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Destination Unschooling

Il existe de nombreuses manières d’aborder le sujet des apprentissages lorsqu’on pratique l’instruction en famille : on peut choisir l’apprentissage formel (cahiers, manuels scolaires, cours par correspondance) et/ou opter pour l’apprentissage naturel de l’enfant sans enseignement : bienvenue dans le monde du unschooling ! Précédemment, nous avions déjà vu les apprentissages autonomes (par ici) et apprentissages informels (par ).

Le film et livre Être et devenir1 de Clara BELLAR nous permettent de plonger dans ce monde extraordinaire du unschooling ! Pour beaucoup de parents (comme pour nous) c’est une découverte totale, puisque nous avions appris qu’il n’y a qu’à l’école qu’on apprend. Alors comment un enfant pourrait-il apprendre sans école et sans enseignement ?!

Pour trouver une réponse, posons-nous d’abord la question : Pourquoi une société scolarisée a tant de mal à imaginer des apprentissages naturels et autonomes ? Comment se fait-il qu’un enfant sans école apprenne à marcher et à parler mais tout d’un coup serait incapable d’apprendre à compter ou écrire ? Pourquoi ne croit-on pas une personne apte à choisir son activité parmi ses centres d’intérêts ?

On le sait, les enfants sont des « machines à apprendre ». Dès lors pourquoi faudrait-il imposer des matières et des temps d’apprentissages, alors que notre cerveau est programmé naturellement pour apprendre ?

Se « déscolariser »

Nous avons été « formatés », il faut donc d’abord déscolariser les parents, changer de paradigme, de regard. Je pense que c’est cela le plus difficile et finalement le cœur du « problème » ! Les maîtres-mots en unschooling sont « trust and wait » = confiance et patience (Naomi Aldort2). C’est la base. Nous, parents, éducateurs, avons tendance à avoir des attentes, espérons l’émergence d’une ou plusieurs passions chez notre enfant, ou pire le comparons aux autres, aux « normes attendues ». Or c’est nocif pour lui, et détruit sa confiance. Le parent doit donc faire un travail sur lui avant tout, se remettre en question. D’ailleurs faire le choix du unschooling découle d’une réflexion globale : il ne s’agit pas seulement de l’éducation de notre enfant, mais de notre manière d’être dans le monde, de vivre !

Alors oui, c’est difficile de faire face au regard des autres, aux remarques : « mais vous ne suivez pas un programme ? votre enfant devrait savoir faire ceci ou cela ! » Il faut alors se dire 2 choses : on n’a jamais fait grandir quelqu’un en le mesurant. Arrêtons la comparaison et les attentes vis-à-vis de notre enfant. Puis, posons-nous la question : si nous étions sur une île déserte, à quel point serions-nous gênés que notre enfant soit comme ceci, ou comme cela ? Une fois que l’on s’est posé cette question, on a fait la paix avec la thématique de la comparaison (Thierry Pardo3, à retrouver juste ici).

Confiance en soi

Ainsi pour pouvoir faire confiance à son enfant, il faut donc avoir confiance en soi ! C’est logique me direz-vous. Mais comment fait-on si, comme moi, on est une maman qui n’a pas vraiment confiance en elle ? Il faut déjà avoir confiance dans ce qu’on fait ! Aujourd’hui je peux affirmer que notre choix de vie nous correspond, parents comme enfants (oui il y a des doutes et des questions parfois, mais la joie est présente, cela se ressent en soi et chez les enfants). Ensuite il nous faut avoir confiance en la capacité d’apprendre de l’enfant. Elle se cultive en parlant en famille, avec d’autres parents d’enfants non-sco et en étant attentif à ce qu’exprime son enfant, en restant connecté à lui ! Cela demande un travail sur soi mais la justesse de l’action donne beaucoup d’énergie (Claudia Renau4). Partage et connexion à l’autre permettent de changer, de se construire. C’est donc l’interaction avec nos enfants qui nous permet de gagner en confiance, mais surtout qui les aide à se construire !

Nous sommes donc dans un cheminement de pensées global : il ne s’agit plus d’une question d’aller ou non à l’école, mais de se réapproprier sa vie et sa confiance en soi, pour les enfants comme les parents.

Apprendre sans contraintes

En unschooling, l’enfant apprend comme il le souhaite, sans contraintes. Beaucoup diront que cela n’est pas la « vraie vie », que l’école apprend à se soumettre aux règles. Effectivement, l’école a été créée pour enseigner la discipline et l’obéissance à une hiérarchie.

Un peu d’Histoire pour comprendre : en 1870, la Prusse inflige une défaite à la France. Il faut donc former des militaires plus obéissants et disciplinés, c’est pourquoi on crée l’école de Jules Ferry. Il faut instaurer un sentiment d’appartenance patriotique (nécessaire aussi pour la colonialisation des « races dites inférieures » par J. Ferry5), puis un esprit de compétition et de comparaison, ainsi que d’exécution des ordres nécessaire pour le secteur militaire, et industriel (travail en usine).

Or en unschooling et sans école, on apprend également à se conformer aux règles de vie, de courtoisie, en famille et dans la société, lorsque ces règles font sens. L’enfant n’est donc pas face à des règles arbitraires hors contexte. Il se sociabilise et vit avec des enfants et adultes de tous âges. En effet, il n’est pas forcément pertinent de retirer l’enfant du monde (en le mettant à l’école) pour le préparer au monde !

Par ailleurs, pour faire face au marché du travail, le bagage le plus solide est la confiance en soi, et savoir apprendre par soi-même. Le monde d’aujourd’hui n’est pas nécessairement celui de demain. Nous le constatons, il change sans cesse. Il faut savoir faire preuve d’adaptation ! L’école est comparable à une course aux notes et aux diplômes. Elle a créé cet imaginaire collectif selon lequel il suffit d’avoir un diplôme pour travailler et réussir. Or ce n’est pas une assurance tout risque contre le chômage. Cela peut même nous pousser dans un métier qui ne nous convient pas. Nous l’avons vécu ou connaissons des personnes dans ce cas.

Pour autant, certains me diront qu’ils ont été « éduqués à la dure » et qu’ils ont appris ! Effectivement, nous apprenons même dans ces conditions car on ne peut faire autrement. Mais à quel prix ?! Les conséquences sur le développement cérébral sont graves : les zones du cortex préfrontal (dirigeant la pensée supérieure, l’exécution, l’action, l’apprentissage et la mémoire) ne se développent pas correctement. Alors que dans un environnement bienveillant (un simple regard attentionné suffit) ces zones créent beaucoup plus de connexions. Oui, on apprend dans un environnement stressant mais avec tellement plus de difficultés, avec l’intégration de mécanismes de manque d’auto-estime et d’auto-sabotage ! (Céline Alvarez6)

D’autres assurent qu’ils ont aimé l’école. C’est possible. Pour ma part, bonne élève, ma scolarité a été plutôt agréable. Pour autant, elle n’a pas été épanouissante. En me penchant sur l’IEF et le unschooling, je me suis aperçue que j’ai été une « bonne victime consentante » du système. Il n’y avait pas le choix. Il fallait faire ses devoirs, avoir de bonnes notes pour les appréciations des professeurs, voire des parents. J’attendais qu’on soit fier de moi, j’ai ainsi renoncé à une partie de moi-même pour devenir ce qu’on attendait de moi. Certains se reconnaitront peut-être… A présent, il faut refaire le chemin vers soi-même.

Résultats du unschooling

Les enfants unschoolers ont confiance en eux et une connaissance d’eux-mêmes. La joie est préservée tout comme cet élan naturel des apprentissages. Ce sont de « vrais » enfants ! Certains iront jusqu’au bac ou feront des études supérieures. D’ailleurs Joyce Reed, co-rectrice de Brown University, témoigne que les enfants non-sco ayant créé leur propre programme sont plus passionnés, plus actifs et plus ouverts. Ils vont vers le professeur, pour lui parler, l’interroger alors que les élèves sortis du lycée pensent que cela ne se fait pas.

Mais alors peut-on passer au unschooling à tout âge ? Oui il est possible de proposer des apprentissages informels quel que soit l’âge, mais il y a une période de transition lorsqu’on déscolarise nos enfants. En effet, il est difficile de se prendre soudain en main quand on a organisé toutes vos journées pendant des années, quand on vous a dit ce qu’il fallait faire, étudier et à quelle heure. Donc c’est anxiogène pour les parents de voir notre enfant perdu. Nous en faisons le constat avec nos filles. Mais nous leur laissons du temps pour se réapproprier leurs envies, leur(s) centre(s) d’intérêt(s). D’après les témoignages, le naturel revient avec un peu de temps. Patience donc… trust & wait.

D’accord mais comment approfondir un apprentissage ? Si mon enfant veut aller plus loin dans une matière, en tant que parent je n’ai peut-être pas les compétences ? L’un de nos amis nous disait que grâce à l’école il avait pu approfondir ses connaissances en mathématiques, et que sans école il n’y serait pas parvenu. Il faut simplement se dire que le parent a un rôle d’accompagnant. Il doit rendre le monde accessible à son enfant. Si celui-ci souhaite apprendre les mathématiques, ou devenir astronaute alors on recherche ensemble les ressources nécessaires (personnes, lieux, livres etc). Ce ne sont pas les adultes qui enrichissent les jeunes. Un astronaute n’a pas forcément des parents astronautes. L’apprentissage est un acte intime : chaque personne est moteur de son apprentissage !

Une autre vision de l’avenir

Pour conclure, depuis que nous avons découvert l’univers de l’IEF, et celui des apprentissages naturels, notre vision du succès a changé (comme pour beaucoup de parents qui témoignent dans le film). Elle n’est plus liée aux qualifications, au fait d’obtenir un diplôme à tout prix, de gagner de l’argent et de l’accumuler. Nous allons vers des idées et questions qui ont plus à voir avec l’équilibre et le bien-être de chacun (enfant comme parent).

Certains pensent peut-être que c’est totalement utopique de vivre en 2018 et de penser comme cela… Je répondrai simplement que c’est un état d’esprit qui se travaille et se cultive afin de ne pas vivre dans un monde de rapports de forces, de domination. Parents et enfants peuvent devenir des partenaires et non des adversaires. Vivre en harmonie, prendre soin de soi sont aussi des bases nécessaires pour nos enfants, pour leur permettre de choisir plus tard un monde professionnel non humiliant.

Enfin, pour ceux qui ont l’impression qu’on se « sacrifie » pour nos enfants en choisissant l’IEF, je peux assurer que ce n’est pas du tout un sacrifice pour moi. Certes il faut faire des choix notamment financiers, mais c’est une chance immense de pouvoir accompagner nos filles. A qui donnerait-on le meilleur de nous-mêmes si ce n’est à nos enfants ? Alors à nous d’inventer la vie qui va avec nos choix.

1Être et Devenir : Faire confiance à l’apprentissage naturel des enfants, Clara BELLAR, Éditions l’Instant Présent / 2Naomi ALDORT Auteure spécialisée en éducation des enfants, conférencière et thérapeute / 3Thierry PARDO doctorat en éducation / 4Claudia RENAU Enseignante pour l’Éducation Nationale et formatrice d’enseignants à l’IUFM ; actuellement éditrice aux éditions l’Instant Présent / 5Jules FERRY discours de 1885 http://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/histoire/grands-moments-d-eloquence/jules-ferry-28-juillet-1885 / 6Céline ALVAREZ Auteure et conférencière, linguiste de formation, ancienne professeure écoles

Le coup de cœur de Zoé #1

Voici le livre découvert par Zoé dans notre médiathèque et qui lui a énormément plu ! Il s’agit de Visages du monde de Tamara Garcevic, Éditions Amaterra.

Présentation de l’éditeur : Un livre documentaire pour découvrir 50 ethnies du monde, et la richesse de leur diversité culturelle.

Le livre explique ce qu’est une ethnie et les spécificités de chacune d’entre elles. Il décrit 50 ethnies de 5 continents, à découvrir sur les cartes :

C’est un très bel ouvrage qui fait voyager petits et grands. Il permet d’expliquer de manière simple et efficace les différentes cultures sur notre planète. Nous avons pu aborder la géographie, les mathématiques (lecture de nombres), la lecture bien-sûr, ainsi que la richesse culturelle à travers le monde.

Validé et approuvé par Zoé ! Nous le recommandons sans hésiter 🙂

Les Intelligences Multiples

Cette théorie a été développée par Howard GARDNER (psychologue américain) en 1983. D’après ce-dernier nous n’avons pas une intelligence globale, mais nous développons 8 types d’intelligences. Pour lui la seule raison d’être de l’école devrait être le développement de toutes ces formes d’intelligences.

Quelles sont les Intelligences Multiples ?

Lintelligence musicale se caractérise par la sensibilité à la musique et aux rythmes. Bien que l’on puisse s’en passer pour communiquer, elle reste centrale dans l’expérience humaine. La musique transmet des émotions, et capte des sentiments.

L’intelligence kinesthésique est l’aptitude à utiliser son corps pour reproduire ou effectuer des gestes (danse, sport, travaux manuels etc).

L‘intelligence logico-mathématique est une capacité non verbale de résoudre des problèmes logiques. L’une de ses caractéristiques est de ne pouvoir accepter aucun fait sans l’avoir démontré. Ce raisonnement est utilisé comme base pour les tests de QI. C’est cette forme d’intelligence que Jean PIAGET1 a décrite comme étant « l’intelligence ».

L’intelligence verbale / linguistique permet entre autres de convaincre, animer, transmettre une information, fournir des explications. Elle se traduit également par des facilités de compréhension des règles grammaticales. Cette forme d’intelligence serait la plus largement partagée par l’espèce humaine et la plus étudiée.

L’intelligence visuelle / spatiale se traduit par la capacité visuelle et mentale de percevoir le monde de façon précise (3 dimensions) et de créer des images mentales.

L’intelligence interpersonnelle est une capacité d’ordre social à entrer en contact avec les autres, ainsi que de coopérer et les comprendre, de distinguer leurs caractères, humeurs et intentions.

L’intelligence intrapersonnelle c’est se comprendre soi-même et avoir une idée précise de sa propre vie émotive.

L’intelligence émotionnelle (IE) est un concept proposé en 1990 par les psychologues Peter Salovey et John Mayer, qui réfère à la capacité de reconnaître, comprendre et maîtriser ses propres émotions et à composer avec les émotions des autres personnes. Elle est proche du concept d’intelligence sociale.2

Howard GARDNER a ajouté une 8ème intelligence depuis le début de ses travaux : l’intelligence naturaliste. Elle se traduit par la capacité d’établir des classifications dans la nature (sous ses formes minérales,végétales et animales).

Retrouvez plus d’informations sur le site www.mieux-apprendre.com !

Sources : Intelligences multiples www.mieux-apprendre.com, Revue de pédagogie N°122 (1998) sur www.persee.fr
1Jean PIAGET ( biologiste, psychologue, logicien et épistémologue suisse connu pour ses travaux en psychologie du développement et en épistémologie à travers ce qu’il a appelé l’épistémologie génétique) WIKIPEDIA
2 intelligence émotionnelle WIKIPEDIA

Visite de Montauban

Nous avons profité d’une conférence de Thierry Pardo organisée à Montauban (voir notre article) pour visiter cette ville que nous ne connaissions pas.

Le but était d’en faire un projet pédagogique avec Cathy et Zoé et de leur permettre de découvrir par elles-mêmes ce que nous pourrions faire sur place. Cathy a en parallèle réalisé une vidéo pour sa chaîne YouTube, à retrouver en fin d’article.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons fait des recherches sur internet (entre autres office du tourisme) pour connaître les lieux à visiter. Le choix de Zoé s’est porté sur le muséum d’histoires naturelles, et celui de Cathy sur la cathédrale de Montauban et le Jardins des plantes. Elle a également recherché le temps de route, l’itinéraire et les possibilités de stationnement sur place pour organiser notre journée. A l’aide d’un plan de la ville imprimé par Zoé, nous avons fait des annotations pour déterminer le parcours prévu.

Bilan : journée réussie pour les visites, mais surtout pour le bonheur de partager ces instants en famille 🙂

Pour tous les détails, découvrez la vidéo de Cathy !

Éduquer sans enseigner, la clé du succès ?

Telle est la thématique de la conférence-débat de Thierry Pardo à laquelle nous avons participé le 29 septembre à Montauban. Pour rappel, Thierry Pardo (père de 2 enfants) est titulaire d’un doctorat en éducation et spécialiste des alternatives éducatives. Auteur de plusieurs livres dont Une éducation sans école (à retrouver dans nos sources d’inspiration), nous avons eu droit à une jolie dédicace qui nous accompagne désormais dans notre belle aventure ! C’est une personne très accessible, qui a été au contact de tous les participants souhaitant lui parler. Vraiment une très belle rencontre avec de beaux échanges !

Vous retrouverez également l’une de ses remarquables interventions dans notre article sur l’IEF juste ici.

Voici quelques points abordés lors de la conférence  :

Aujourd’hui, nous sommes convaincus que l’apprentissage est le résultat de l’enseignement. L’école nous apprend qu’il n’y a qu’à l’école qu’on apprend. Or l’apprentissage est le résultat de la vie. On ne peut être vivant et conscient sans être continuellement en train d’apprendre.

Thierry Pardo fait un comparatif entre l’éducation et l’agriculture en 3 étapes :

1. D’abord nous avions, entre autres, des coins à blé ou à champignons qui poussaient librement dans la nature. En éducation cela est comparable à l’accueil du jeune enfant dans un couple, c’est l’Histoire de l’humanité.

2. Ensuite l’Homme a décidé de regrouper les cultures et d’en faire des champs de blé pour faciliter la cueillette. En éducation cela ressemble bien au système scolaire qui regroupe les enfants « par date de fabrication ».

3. Enfin, l’Homme a ajouté des intrants chimiques passant ainsi à une agriculture pétrochimique (= agriculture « normale »). De nos jours, nous avons fréquemment recours à l’utilisation de médicaments pour les enseignants et les enfants.

Cela génère 3 grands dangers :

1. La confiscation du vocabulaire. Les agriculteurs ont réussi à se réapproprier le vocabulaire en parlant de permaculture ou d’agriculture bio pour des pratiques plus naturelles. Or nous n’avons pas de vocabulaire dédié à l’éducation « naturelle » hors école. Pour un chasseur, on ne parle d’un « non-pêcheur ». Mais pour les personnes pratiquant l’IEF, on parle de « non- scolarisé » ou de « déscolarisation ».

2. La croyance que c’est l’agriculteur qui fait pousser le blé. Il en va de même pour l’éducation : on croit que c’est l’enseignant qui fait apprendre et grandir l’enfant.

3. La création d’une science : l’agronomie qui aide l’agriculteur, et non le blé (on n’a jamais vu un grain de blé assister à un cours d’agronomie). Nous avons aujourd’hui des sciences éducatives qui sont au service des enseignants et non des enfants.

Vivre c’est créer de l’apprentissage ! Nous sommes convaincus de l’intelligence animale et végétale : les arbres s’avertissent par les réseaux racinaires de la présence de parasites. On a également un exemple tout à fait remarquable (et presque incompréhensible) d’un être mono-cellulaire qui apprend et transmet sans cerveau : le blob Physarum. Il en est de même pour nous : nous sommes des apprenants de nature. Notre cerveau est conçu pour apprendre, sans contraintes d’apprentissage mais avec des interactions avec notre entourage !

Plus le maitre enseigne, moins l’élève apprend. Confucius (-500 av J-C)

Alors quel est notre rôle en tant que parents ? Réponse : créer un environnement éducatif favorable. Nous le savons : la graine pousse seule, à condition d’avoir les ressources nécessaires à disposition. Thierry Pardo nous donne les clés de cet environnement :

  • Temps et espace libres. L’enfermement a des répercussions catastrophiques sur le développement des enfants. Une étude* a été menée sur des enfants de 8 à 12 ans et des athlètes de haut niveau. Résultat : les enfants ont des capacités de récupération équivalentes voire meilleures que les athlètes.
  • Interactions fertiles. Cela génère nécessairement plus de bienveillance : un bébé vient au monde sans préjugés.
  • L’enfant est un « apprenaute» grâce au processus d’observation et d’imitation.
  • Rapport interstructuré à la connaissance :

L’enfant a besoin d’entretenir un rapport interstructuré à la connaissance : Cela signifie que l’enfant ne peut réaliser d’apprentissage durable et authentique si le contenu des connaissances lui est déversé de façon hétérogène. L’enfant a besoin de s’approprier le savoir en le structurant lui-même par manipulation, en le réutilisant de façon efficace dans un environnement chargé de sens. Alors le savoir s’inscrit durablement et sera mobilisable en cas de besoin.*

A la fin de son intervention, Thierry Pardo nous a confié une anecdote au sujet d’un jeune garçon unschooler, participant à l’une des nombreuses activités organisées avec des enfants non-scolarisés. Une passante leur a demandé en voyant ce groupe d’enfants : « Vous n’allez pas à l’école ?! ». Réponse de ce jeune : « Mais on n’a pas le temps ! ». Laisser nos enfants explorer la vie est finalement le plus beau des cadeaux. Il y a tant à faire et à découvrir !

Questions posées par les participants à la fin de la conférence :

Qu’est ce qu’un environnement qui fait sens ? C’est un environnement logique, bien souvent en opposition à un programme scolaire imposé. Thierry Pardo nous a raconté une anecdote très parlante : un enfant participant à une sortie regarde différents animaux, et lorsqu’il voit des cochons, dit à l’intervenant : « le mercredi, mamie fait des frites ! ». Cela n’avait aucun sens dans ce contexte. On ne sait pas vraiment quel a été le cheminement mental de l’enfant pour en arriver là. Cela a autant de sens lorsqu’un enseignant dit à ses élèves : « aujourd’hui nous étudions la 2nde guerre mondiale ! ».

Comment agir avec un enfant dyslexique ? Si notre enfant a des faiblesses (au vu des normes de la société) travaillons avec ses forces et arrêtons de le comparer ! Sinon on détruit sa confiance en lui. Nous devons être du côté de notre enfant qui va toujours tout faire pour plaire à son référent primaire, quitte à souffrir. Soyons vigilants et évitons d’avoir des attentes vis-à-vis de nos enfants.

Comment faire pour qu’un enfant apprenne si on le laisse choisir ses occupations ? Jouer c’est apprendre. Un bébé est programmé pour apprendre la langue, le lien social etc. Nous avons donc tous un élan naturel qui nous pousse à l’apprentissage au quotidien. Avec enthousiasme et sans contraintes, on n’oublie pas, contrairement aux apprentissages contraints qu’on ne retient pas.

Je n’ai pas les moyens financiers de faire l’IEF. Thierry Pardo a fait le calcul : par exemple pour le Québec, un salarié qui gagne 1500$ ne va « perdre » que 300$ au réel s’il arrête de travailler. Car travailler coûte cher entre les frais de garderie, école, voiture, assurances etc. Au final c’est un choix de vie global, qui demande certes de réduire les coûts, mais qui représente un gain énorme en qualité de vie. Fini les « dépêche-toi ! » qui est l’ordre le plus entendu par les enfants. Quand on est convaincu, on met tout en œuvre pour y arriver. Il faut s’inventer une vie qui va avec notre choix !

* Sources : étude enfants-athlètes http://theconversation.com/vos-enfants-courent-toute-la-journee-cest-parce-quils-ont-des-muscles-dathletes-endurants-95476 – Rapport interstructuré à la connaissance : THIERRY PARDO Mémoire remis au Ministre de l’éducation Montréal le 30-06-2017

Neurobiologie et éducation

Je vous propose de découvrir l’intervention remarquable du Pr. Gerald HÜTHER (neurobiologiste*) au cours de laquelle il pose la question suivante : Pourquoi est-il si difficile de se débarrasser des schémas incrustés dans nos fonctionnements ? (ou en d’autres termes : pourquoi sommes-nous tels que nous sommes ?). Excellente vidéo* à retrouver en fin d’article et dans nos Sources d’inspiration.

Notre impact sur les tout-petits

Nous ne naissons pas avec notre état d’esprit actuel. Alors comment s’installe-t-il en nous ? Une étude extraordinaire nous démontre que beaucoup de schémas actuels de pensées sont transmis à nos proches, et surtout à nos enfants, alors que nous n’avons même pas conscience de cette transmission.

Quelle est cette étude ?

Des enfants de 6 mois sont placés devant un écran qui montre plusieurs scènes d’un dessin animé.

1ère séquence : on y voit une colline au pied de laquelle arrive un bonhomme jaune. Il essaie de gravir cette colline avec beaucoup de difficultés, et arrive enfin au sommet.

2ème séquence : toujours cette même colline et ce petit bonhomme jaune qui essaie de la gravir. Apparaît un petit bonhomme vert qui se place derrière lui pour lui venir en aide. Les deux arrivent ensemble au sommet.

3ème séquence : à nouveau la colline et le petit bonhomme jaune qui arrive péniblement au sommet. Mais cette fois un petit bonhomme bleu repousse le bonhomme jaune qui tombe de la colline.

Juste après ces 3 séquences, un bonhomme vert et un bonhomme bleu (identiques aux séquences montrées) sont proposés aux enfants, afin d’observer lequel des deux, le bébé va choisir. Il est évident qu’à cet âge-là, les bébés ne choisissent pas ce qu’ils n’aiment pas. Tous les bébés ont donc pris le bonhomme vert, celui qui aide !

⇒ Bonne nouvelle ! Aucun d’entre nous ne vient au monde en consumériste ou égocentrique brutal et sans égards. En revanche, mauvaise nouvelle : cet état d’esprit s’installe en nous bien plus tôt que nous ne le pensions jusqu’à présent !

En effet, cette même expérience est menée 6 mois plus tard avec les mêmes enfants qui sont donc âgés d’un an. Ils observent à nouveau les 3 séquences et on place devant eux le bonhomme vert ainsi que le bleu. Soudainement, 10% à 20% des bébés choisissent le bonhomme bleu, celui qui repousse.

Alors se pose la question suivante : ces enfants ne sachant pas encore parler, qui a bien pu leur apprendre cela ? Réponse : ils n’ont fait qu’observer. Dans le système familial dans lequel ils grandissent se trouve quelqu’un qui arrive brillament à ses fins aux dépens des autres. Ainsi il est biologiquement tout à fait sensé pour un si petit enfant de prendre exemple sur cette personne, puisque les enfants prennent pour modèles ceux qui réussissent. Donc ils deviennent comme nous ! C’est ainsi que la pensée systémique prend tout son sens, et que nous comprenons ce qui nous refrène dans nos découvertes et nos pensées, ou ce qui nous bloque dans nos schémas actuels.

Tous identiques à la naissance : notre cerveau nous permet de TOUT faire

Les enfants naissent avec un cerveau qui a d’innombrables connexions et une ouverture d’esprit incroyable. En effet, il n’y aucun programme génétique qui puisse savoir à l’avance comment un cerveau humain sera utilisé. Ces programmes génétiques (les mêmes pour tous les humains) ne peuvent pas déterminer à l’avance si tel enfant va venir au monde au Moyen-âge, ou de nos jours, Esquimau au cercle polaire ou Indien d’Amazonie. C’est pourquoi ils nous équipent – c’est une découverte évolutionniste majeure – d’un cerveau avec lequel on peut TOUT faire.

Ces programmes génétiques ont même fait une surestimation de ce qu’il faut à un bon cerveau humain, ainsi nous sommes envoyés avec beaucoup de surplus dans le monde (pour info : vous qui êtes en train de me lire, tout comme moi, avons déjà perdu un tiers de cellules nerveuses depuis notre naissance). Il en est de même pour les connexions neuronales bien trop nombreuses : au début elles sont simplement mises à disposition, cela commence à l’arrière dans le tronc cérébral, puis séquentiellement elles arrivent dans les diverses régions, jusqu’au cortex frontal où cela ne s’arrête plus.

Là elles sont toujours disponibles, et l’on serait capable durant toute notre vie, de penser et ressentir différemment, à la seule condition d’avoir une raison assez forte qui nous pousse à changer. Alors comment être stimulé ?

Les 2 expériences primitives fondamentales

Avant la naissance, tous les enfants font 2 expériences majeures – que nous avons tous faites : la croissance et le lien.

L’expérience fondamentale de la croissance s’ancre dans le cerveau, là où se trouve aussi le « système de curiosité » qui utilise certains transmetteurs, telle la dopamine. Ce système se forme en fonction des expériences intra-utérines. Ainsi lorsqu’un enfant vient au monde, il y arrive avec l’espoir qu’il y aura, dehors, quelque chose à découvrir et quelque chose à faire. Il veut grandir, montrer qu’il est capable de réaliser des choses, il veut devenir autonome et libre.

La seconde expérience prénatale, celle du lien, s’ancre aussi profondément dans le cerveau, au niveau du « système de l’attachement », qui travaille avec d’autres transmetteurs comme l’ocytocine, la prolactine. Ce système se forme, lui aussi, en fonction des expériences prénatales. Chaque enfant vient alors au monde avec l’espoir que, dehors, il sera, d’une manière ou d’une autre, bienvenu, qu’il trouvera quelqu’un qui le prendra dans ses bras, qui lui offrira proximité et sécurité.

Alors ces enfants vont dans ce vaste monde et font des expériences. Les plus importantes sont toujours celles qui ont lieu quand il est possible de combiner ces 2 expériences primitives. Cela fonctionnait pendant 9 mois : nous avions bien pu vivre en même temps le lien et la croissance. Mais une fois né, on se rend compte qu’on ne convient pas tout à fait à maman, ou papa ou à quelqu’un d’autre… On n’est pas accepté tel que l’on est, les adultes commencent à vous « éduquer de partout », parce qu’ils voudraient qu’on soit comme eux, ou comme ce qu’ils auraient aimé être ou devenir.

A l’inverse nous pouvons aussi être, en quelque sorte, étouffés par ce qu’on pourrait appeler l’amour-grappin qui nous empêche de vivre notre besoin de croissance : on se noie en quelque sorte dans le « pot de miel de l’attachement ».

Situations aussi catastrophiques l’une que l’autre, pour lesquelles ce sont les mêmes réseaux neuronaux qui sont activés dans le cerveau, que lorsqu’on nous inflige des souffrances corporelles. Autrement dit notre cerveau réagit de la même manière lorsque nous nous sentons rejetés, que lorsqu’il repère un dérangement dans notre corps. Dans les 2 cas, nous souffrons et il nous faut trouver une solution.

L’enthousiasme nécessaire au changement

Pour nous permettre de supporter cela (car il est insoutenable de souffrir tout le temps), dès le plus jeune âge et plus tard en tant qu’adulte, à chaque fois que nous ne pouvons recevoir ce dont nous avons besoin, nous nous contentons de ce que nous pouvons avoir. Dès lors se contenter de tout genre de substituts active le centre de gratification.

A chaque fois qu’on s’enthousiasme pour quelque chose, et ce sur quoi on s’enthousiasme importe peu au cerveau, des transmetteurs neuro-plastiques se déversent, agissant comme de l’engrais pour le cerveau. Ceux-ci ne sont pas déversés lorsqu’on nous fait apprendre l’annuaire par cœur, ou bien lorsqu’on subit les discours de « gens avisés ». Ils ne se déversent que lorsque les centres émotionnels sont activés dans le cerveau, c’est-à-dire uniquement lorsque nous vivons quelque chose de particulièrement important pour nous. Important comme la souffrance éprouvée, il nous faut donc un substitut qui ramènera le calme dans notre cerveau.

Ces neurotransmetteurs savent faire une chose géniale : ils amènent les cellules nerveuses du dessous, par le biais d’un processus, à produire des protéines, qu’elles ont cessé de produire depuis longtemps. Ces protéines sont nécessaires pour construire de nouveaux filaments, établir de nouveaux contacts, pour rendre les réseaux neuronaux plus denses.

En résumé à chaque fois que l’on s’enthousiasme pour quelque chose, un arrosoir déverse dans le cerveau cet engrais qui le fertilise – mais uniquement sur les zones qu’on utilise dans un état d’enthousiasme ! Nos jeunes ont depuis 10 ans une région du cerveau qui reçoit tant d’engrais qu’elle a déjà doublé de taille : celle qui est chargée de la régulation des mouvements du pouce !

Cet enthousiasme nécessaire pour qu’il y ait des changements dans le cerveau, il n’est pas possible de l’avoir sur ordonnance, ni de l’engendrer par de savantes conférences. Non, il faut que les gens soient émus, touchés dans leur cœur. Souvenons-nous du petit enfant de 3 ans que nous avons été, lorsqu’on s’enthousiasmait pour quelque chose 50 à 100 fois par jour. Ne serait-ce qu’un bout de fil dépassant d’un tapis peut enthousiasmer un enfant de 3 ans pendant ½ heure. L’arrosoir dans son cerveau est continuellement ouvert, l’engrais est répandu sans arrêt et surtout partout – car l’enfant s’enthousiasme pour tout ! et là… nous envoyons ces enfants à l’école…

Lorsqu’on demande à des adultes à quelle fréquence il leur arrive encore de s’enthousiasmer – ce qui serait nécessaire pour penser autrement, pour qu’un nouveau schéma de connexions puisse se constituer dans le cerveau – c’est 1 à 2 fois par an (Noël et Pâques) voire plus du tout.

Apprendre à tout âge

Ce qui est intéressant c’est que ce serait possible ! Un homme âgé de 85 ans pourrait apprendre le chinois, non pas à l’université, mais uniquement en s’enthousiasmant. Par exemple en tombant tellement amoureux d’une jeune Chinoise de 65 ans, que lorsqu’elle veuille retourner en Chine, il y aille aussi. Et nous savons tous que cet homme âgé de 85 ans, qui dans son enthousiasme, va en Chine avec cette femme, aura appris le chinois en 6 mois. A 85 ans ! Nous n’avons donc aucun problème technique dans le cerveau si nous ne pouvons apprendre le chinois à 85 ans. Nous avons uniquement un problème d’enthousiasme. Ce qui est grave c’est que nous le savons tous !

Conditionné pour le consumérisme

Nous devrions pouvoir nous enthousiasmer pour quelque chose de différent de ce que nous connaissions jusqu’à présent. Or jusqu’ici nous nous enthousiasmons uniquement avec des substituts qui comblent nos manques et souffrances vécus par tant d’expériences négatives : quand nous cherchions des occasions de montrer aux autres ce que nous savions faire, quand nous essayons de nous intégrer, de devenir libres et autonomes. Ce faisant nous cherchons des satisfactions de substitution qui procurent cet enthousiasme palliatif => le consumérisme.

C’est évident, quand on ne reçoit pas ce dont on a besoin, on prend ce qui est proposé ici ou là. Il y a toute une industrie qui n’attend que cela : qu’il y ait autant de gens avec autant de besoins insatisfaits que possible, car ce sont eux qui entretiennent l’économie. Cela signifie qu’il nous faut des enfances qui rendent les enfants malheureux, des enfances au cours desquelles les 2 besoins de base des enfants ne sont pas satisfaits. Sinon à la fin nous n’aurions pas tous ces consommateurs souhaitant acheter toute cette marchandise, dont personne n’aurait besoin si nous allions bien.

*Conférence du neurobiologiste Prof. Dr. Gerald Hüther dans le cadre de la zweite Konferenz des Denkwerks Zukunft Berlin, 15 janvier 2011. En allemand avec sous-titres français (André STERN). Présentée par l’Institut Arno Stern et le mouvement « écologie de l’éducation ». Neurobiologiste allemand de premier plan, le Pr. Gerald Hüther dirige le département de recherche fondamentale de neurobiologie du Centre Hospitalier Universitaire psychiatrique de l’université de Göttingen et le centre de recherche préventive de neurobiologie de l’université de Göttingen et Mannheim/Heidelberg. http://www.ecologiedeleducation.com

Comprendre nos enfants entre 6 et 11 ans (partie 2)

A la suite de notre 1er article (juste ici), découvrons ensemble comment décrypter le cerveau de nos enfants à l’aide de l’excellent ouvrage d’Isabelle FILLIOZAT : « Il me cherche ! » Comprendre ce qui se passe dans le cerveau de votre enfant entre 6 et 11 ans*

Partie 2 : A chaque âge ses spécificités

6 – 7 ans

Histoires imaginaires Avant 7 ans, on ne parle pas de mensonges. Si l’enfant a par exemple un ami imaginaire, cela signifie qu’il projette certaines parties de lui-même. Laissons lui le temps, il les intègrera peu à peu.

Il me ment L’enfant veut à tout prix faire plaisir et donne la réponse attendue car il sent que ça nous calmera, même s’il faut mentir. Après 7 ans, il veut être le meilleur, et si besoin blâmera l’autre car il a besoin de protéger son image de lui-même, les accusations et critiques étant trop douloureuses. Pour lui éviter de mentir, abstenons nous de lui faire honte ou peur, restons une personne de confiance, à qui il peut se confier !

Apprendre par imitation Soyons vigilants à nos comportements au quotidien car l’enfant nous imite (on est beaucoup sur les écrans? il en demandera également. Avons-nous tendance à crier? à mentir? Nos comportements conditionnent les réactions de nos enfants).

7 ans

Ils ne font rien à la maison Faire ensemble des tâches utiles nourrit notre sentiment d’appartenance, d’être utile et entretient l’estime de soi.

Manger toujours la même chose Cela est dû à un conflit intérieur. L’enfant ne se dit pas « je vais embêter maman en refusant sa nourriture » : il est mal, a un souci dans son cœur et a peut-être l’intestin noué. A nous d’explorer les pistes pour découvrir ce qui se cache derrière ce refus de nourriture.

Exemples de sujets abordés par Isabelle FILLIOZAT : entre autres il fait pipi au lit, elle veut un soutien-gorge, et bien d’autres exemples !

8 ans

Il court partout ou fait n’importe quoi Nous avons vu dans notre 1er article que l’ennui induit le stress. Donner une orientation constructive à son enfant est bien plus efficace que de le réprimander. Confions lui des missions au quotidien.

Mentir à ses copains Si l’enfant recourt à ces stratégies, il le fait pour rehausser son statut social. Écoutons et analysons la situation de notre enfant. Peut-être que son intégration sociale n’est pas aussi facile que ce qu’il nous raconte…

Punitions Elles sont contre-productives, notamment chez les garçons qui en sont fiers face aux copains. Elles n’améliorent pas la situations alors regardons tout cela depuis le paradigme de l’attachement (notion évoquée dans notre article précédent). Si l’enfant semble ne pas écouter, il nous observe néanmoins et se construit. A nous de montrer l’exemple. Les résultats seront visibles sur le long terme.

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Si les punitions éduquaient, il y a belle lurette que l’espèce humaine ne commettrait plus de crime. En fait les punitions ne sont pas tout à fait inefficaces. Elles sont d’une grande efficacité… sur le soulagement du punisseur qui a ainsi le sentiment de reprendre le contrôle de la situation.1

Récompenses Elles démotivent, et encouragent uniquement sur le court terme. Offrir un salaire pour une action, revient à dire que cette dernière n’a aucune valeur. La récompense agit même comme une punition lorsque l’enfant ne l’obtient pas.

9 ans

Abandon de chaque activité (sport etc) Il faut inciter l’enfant à nous parler de ce qui se passe, identifier les vraies raisons qui le poussent à se détourner de ses activités.

TICS Au cours du développement du cerveau, 1 enfant sur 5 traverse une phase de TICS sans suite. Ces-derniers peuvent être aggravés par la fatigue, le stress, la répression émotionnelle et l’alimentation.

10 ans

On ne peut lui faire confiance Isabelle FILLIOZAT prend l’exemple d’un garçon faisant du vélo avec son ami. Il est tenté de transgresser les limites imposées. La transgression produit de l’excitation. Par ailleurs son statut social est en jeu. Comment aider notre enfant? En parler avec lui, induire un processus de réflexion et de prise en charge de son problème.

Il ne cesse de faire ce qui est interdit L’interdit incite à la transgression, l’enfant ne réfléchit pas à la situation. Se rebeller contre l’autorité, se sentir « libre » ne sont pas des attributs de mauvais garçons/filles, mais concernent tous les humains. Les interdits focalisent l’attention sur le comportement problème, alors que les règles et les permissions focalisent sur le comportement désiré. Essayons de reformuler les phrases en termes de permissions, d’informations.

L’enfant déteste les limites, mais adore les règles La vie en communauté nécessité des règles, un cadre qui ne nous imposent pas des limites, mais permettent l’organisation. Il n’est pas question pour les parents de faire ce qu’ils défendent à l’enfant. Sinon l’interdit sera associé à un sentiment d’impuissance et d’infériorité. En cas de transgression des règles, on en parle en famille, sans jugement ni « tribunal ».

Il fait comme s’il n’entendait pas Avons-nous compté combien d’ordres un enfant reçoit au cours d’une journée? La soumission aux ordres est importante en cas d’urgence (danger). En dehors les ordres sont contre-productifs. Il faut mobiliser le cerveau frontal de l’enfant en attirant son attention sur l’objet à déplacer (par exemple), sans ordre, ni phrase et rester bref pour gagner en efficacité et sérénité.

Félicitations = récompenses Elles ne donnent pas confiance, mais développent le narcissisme. Essayons plutôt de décrire ce qu’on apprécie chez l’enfant (son action) pour développer le sentiment de confiance en soi. Pour lui permettre de vivre sa fierté, demandons lui, par exemple, ce qui lui a fait plaisir dans telle ou telle situation.

11 ans

Il jette ses affaires n’importe où 

Accusations et recherches du coupable gaspillent notre énergie. Nous avons vu que les ordres ne sont pas plus efficaces. Alors? Décrire simplement ce que nous voyons nous évite de prendre un ton coléreux, ne mobilise donc ni notre propre amygdale, ni celle de l’enfant et guide son attention vers le problème.2

L’enfant va donc réfléchir par lui-même et prendre la décision appropriée.

Jeux en ligne violents Ces jeux sont excitants pour les enfants. L’addiction n’est pas seulement réservée aux enfants dépressifs ou à problème. Le contrôle parental est donc indispensable. Isabelle FILLIOZAT conseille de placer l’ordinateur dans une pièce commune, et sans casque, de rester attentifs et surtout de rechercher d’autres activités et sources de satisfaction.

Conclusion

Donner de l’amour nous en remplit !3

Si les enfants nous frustrent, ils ne le font pas intentionnellement pour nous provoquer ou nous énerver. Ils vivent juste leur vie. Essayons de ne pas réagir exagérément (ne pas projeter notre stress sur l’enfant) et de montrer l’exemple : je ne peux pas reprocher à mon enfant de faire des crises, si je ne suis pas capable de maîtriser mes nerfs. Nous sommes donc responsables de notre conduite vis à vis de nos enfants, quelle que soit la manière dont eux se conduisent. Isabelle FILLIOZAT développe d’avantage ce point dans son livre, sans culpabiliser les parents. Alors n’hésitez plus, et lisez le !

*Source : « Il me cherche ! »Comprendre ce qui se passe dans le cerveau de votre enfant entre 6 et 11 ans, Isabelle FILLIOZAT, Éditions Poche Marabout janvier 2016 – 1 : page 126 – 2 : page 165 – 3 : page 178

Comprendre nos enfants entre 6 et 11 ans (partie 1)

Cet article se base sur l’excellent livre d’Isabelle FILLIOZAT (psychothérapeute, à retrouver dans nos sources d’inspiration juste ici) : « Il me cherche ! » Comprendre ce qui se passe dans le cerveau de votre enfant entre 6 et 11 ans*, dans lequel elle nous donne différentes clés de compréhension. Quand on comprend ce qui se passe, il nous est plus facile d’agir de manière pertinente et efficace ! Son livre est un projet pédagogique qui décrit différentes situations du quotidien, la manière dont l’enfant ressent cette situation, ce qui se passe dans son cerveau, et comment nous pouvons agir.

Très facile à lire, cet ouvrage permet véritablement de décrypter le message de l’enfant et d’identifier son besoin. J’ai pu immédiatement le mettre en pratique, et comprendre certaines émotions et réactions de Zoé (7 ans) puis essayer d’y répondre de manière adéquate. Cela a également permis d’éviter certains conflits avec Cathy (sa grande sœur, 14 ans) et avec nous, les parents, quand on comprend ce qui se passe dans le cerveau !

⇒ L’enfant n’est pas un adulte en miniature. Or nous avons tendance à reprocher à notre enfant de ne pas se comporter en adulte. Nous attendons de nos enfants des comportements qui ne sont pas de leur âge.

Parce qu’on ne connaissait que très peu de choses sur le cerveau, nos ancêtres, nos parents, ont pu croire à l’innocuité de l’éducation par la crainte. C’est maintenant prouvé, l’exposition au stress au cours du développement, perturbant les niveaux d’hormones, entraîne des modifications de la structure du cerveau. […] il est urgent de choisir un mode éducatif non-violent.1

⇒ Les émotions ne sont que des émotions qui surgissent et qui passent, pourtant elles nous inquiètent et nous désarment. Nous avons juste à les écouter et les accueillir.2

L’une des principales clés données par Isabelle FILLIOZAT est la véritable attention : l’auteure indique qu’il est essentiel de passer entre 10 et 20 minutes par jour avec nos enfants. Il s’agit d’une attention à 100%, sans penser à la liste de courses, au travail, au ménage qu’il reste à faire etc. Quand le cœur n’y est pas, cela se ressent. Cela m’a particulièrement interpellé ! Ma 1ère pensée a été : « mais bien sûr que nous passons au moins 20 minutes avec nos enfants. » Mais soyons sincères : nos journées sont bien (trop?) remplies (entre travail, école, devoirs et tâches quotidiennes). On ne parle pas non plus du dîner pris en famille devant la télévision qui empêche la communication. Nos enfants ne méritent-ils pas de leur consacrer un minimum de temps ?

Partie 1 : Accueillir les émotions

Enfant en crise C’est la traduction du stress dans son cerveau. Coups et menaces stoppent les crises uniquement parce que l’enfant est figé, pas parce qu’il est calmé ! Changeons de perspective : le comportement de l’enfant est peut-être un symptôme ? Que se passe-t-il chez l’enfant ?

Pour l’aider à calmer le stress dans le cerveau : privilégier le contact physique, la tendresse, la respiration, lui proposer un verre d’eau. Pour affronter le stress de la vie quotidienne, un enfant entre 6 et 11 ans, a besoin de beaucoup de contacts physiques pour se recharger en dopamine, sérotonine, ocytocine (molécules de la joie, sérénité, du bonheur).

Enfant agressif C’est la réaction à un problème. L’enfant ne se dit pas « Je vais agresser mes copains ou mes parents ou mon frère parce qu’alors on s’occupera de moi ».

Pour pouvoir changer de comportement, il faut que le problème soit identifié et résolu. D’abord on calme le stress en donnant toutes sortes de manifestations d’attachement à notre enfant. Le parent est comparable à une station essence : c’est une base pour remplir le réservoir affectif de l’enfant et le recharger en molécules du bonheur !

Rien ne peut être changé, ni même analysé et compris, dans une atmosphère de tension et de défiance. La première étape est de faire en sorte que chacun, tant l’adulte que l’enfant, soit partenaire dans le changement.3

Face à l’agressivité, si le parent est fâché ou pire, s’il est distant ou ne prend pas le temps, le réservoir de l’enfant se vide induisant du stress, et donc de l’agressivité ou le retrait de l’enfant.

Un autre facteur à considérer est le sucre dans l’alimentation de l’enfant : ce n’est pas seulement un risque d’obésité, il perturbe aussi l’attention et peut rendre agressif.

En rage à la moindre frustration Toute la journée un enfant réprime ses émotions, et tout comme les mammifères, il ne se libère de ses tensions que face à sa figure d’attachement. Ce processus n’est pas conscient. L’enfant ne se dit pas « je vais exprimer mes tensions à ma maman » mais plutôt « je me sens protégé avec ma maman, je peux lui montrer mes émotions ».

Comme indiqué précédemment, il faut d’abord remplir le réservoir affectif de notre enfant, puis se demander quel est le traumatisme ou le souci à l’origine de cette accumulation de stress ? A nous d’explorer toutes les pistes : par exemple la mésentente du couple parental, la violence d’un parent, un décès, une naissance, l’injustice entre enfants etc.

Attirer l’attention 

Quand un enfant est inquiet, anxieux, ou se sent seul, exclu, ou simplement s’il s’ennuie, ses circuits cérébraux sont en détresse. Son cerveau a besoin d’ocytocine (…).4

Ne pas confondre ennui (imposé par une situation de contrainte) et inactivité (bénéfique pour le développement).

Sans attention du parent, le stress augmente dans le cerveau ce qui provoque une montée d’énergie (impulsion à bouger, courir, voir taper). A nous parents de nous rendre disponibles pour satisfaire le besoin de l’enfant. Si nous devons terminer une tâche, prenons quelques secondes et expliquons : « On dirait que tu t’ennuies ? Je termine ce que j’ai à faire et nous faisons un jeu ensemble si tu veux ? En attendant veux-tu faire un dessin / puzzle ? » (et surtout on s’y tient !)

Il ne nous viendrait pas à l’esprit de dire à notre enfant « tu as faim ? alors tu n’auras pas à manger » ou en d’autres termes « tu as besoin de moi ? mais je n’ai pas le temps pour toi ».

Punitions et isolement Mettre un enfant à l’isolement pour qu’il réfléchisse n’a pas de sens, puisqu’il en est seulement capable à partir de 13/14 ans. En cas de mauvais comportement, on ne s’éloigne pas de notre enfant pour qu’il comprenne qu’il a mal agit, mais on s’en rapproche et on fait preuve de tendresse (même si le poids de l’idéologie de masse nous impose de punir) :

(…) l’amour n’est pas une récompense, c’est un carburant.5

Petits soucis Quelle est notre réaction face à la perte d’une gomme ? à une dispute avec son ami(e) ? Prenons notre enfant au sérieux, montrons notre intérêt, sans résoudre le problème sinon nous l’empêchons de le démêler par lui-même. Et surtout pour ne pas lui faire perdre confiance en lui, laissons notre enfant s’exprimer librement, se plaindre s’il a un(des) souci(s). Il a le droit d’exprimer sa peine et n’est pas obligé d’afficher constamment un sourire pour plaire à tout prix à papa et maman.

Mon enfant veut toujours gagner C’est important pour restaurer son pouvoir personnel, parce qu’il se sent impuissant. Naturellement l’adulte est plus fort que l’enfant. Ce-dernier a donc besoin d’engranger un sentiment de puissance et compétence, pour prendre suffisamment d’assurance et apprendre ensuite à perdre face aux copains. Pour cela, les parents montrent comment on fait pour perdre ! Je ne suis pas en compétition avec mon enfant de 7 ou 11 ans.

A suivre Partie 2 : A chaque âge ses spécificités (avec des exemples et situations concrètes du quotidien)

J’espère sincèrement que les pistes développées par Isabelle FILLIOZAT vous seront utiles au quotidien, et surtout que cela aura suffisamment éveillé votre curiosité pour acheter le livre. A découvrir également :

J’ai tout essayé ! Pour traverser sans dommage la période de 1 à 5 ans

*Source : « Il me cherche ! » Comprendre ce qui se passe dans le cerveau de votre enfant entre 6 et 11 ans, Isabelle FILLIOZAT, Éditions Poche Marabout janvier 2016 – 1 : pages 25-26 – 2 : page 76 – 3 : page 39 – 4 : page 44 – 5 : page 50

A la découverte d’une forteresse !

Au printemps nous avons visité la forteresse de Salses-le-Château à l’occasion des « Historiades » (journées historiques avec animations et spectacles au sein de ce site).

Un peu d’Histoire

CONNAÎTRE LA FORTERESSE DE SALSES

Un verrou entre la Catalogne et la France. Construit à la fin du XVe siècle par Francisco Ramiro Lopez, grand architecte espagnol à l’emplacement de sources fort utiles en cas de siège, l’édifice garde l’ancienne frontière. Assiégée, prise et reprise en 1503, 1639, 1640, la place est définitivement conquise par les Français en 1642. Le traité des Pyrénées de 1659 redessine les territoires : moins stratégique, la forteresse perd alors de son importance. À partir de 1691, elle est partiellement restaurée par Vauban.*

Déroulement de notre visite

Nous avons voulu laisser les enfants libres lors de cette visite, afin de leur permettre de découvrir le site par eux-mêmes. Zoé (7 ans), pour l’occasion vêtue de sa robe et couronne de princesse (« maman, on va voir un château, il faut bien que je sois la princesse, c’est logique ! »), accompagnée de son cousin (5 ans) ont ainsi parcouru l’ensemble des pièces ouvertes à la visite.

Nous les avons suivis au gré de leurs envies et avons donné des explications si nécessaire lorsque nous y étions invités. N’oublions pas qu’un enseignement non sollicité ne génère pas un apprentissage, au contraire cela peut produire un obstacle à l’apprentissage car imposé à son interlocuteur (notion à voir notamment dans cet article)

Autres découvertes : des rapaces présentés lors d’une animation (les enfants ont pu les voir de près, mais pas assez longtemps à leur goût), un spectacle de mousquetaires qui les a inspirés pour un combat improvisé entre cousins, différents ateliers (jeux de société du Moyen-Âge, tirs à l’arbalète).

Bilan de cette journée : Les enfants ont pu découvrir un peu d’Histoire tout en suivant leurs envies. Ils se sont amusés et nous aussi ! En plus, cela nous a permis à tous d’apprendre.

Voici quelques photos supplémentaires :

              

*http://www.forteresse-salses.fr

Les apprentissages autonomes (partie 2)

2ème partie concernant Les apprentissages autonomes* ou comment les enfants s’instruisent sans enseignement (retrouvez la partie 1 juste ici!) inspirée de l’excellent ouvrage de John HOLT. A lire et à découvrir sans hésiter !

Apprenant de nature

Évoquant le sujet de l’école, l’auteur nous explique que lorsque l’apprentissage est une réussite, on dit généralement que c’est grâce à l’école, mais lorsqu’il échoue c’est la faute des élèves. Souvent on met une étiquette sur ces élèves qui échouent : ils ont un « trouble de l’apprentissage », étiquette populaire car elle concerne presque tous les cas d’échecs scolaires.

Or les recherches1 démontrent le lien évident entre ces « troubles de l’apprentissage » et le stress. Lorsque l’environnement est moins stressant, ces troubles disparaissent chez les étudiants.

Posons-nous la question du stress et de la pression que l’on met à nos enfants et ados à l’école, à la maison…

Les écoles présupposent que les enfants n’aiment pas apprendre à moins qu’on leur montre comment faire, en divisant les domaines prescrits en minuscules tâches, qu’il faut maîtriser une à la fois, toujours sur le modèle de la carotte et du bâton.

Or un enfant moteur et acteur de son apprentissage, aime apprendre. Il en redemande même ! C’est un apprenant de nature, il a besoin de découvrir et d’explorer un processus dans son ensemble, pour qu’il puisse l’intégrer dans son schéma mental. Apprendre c’est donner du sens aux choses.

Il est impossible d’être vivant et conscient sans être constamment en train d’apprendre. Nous recevons différents messages de notre environnement et sommes constamment en train d’expérimenter la réalité. Nous apprenons de toutes nos expériences, tout comme les enfants. Vivre c’est apprendre !

John HOLT en tant qu’enseignant en a conclu que l’apprentissage n’est pas le produit de l’enseignement. Arrêtons de nous accrocher à l’idée que plus on enseigne, plus l’enfant va apprendre. En effet, les enfants créent eux-mêmes l’apprentissage et le savoir : ils observent, pensent, testent en permanence et sont bien meilleurs que nous, les adultes. L’idée même que nous pourrions envisager d’enseigner aux enfants comment apprendre, paraît absurde.

Donner du sens au monde, faire ses propres connexions

C’est à nous de mettre à disposition des enfants les ressources facilitant les découvertes. Nous devons créer des conditions favorables au processus de découverte et donc de l’apprentissage. Oui, mais quelles sont ces conditions, ces ressources que nous devons mettre à disposition de nos enfants?

Le temps, le plaisir, la liberté et l’absence de pression

Ainsi à l’école, on demande souvent aux enfants de répéter comme quelque chose de logique, quelque chose qui ne leur semble pas du tout logique, au point qu’ils renoncent à réconcilier ce que disent les gens sur le monde et ce qu’ils ressentent réellement de ce monde. Ils acceptent comme une vérité tout ce que l’autorité dit être la vérité. Ils n’essaient plus de vérifier ou de tester.2

On les a ainsi privés de leur instinct et leur élan naturel d’apprendre. N’oublions pas que les enfants ne peuvent pas passer d’un coup de l’ignorance à la connaissance. Ils n’acquièrent pas le savoir, ils le créent.

John HOLT explique que les enseignants en évaluant, comptant ce que font les enfants, viennent à penser que ces nombres sont plus réels que les enfants eux-mêmes. Ils oublient de regarder les enfants et comment les regarder. Les enfants résistent à cette attraction permanente, car leur ligne directrice dans la vie est de trouver et donner du sens au monde. Ce n’est pas une faiblesse, mais une force !

Vaste programme en perspective ! Pour notre part, la vision de John HOLT fait sens. Nous nous sommes reconnus dans beaucoup de points abordés et espérons être de bons accompagnants pour nos filles sur ce chemin, afin qu’elles aient confiance en elle, qu’elles soient épanouies et libres de penser !

 

*Source : Les apprentissages autonomes, Comment les enfants s’instruisent sans enseignement, John HOLT, Éditions l’Instant Présent février 2014 – 1 : page 39 – 2 : page 57