Comprendre nos enfants entre 6 et 11 ans (partie 2)

A la suite de notre 1er article (juste ici), découvrons ensemble comment décrypter le cerveau de nos enfants à l’aide de l’excellent ouvrage d’Isabelle FILLIOZAT : « Il me cherche ! » Comprendre ce qui se passe dans le cerveau de votre enfant entre 6 et 11 ans*

Partie 2 : A chaque âge ses spécificités

6 – 7 ans

Histoires imaginaires Avant 7 ans, on ne parle pas de mensonges. Si l’enfant a par exemple un ami imaginaire, cela signifie qu’il projette certaines parties de lui-même. Laissons lui le temps, il les intègrera peu à peu.

Il me ment L’enfant veut à tout prix faire plaisir et donne la réponse attendue car il sent que ça nous calmera, même s’il faut mentir. Après 7 ans, il veut être le meilleur, et si besoin blâmera l’autre car il a besoin de protéger son image de lui-même, les accusations et critiques étant trop douloureuses. Pour lui éviter de mentir, abstenons nous de lui faire honte ou peur, restons une personne de confiance, à qui il peut se confier !

Apprendre par imitation Soyons vigilants à nos comportements au quotidien car l’enfant nous imite (on est beaucoup sur les écrans? il en demandera également. Avons-nous tendance à crier? à mentir? Nos comportements conditionnent les réactions de nos enfants).

7 ans

Ils ne font rien à la maison Faire ensemble des tâches utiles nourrit notre sentiment d’appartenance, d’être utile et entretient l’estime de soi.

Manger toujours la même chose Cela est dû à un conflit intérieur. L’enfant ne se dit pas « je vais embêter maman en refusant sa nourriture » : il est mal, a un souci dans son cœur et a peut-être l’intestin noué. A nous d’explorer les pistes pour découvrir ce qui se cache derrière ce refus de nourriture.

Exemples de sujets abordés par Isabelle FILLIOZAT : entre autres il fait pipi au lit, elle veut un soutien-gorge, et bien d’autres exemples !

8 ans

Il court partout ou fait n’importe quoi Nous avons vu dans notre 1er article que l’ennui induit le stress. Donner une orientation constructive à son enfant est bien plus efficace que de le réprimander. Confions lui des missions au quotidien.

Mentir à ses copains Si l’enfant recourt à ces stratégies, il le fait pour rehausser son statut social. Écoutons et analysons la situation de notre enfant. Peut-être que son intégration sociale n’est pas aussi facile que ce qu’il nous raconte…

Punitions Elles sont contre-productives, notamment chez les garçons qui en sont fiers face aux copains. Elles n’améliorent pas la situations alors regardons tout cela depuis le paradigme de l’attachement (notion évoquée dans notre article précédent). Si l’enfant semble ne pas écouter, il nous observe néanmoins et se construit. A nous de montrer l’exemple. Les résultats seront visibles sur le long terme.

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Si les punitions éduquaient, il y a belle lurette que l’espèce humaine ne commettrait plus de crime. En fait les punitions ne sont pas tout à fait inefficaces. Elles sont d’une grande efficacité… sur le soulagement du punisseur qui a ainsi le sentiment de reprendre le contrôle de la situation.1

Récompenses Elles démotivent, et encouragent uniquement sur le court terme. Offrir un salaire pour une action, revient à dire que cette dernière n’a aucune valeur. La récompense agit même comme une punition lorsque l’enfant ne l’obtient pas.

9 ans

Abandon de chaque activité (sport etc) Il faut inciter l’enfant à nous parler de ce qui se passe, identifier les vraies raisons qui le poussent à se détourner de ses activités.

TICS Au cours du développement du cerveau, 1 enfant sur 5 traverse une phase de TICS sans suite. Ces-derniers peuvent être aggravés par la fatigue, le stress, la répression émotionnelle et l’alimentation.

10 ans

On ne peut lui faire confiance Isabelle FILLIOZAT prend l’exemple d’un garçon faisant du vélo avec son ami. Il est tenté de transgresser les limites imposées. La transgression produit de l’excitation. Par ailleurs son statut social est en jeu. Comment aider notre enfant? En parler avec lui, induire un processus de réflexion et de prise en charge de son problème.

Il ne cesse de faire ce qui est interdit L’interdit incite à la transgression, l’enfant ne réfléchit pas à la situation. Se rebeller contre l’autorité, se sentir « libre » ne sont pas des attributs de mauvais garçons/filles, mais concernent tous les humains. Les interdits focalisent l’attention sur le comportement problème, alors que les règles et les permissions focalisent sur le comportement désiré. Essayons de reformuler les phrases en termes de permissions, d’informations.

L’enfant déteste les limites, mais adore les règles La vie en communauté nécessité des règles, un cadre qui ne nous imposent pas des limites, mais permettent l’organisation. Il n’est pas question pour les parents de faire ce qu’ils défendent à l’enfant. Sinon l’interdit sera associé à un sentiment d’impuissance et d’infériorité. En cas de transgression des règles, on en parle en famille, sans jugement ni « tribunal ».

Il fait comme s’il n’entendait pas Avons-nous compté combien d’ordres un enfant reçoit au cours d’une journée? La soumission aux ordres est importante en cas d’urgence (danger). En dehors les ordres sont contre-productifs. Il faut mobiliser le cerveau frontal de l’enfant en attirant son attention sur l’objet à déplacer (par exemple), sans ordre, ni phrase et rester bref pour gagner en efficacité et sérénité.

Félicitations = récompenses Elles ne donnent pas confiance, mais développent le narcissisme. Essayons plutôt de décrire ce qu’on apprécie chez l’enfant (son action) pour développer le sentiment de confiance en soi. Pour lui permettre de vivre sa fierté, demandons lui, par exemple, ce qui lui a fait plaisir dans telle ou telle situation.

11 ans

Il jette ses affaires n’importe où 

Accusations et recherches du coupable gaspillent notre énergie. Nous avons vu que les ordres ne sont pas plus efficaces. Alors? Décrire simplement ce que nous voyons nous évite de prendre un ton coléreux, ne mobilise donc ni notre propre amygdale, ni celle de l’enfant et guide son attention vers le problème.2

L’enfant va donc réfléchir par lui-même et prendre la décision appropriée.

Jeux en ligne violents Ces jeux sont excitants pour les enfants. L’addiction n’est pas seulement réservée aux enfants dépressifs ou à problème. Le contrôle parental est donc indispensable. Isabelle FILLIOZAT conseille de placer l’ordinateur dans une pièce commune, et sans casque, de rester attentifs et surtout de rechercher d’autres activités et sources de satisfaction.

Conclusion

Donner de l’amour nous en remplit !3

Si les enfants nous frustrent, ils ne le font pas intentionnellement pour nous provoquer ou nous énerver. Ils vivent juste leur vie. Essayons de ne pas réagir exagérément (ne pas projeter notre stress sur l’enfant) et de montrer l’exemple : je ne peux pas reprocher à mon enfant de faire des crises, si je ne suis pas capable de maîtriser mes nerfs. Nous sommes donc responsables de notre conduite vis à vis de nos enfants, quelle que soit la manière dont eux se conduisent. Isabelle FILLIOZAT développe d’avantage ce point dans son livre, sans culpabiliser les parents. Alors n’hésitez plus, et lisez le !

*Source : « Il me cherche ! »Comprendre ce qui se passe dans le cerveau de votre enfant entre 6 et 11 ans, Isabelle FILLIOZAT, Éditions Poche Marabout janvier 2016 – 1 : page 126 – 2 : page 165 – 3 : page 178

2 thoughts on “Comprendre nos enfants entre 6 et 11 ans (partie 2)

  1. Trop fort, bravo ma Nadine ! C’est tellement intéressant de te lire, c’est fascinant ce qu’on peut découvrir ! et je t’assure que j’en découvre des aspects, d’article en article que tu écris ! Et quitte à me répéter, mais je t’admire sincèrement ! je t’embrasse très fort, et suis drôlement fière de toi, de ton courage et ton travail, et te souhaite de tout mon cœur une pleine réussite…tes filles ont énormément de chance ! Je vous aime tendrement

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