-2017

Neurobiologie et éducation

Je vous propose de découvrir l’intervention remarquable du Pr. Gerald HÜTHER (neurobiologiste*) au cours de laquelle il pose la question suivante : Pourquoi est-il si difficile de se débarrasser des schémas incrustés dans nos fonctionnements ? (ou en d’autres termes : pourquoi sommes-nous tels que nous sommes ?). Excellente vidéo* à retrouver en fin d’article et dans nos Sources d’inspiration.

Notre impact sur les tout-petits

Nous ne naissons pas avec notre état d’esprit actuel. Alors comment s’installe-t-il en nous ? Une étude extraordinaire nous démontre que beaucoup de schémas actuels de pensées sont transmis à nos proches, et surtout à nos enfants, alors que nous n’avons même pas conscience de cette transmission.

Quelle est cette étude ?

Des enfants de 6 mois sont placés devant un écran qui montre plusieurs scènes d’un dessin animé.

1ère séquence : on y voit une colline au pied de laquelle arrive un bonhomme jaune. Il essaie de gravir cette colline avec beaucoup de difficultés, et arrive enfin au sommet.

2ème séquence : toujours cette même colline et ce petit bonhomme jaune qui essaie de la gravir. Apparaît un petit bonhomme vert qui se place derrière lui pour lui venir en aide. Les deux arrivent ensemble au sommet.

3ème séquence : à nouveau la colline et le petit bonhomme jaune qui arrive péniblement au sommet. Mais cette fois un petit bonhomme bleu repousse le bonhomme jaune qui tombe de la colline.

Juste après ces 3 séquences, un bonhomme vert et un bonhomme bleu (identiques aux séquences montrées) sont proposés aux enfants, afin d’observer lequel des deux, le bébé va choisir. Il est évident qu’à cet âge-là, les bébés ne choisissent pas ce qu’ils n’aiment pas. Tous les bébés ont donc pris le bonhomme vert, celui qui aide !

⇒ Bonne nouvelle ! Aucun d’entre nous ne vient au monde en consumériste ou égocentrique brutal et sans égards. En revanche, mauvaise nouvelle : cet état d’esprit s’installe en nous bien plus tôt que nous ne le pensions jusqu’à présent !

En effet, cette même expérience est menée 6 mois plus tard avec les mêmes enfants qui sont donc âgés d’un an. Ils observent à nouveau les 3 séquences et on place devant eux le bonhomme vert ainsi que le bleu. Soudainement, 10% à 20% des bébés choisissent le bonhomme bleu, celui qui repousse.

Alors se pose la question suivante : ces enfants ne sachant pas encore parler, qui a bien pu leur apprendre cela ? Réponse : ils n’ont fait qu’observer. Dans le système familial dans lequel ils grandissent se trouve quelqu’un qui arrive brillament à ses fins aux dépens des autres. Ainsi il est biologiquement tout à fait sensé pour un si petit enfant de prendre exemple sur cette personne, puisque les enfants prennent pour modèles ceux qui réussissent. Donc ils deviennent comme nous ! C’est ainsi que la pensée systémique prend tout son sens, et que nous comprenons ce qui nous refrène dans nos découvertes et nos pensées, ou ce qui nous bloque dans nos schémas actuels.

Tous identiques à la naissance : notre cerveau nous permet de TOUT faire

Les enfants naissent avec un cerveau qui a d’innombrables connexions et une ouverture d’esprit incroyable. En effet, il n’y aucun programme génétique qui puisse savoir à l’avance comment un cerveau humain sera utilisé. Ces programmes génétiques (les mêmes pour tous les humains) ne peuvent pas déterminer à l’avance si tel enfant va venir au monde au Moyen-âge, ou de nos jours, Esquimau au cercle polaire ou Indien d’Amazonie. C’est pourquoi ils nous équipent – c’est une découverte évolutionniste majeure – d’un cerveau avec lequel on peut TOUT faire.

Ces programmes génétiques ont même fait une surestimation de ce qu’il faut à un bon cerveau humain, ainsi nous sommes envoyés avec beaucoup de surplus dans le monde (pour info : vous qui êtes en train de me lire, tout comme moi, avons déjà perdu un tiers de cellules nerveuses depuis notre naissance). Il en est de même pour les connexions neuronales bien trop nombreuses : au début elles sont simplement mises à disposition, cela commence à l’arrière dans le tronc cérébral, puis séquentiellement elles arrivent dans les diverses régions, jusqu’au cortex frontal où cela ne s’arrête plus.

Là elles sont toujours disponibles, et l’on serait capable durant toute notre vie, de penser et ressentir différemment, à la seule condition d’avoir une raison assez forte qui nous pousse à changer. Alors comment être stimulé ?

Les 2 expériences primitives fondamentales

Avant la naissance, tous les enfants font 2 expériences majeures – que nous avons tous faites : la croissance et le lien.

L’expérience fondamentale de la croissance s’ancre dans le cerveau, là où se trouve aussi le « système de curiosité » qui utilise certains transmetteurs, telle la dopamine. Ce système se forme en fonction des expériences intra-utérines. Ainsi lorsqu’un enfant vient au monde, il y arrive avec l’espoir qu’il y aura, dehors, quelque chose à découvrir et quelque chose à faire. Il veut grandir, montrer qu’il est capable de réaliser des choses, il veut devenir autonome et libre.

La seconde expérience prénatale, celle du lien, s’ancre aussi profondément dans le cerveau, au niveau du « système de l’attachement », qui travaille avec d’autres transmetteurs comme l’ocytocine, la prolactine. Ce système se forme, lui aussi, en fonction des expériences prénatales. Chaque enfant vient alors au monde avec l’espoir que, dehors, il sera, d’une manière ou d’une autre, bienvenu, qu’il trouvera quelqu’un qui le prendra dans ses bras, qui lui offrira proximité et sécurité.

Alors ces enfants vont dans ce vaste monde et font des expériences. Les plus importantes sont toujours celles qui ont lieu quand il est possible de combiner ces 2 expériences primitives. Cela fonctionnait pendant 9 mois : nous avions bien pu vivre en même temps le lien et la croissance. Mais une fois né, on se rend compte qu’on ne convient pas tout à fait à maman, ou papa ou à quelqu’un d’autre… On n’est pas accepté tel que l’on est, les adultes commencent à vous « éduquer de partout », parce qu’ils voudraient qu’on soit comme eux, ou comme ce qu’ils auraient aimé être ou devenir.

A l’inverse nous pouvons aussi être, en quelque sorte, étouffés par ce qu’on pourrait appeler l’amour-grappin qui nous empêche de vivre notre besoin de croissance : on se noie en quelque sorte dans le « pot de miel de l’attachement ».

Situations aussi catastrophiques l’une que l’autre, pour lesquelles ce sont les mêmes réseaux neuronaux qui sont activés dans le cerveau, que lorsqu’on nous inflige des souffrances corporelles. Autrement dit notre cerveau réagit de la même manière lorsque nous nous sentons rejetés, que lorsqu’il repère un dérangement dans notre corps. Dans les 2 cas, nous souffrons et il nous faut trouver une solution.

L’enthousiasme nécessaire au changement

Pour nous permettre de supporter cela (car il est insoutenable de souffrir tout le temps), dès le plus jeune âge et plus tard en tant qu’adulte, à chaque fois que nous ne pouvons recevoir ce dont nous avons besoin, nous nous contentons de ce que nous pouvons avoir. Dès lors se contenter de tout genre de substituts active le centre de gratification.

A chaque fois qu’on s’enthousiasme pour quelque chose, et ce sur quoi on s’enthousiasme importe peu au cerveau, des transmetteurs neuro-plastiques se déversent, agissant comme de l’engrais pour le cerveau. Ceux-ci ne sont pas déversés lorsqu’on nous fait apprendre l’annuaire par cœur, ou bien lorsqu’on subit les discours de « gens avisés ». Ils ne se déversent que lorsque les centres émotionnels sont activés dans le cerveau, c’est-à-dire uniquement lorsque nous vivons quelque chose de particulièrement important pour nous. Important comme la souffrance éprouvée, il nous faut donc un substitut qui ramènera le calme dans notre cerveau.

Ces neurotransmetteurs savent faire une chose géniale : ils amènent les cellules nerveuses du dessous, par le biais d’un processus, à produire des protéines, qu’elles ont cessé de produire depuis longtemps. Ces protéines sont nécessaires pour construire de nouveaux filaments, établir de nouveaux contacts, pour rendre les réseaux neuronaux plus denses.

En résumé à chaque fois que l’on s’enthousiasme pour quelque chose, un arrosoir déverse dans le cerveau cet engrais qui le fertilise – mais uniquement sur les zones qu’on utilise dans un état d’enthousiasme ! Nos jeunes ont depuis 10 ans une région du cerveau qui reçoit tant d’engrais qu’elle a déjà doublé de taille : celle qui est chargée de la régulation des mouvements du pouce !

Cet enthousiasme nécessaire pour qu’il y ait des changements dans le cerveau, il n’est pas possible de l’avoir sur ordonnance, ni de l’engendrer par de savantes conférences. Non, il faut que les gens soient émus, touchés dans leur cœur. Souvenons-nous du petit enfant de 3 ans que nous avons été, lorsqu’on s’enthousiasmait pour quelque chose 50 à 100 fois par jour. Ne serait-ce qu’un bout de fil dépassant d’un tapis peut enthousiasmer un enfant de 3 ans pendant ½ heure. L’arrosoir dans son cerveau est continuellement ouvert, l’engrais est répandu sans arrêt et surtout partout – car l’enfant s’enthousiasme pour tout ! et là… nous envoyons ces enfants à l’école…

Lorsqu’on demande à des adultes à quelle fréquence il leur arrive encore de s’enthousiasmer – ce qui serait nécessaire pour penser autrement, pour qu’un nouveau schéma de connexions puisse se constituer dans le cerveau – c’est 1 à 2 fois par an (Noël et Pâques) voire plus du tout.

Apprendre à tout âge

Ce qui est intéressant c’est que ce serait possible ! Un homme âgé de 85 ans pourrait apprendre le chinois, non pas à l’université, mais uniquement en s’enthousiasmant. Par exemple en tombant tellement amoureux d’une jeune Chinoise de 65 ans, que lorsqu’elle veuille retourner en Chine, il y aille aussi. Et nous savons tous que cet homme âgé de 85 ans, qui dans son enthousiasme, va en Chine avec cette femme, aura appris le chinois en 6 mois. A 85 ans ! Nous n’avons donc aucun problème technique dans le cerveau si nous ne pouvons apprendre le chinois à 85 ans. Nous avons uniquement un problème d’enthousiasme. Ce qui est grave c’est que nous le savons tous !

Conditionné pour le consumérisme

Nous devrions pouvoir nous enthousiasmer pour quelque chose de différent de ce que nous connaissions jusqu’à présent. Or jusqu’ici nous nous enthousiasmons uniquement avec des substituts qui comblent nos manques et souffrances vécus par tant d’expériences négatives : quand nous cherchions des occasions de montrer aux autres ce que nous savions faire, quand nous essayons de nous intégrer, de devenir libres et autonomes. Ce faisant nous cherchons des satisfactions de substitution qui procurent cet enthousiasme palliatif => le consumérisme.

C’est évident, quand on ne reçoit pas ce dont on a besoin, on prend ce qui est proposé ici ou là. Il y a toute une industrie qui n’attend que cela : qu’il y ait autant de gens avec autant de besoins insatisfaits que possible, car ce sont eux qui entretiennent l’économie. Cela signifie qu’il nous faut des enfances qui rendent les enfants malheureux, des enfances au cours desquelles les 2 besoins de base des enfants ne sont pas satisfaits. Sinon à la fin nous n’aurions pas tous ces consommateurs souhaitant acheter toute cette marchandise, dont personne n’aurait besoin si nous allions bien.

*Conférence du neurobiologiste Prof. Dr. Gerald Hüther dans le cadre de la zweite Konferenz des Denkwerks Zukunft Berlin, 15 janvier 2011. En allemand avec sous-titres français (André STERN). Présentée par l’Institut Arno Stern et le mouvement « écologie de l’éducation ». Neurobiologiste allemand de premier plan, le Pr. Gerald Hüther dirige le département de recherche fondamentale de neurobiologie du Centre Hospitalier Universitaire psychiatrique de l’université de Göttingen et le centre de recherche préventive de neurobiologie de l’université de Göttingen et Mannheim/Heidelberg. http://www.ecologiedeleducation.com

Les apprentissages autonomes (partie 2)

2ème partie concernant Les apprentissages autonomes* ou comment les enfants s’instruisent sans enseignement (retrouvez la partie 1 juste ici!) inspirée de l’excellent ouvrage de John HOLT. A lire et à découvrir sans hésiter !

Apprenant de nature

Évoquant le sujet de l’école, l’auteur nous explique que lorsque l’apprentissage est une réussite, on dit généralement que c’est grâce à l’école, mais lorsqu’il échoue c’est la faute des élèves. Souvent on met une étiquette sur ces élèves qui échouent : ils ont un « trouble de l’apprentissage », étiquette populaire car elle concerne presque tous les cas d’échecs scolaires.

Or les recherches1 démontrent le lien évident entre ces « troubles de l’apprentissage » et le stress. Lorsque l’environnement est moins stressant, ces troubles disparaissent chez les étudiants.

Posons-nous la question du stress et de la pression que l’on met à nos enfants et ados à l’école, à la maison…

Les écoles présupposent que les enfants n’aiment pas apprendre à moins qu’on leur montre comment faire, en divisant les domaines prescrits en minuscules tâches, qu’il faut maîtriser une à la fois, toujours sur le modèle de la carotte et du bâton.

Or un enfant moteur et acteur de son apprentissage, aime apprendre. Il en redemande même ! C’est un apprenant de nature, il a besoin de découvrir et d’explorer un processus dans son ensemble, pour qu’il puisse l’intégrer dans son schéma mental. Apprendre c’est donner du sens aux choses.

Il est impossible d’être vivant et conscient sans être constamment en train d’apprendre. Nous recevons différents messages de notre environnement et sommes constamment en train d’expérimenter la réalité. Nous apprenons de toutes nos expériences, tout comme les enfants. Vivre c’est apprendre !

John HOLT en tant qu’enseignant en a conclu que l’apprentissage n’est pas le produit de l’enseignement. Arrêtons de nous accrocher à l’idée que plus on enseigne, plus l’enfant va apprendre. En effet, les enfants créent eux-mêmes l’apprentissage et le savoir : ils observent, pensent, testent en permanence et sont bien meilleurs que nous, les adultes. L’idée même que nous pourrions envisager d’enseigner aux enfants comment apprendre, paraît absurde.

Donner du sens au monde, faire ses propres connexions

C’est à nous de mettre à disposition des enfants les ressources facilitant les découvertes. Nous devons créer des conditions favorables au processus de découverte et donc de l’apprentissage. Oui, mais quelles sont ces conditions, ces ressources que nous devons mettre à disposition de nos enfants?

Le temps, le plaisir, la liberté et l’absence de pression

Ainsi à l’école, on demande souvent aux enfants de répéter comme quelque chose de logique, quelque chose qui ne leur semble pas du tout logique, au point qu’ils renoncent à réconcilier ce que disent les gens sur le monde et ce qu’ils ressentent réellement de ce monde. Ils acceptent comme une vérité tout ce que l’autorité dit être la vérité. Ils n’essaient plus de vérifier ou de tester.2

On les a ainsi privés de leur instinct et leur élan naturel d’apprendre. N’oublions pas que les enfants ne peuvent pas passer d’un coup de l’ignorance à la connaissance. Ils n’acquièrent pas le savoir, ils le créent.

John HOLT explique que les enseignants en évaluant, comptant ce que font les enfants, viennent à penser que ces nombres sont plus réels que les enfants eux-mêmes. Ils oublient de regarder les enfants et comment les regarder. Les enfants résistent à cette attraction permanente, car leur ligne directrice dans la vie est de trouver et donner du sens au monde. Ce n’est pas une faiblesse, mais une force !

Vaste programme en perspective ! Pour notre part, la vision de John HOLT fait sens. Nous nous sommes reconnus dans beaucoup de points abordés et espérons être de bons accompagnants pour nos filles sur ce chemin, afin qu’elles aient confiance en elle, qu’elles soient épanouies et libres de penser !

 

*Source : Les apprentissages autonomes, Comment les enfants s’instruisent sans enseignement, John HOLT, Éditions l’Instant Présent février 2014 – 1 : page 39 – 2 : page 57

Les apprentissages autonomes (partie 1)

Après avoir participé à une réunion sur les écoles démocratiques (on vous parle de notre parcours personnel par ici), ce fut une véritable découverte pour nous de considérer que l’enfant peut être moteur et acteur de son savoir !

Contrairement à ce que nous pensions jusqu’à présent, l’apprentissage n’est pas le produit de l’enseignement… Remise en question totale pour nous en tant que parents quant à l’éducation prodiguée à nos enfants. Et oui, pour nous, il n’y avait pas d’autre choix envisageable : l’école est un passage obligé pour apprendre et devenir un adulte responsable et cultivé, non ? Idéologie de masse, quand tu nous tiens…

Pour en revenir à l’ouvrage* de John HOLT (enseignant, travaux et conférences en sciences de l’éducation, universités de Harvard et de Berkeley, acteur incontournable des réseaux de « unschooling »), c’est incontestablement une révélation pour moi ! Je le recommande à tous les parents (que vos enfants soient scolarisés ou non). Je suis allée de découverte en découverte, tout cela me paraissait cohérent et logique au fur et à mesure de ma lecture. Je pense que chacun pourra s’y retrouver. (Ce livre et bien d’autres tout aussi passionnants sont à retrouver dans nos sources d’inspiration : allez-y c’est par ici!)

Voici une (toute petite) partie des points abordés par John HOLT :

 Ce que peuvent faire (ou ne pas faire) les parents

  • Apprentissages non sollicités

Le seul avantage que nous, adultes, ayons sur les enfants est d’avoir vécu plus longtemps. C’est donc à nous de rendre le monde et ses habitants plus accessibles aux enfants ! Les enfants aiment et recherchent le contact avec les autres (pas uniquement avec des enfants d’ailleurs. Les échanges intergénérationnels restent très importants).

Lorsqu’un enfant nous pose une question, évitons d’en faire trop. Il attend une réponse claire et précise. Si toutefois nous n’avons pas la réponse, pas de panique ! Il suffit de le dire : « je n’ai pas la réponse à ta question, mais on va la trouver en demandant à l’un ou l’autre, ou en faisant des recherches. »

Pour les plus réticents d’entre vous, qui estiment qu’il est INDISPENSABLE de faire des leçons de toutes choses (« on m’a posé une question sur un sujet que je connais, il FAUT bien que j’explique TOUT ce que je sais! ») il faut savoir que d’un enseignement non sollicité ne découlera pas un apprentissage, au contraire cela peut produire un obstacle à l’apprentissage car imposé à son interlocuteur… Refrénons cette impulsion et ce besoin d’expliquer les choses. Si l’enfant veut en savoir plus, il le demandera. Si, si je vous l’assure !

  • L’enseignement est une science naturelle

John HOLT a constaté que la capacité d’observation attentive et patiente nécessaire pour respecter le rythme de l’apprentissage de l’enfant, ne se retrouve pas chez tous les enseignants et est davantage présente chez les parents grâce à l’amour et l’intérêt qu’ils portent naturellement à leur enfant. Quand on essaie d’interférer, de changer ou de diriger le style et le rythme d’apprentissages, on les ralentie ou on les stoppe.

L’enfant a besoin de comprendre seul. Évitons d’intervenir sauf s’il met sa vie en danger. Alors il prend confiance dans sa capacité à comprendre les choses par lui-même.

Apprendre pas plus que respirer n’est un acte volontaire. C’est dans leur nature ! Nos inquiétudes sur les apprentissages éteignent les apprentissages des enfants.

  • Accro aux félicitations

Beaucoup d’enfants font preuve de cynisme au sujet des louanges et en sont dépendants tout à la fois. C’est le pire mélange qui soit. Souvent les ados pensent : « Les gens me félicitent juste pour obtenir ce qu’ils veulent ».

Le problème des motivations extérieures négatives (mauvaises notes, remarques négatives des parents, enseignants ou camarades…) ou positives (bonnes notes, compliments…) est qu’ils écrasent la motivation interne, cet élan naturel. Les récompenses et félicitations sont également abordées dans cet article consacré aux travaux d’Isabelle FILLIOZAT.

  • Mais alors que faire ?

Ce que les enfants veulent et ont besoin de notre part c’est une attention authentique : les remarquer, les prendre au sérieux, les soutenir et les accompagner, sans pour autant leur parler de manière professorale.

Mission difficile pour nous les parents, me direz-vous !

Mais sincèrement, n’est-ce pas la plus belle des missions qui soit : apprendre et grandir ensemble ?

A suivre partie 2Apprenant de nature. En attendant, retrouvez cet ouvrage et bien d’autres sur le site des Éditions l’Instant Présent.

*Source : Les apprentissages autonomes, Comment les enfants s’instruisent sans enseignement, John HOLT, Éditions l’Instant Présent février 2014