Comprendre nos enfants entre 6 et 11 ans (partie 2)

A la suite de notre 1er article (juste ici), découvrons ensemble comment décrypter le cerveau de nos enfants à l’aide de l’excellent ouvrage d’Isabelle FILLIOZAT : « Il me cherche ! » Comprendre ce qui se passe dans le cerveau de votre enfant entre 6 et 11 ans*

Partie 2 : A chaque âge ses spécificités

6 – 7 ans

Histoires imaginaires Avant 7 ans, on ne parle pas de mensonges. Si l’enfant a par exemple un ami imaginaire, cela signifie qu’il projette certaines parties de lui-même. Laissons lui le temps, il les intègrera peu à peu.

Il me ment L’enfant veut à tout prix faire plaisir et donne la réponse attendue car il sent que ça nous calmera, même s’il faut mentir. Après 7 ans, il veut être le meilleur, et si besoin blâmera l’autre car il a besoin de protéger son image de lui-même, les accusations et critiques étant trop douloureuses. Pour lui éviter de mentir, abstenons nous de lui faire honte ou peur, restons une personne de confiance, à qui il peut se confier !

Apprendre par imitation Soyons vigilants à nos comportements au quotidien car l’enfant nous imite (on est beaucoup sur les écrans? il en demandera également. Avons-nous tendance à crier? à mentir? Nos comportements conditionnent les réactions de nos enfants).

7 ans

Ils ne font rien à la maison Faire ensemble des tâches utiles nourrit notre sentiment d’appartenance, d’être utile et entretient l’estime de soi.

Manger toujours la même chose Cela est dû à un conflit intérieur. L’enfant ne se dit pas « je vais embêter maman en refusant sa nourriture » : il est mal, a un souci dans son cœur et a peut-être l’intestin noué. A nous d’explorer les pistes pour découvrir ce qui se cache derrière ce refus de nourriture.

Exemples de sujets abordés par Isabelle FILLIOZAT : entre autres il fait pipi au lit, elle veut un soutien-gorge, et bien d’autres exemples !

8 ans

Il court partout ou fait n’importe quoi Nous avons vu dans notre 1er article que l’ennui induit le stress. Donner une orientation constructive à son enfant est bien plus efficace que de le réprimander. Confions lui des missions au quotidien.

Mentir à ses copains Si l’enfant recourt à ces stratégies, il le fait pour rehausser son statut social. Écoutons et analysons la situation de notre enfant. Peut-être que son intégration sociale n’est pas aussi facile que ce qu’il nous raconte…

Punitions Elles sont contre-productives, notamment chez les garçons qui en sont fiers face aux copains. Elles n’améliorent pas la situations alors regardons tout cela depuis le paradigme de l’attachement (notion évoquée dans notre article précédent). Si l’enfant semble ne pas écouter, il nous observe néanmoins et se construit. A nous de montrer l’exemple. Les résultats seront visibles sur le long terme.

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Si les punitions éduquaient, il y a belle lurette que l’espèce humaine ne commettrait plus de crime. En fait les punitions ne sont pas tout à fait inefficaces. Elles sont d’une grande efficacité… sur le soulagement du punisseur qui a ainsi le sentiment de reprendre le contrôle de la situation.1

Récompenses Elles démotivent, et encouragent uniquement sur le court terme. Offrir un salaire pour une action, revient à dire que cette dernière n’a aucune valeur. La récompense agit même comme une punition lorsque l’enfant ne l’obtient pas.

9 ans

Abandon de chaque activité (sport etc) Il faut inciter l’enfant à nous parler de ce qui se passe, identifier les vraies raisons qui le poussent à se détourner de ses activités.

TICS Au cours du développement du cerveau, 1 enfant sur 5 traverse une phase de TICS sans suite. Ces-derniers peuvent être aggravés par la fatigue, le stress, la répression émotionnelle et l’alimentation.

10 ans

On ne peut lui faire confiance Isabelle FILLIOZAT prend l’exemple d’un garçon faisant du vélo avec son ami. Il est tenté de transgresser les limites imposées. La transgression produit de l’excitation. Par ailleurs son statut social est en jeu. Comment aider notre enfant? En parler avec lui, induire un processus de réflexion et de prise en charge de son problème.

Il ne cesse de faire ce qui est interdit L’interdit incite à la transgression, l’enfant ne réfléchit pas à la situation. Se rebeller contre l’autorité, se sentir « libre » ne sont pas des attributs de mauvais garçons/filles, mais concernent tous les humains. Les interdits focalisent l’attention sur le comportement problème, alors que les règles et les permissions focalisent sur le comportement désiré. Essayons de reformuler les phrases en termes de permissions, d’informations.

L’enfant déteste les limites, mais adore les règles La vie en communauté nécessité des règles, un cadre qui ne nous imposent pas des limites, mais permettent l’organisation. Il n’est pas question pour les parents de faire ce qu’ils défendent à l’enfant. Sinon l’interdit sera associé à un sentiment d’impuissance et d’infériorité. En cas de transgression des règles, on en parle en famille, sans jugement ni « tribunal ».

Il fait comme s’il n’entendait pas Avons-nous compté combien d’ordres un enfant reçoit au cours d’une journée? La soumission aux ordres est importante en cas d’urgence (danger). En dehors les ordres sont contre-productifs. Il faut mobiliser le cerveau frontal de l’enfant en attirant son attention sur l’objet à déplacer (par exemple), sans ordre, ni phrase et rester bref pour gagner en efficacité et sérénité.

Félicitations = récompenses Elles ne donnent pas confiance, mais développent le narcissisme. Essayons plutôt de décrire ce qu’on apprécie chez l’enfant (son action) pour développer le sentiment de confiance en soi. Pour lui permettre de vivre sa fierté, demandons lui, par exemple, ce qui lui a fait plaisir dans telle ou telle situation.

11 ans

Il jette ses affaires n’importe où 

Accusations et recherches du coupable gaspillent notre énergie. Nous avons vu que les ordres ne sont pas plus efficaces. Alors? Décrire simplement ce que nous voyons nous évite de prendre un ton coléreux, ne mobilise donc ni notre propre amygdale, ni celle de l’enfant et guide son attention vers le problème.2

L’enfant va donc réfléchir par lui-même et prendre la décision appropriée.

Jeux en ligne violents Ces jeux sont excitants pour les enfants. L’addiction n’est pas seulement réservée aux enfants dépressifs ou à problème. Le contrôle parental est donc indispensable. Isabelle FILLIOZAT conseille de placer l’ordinateur dans une pièce commune, et sans casque, de rester attentifs et surtout de rechercher d’autres activités et sources de satisfaction.

Conclusion

Donner de l’amour nous en remplit !3

Si les enfants nous frustrent, ils ne le font pas intentionnellement pour nous provoquer ou nous énerver. Ils vivent juste leur vie. Essayons de ne pas réagir exagérément (ne pas projeter notre stress sur l’enfant) et de montrer l’exemple : je ne peux pas reprocher à mon enfant de faire des crises, si je ne suis pas capable de maîtriser mes nerfs. Nous sommes donc responsables de notre conduite vis à vis de nos enfants, quelle que soit la manière dont eux se conduisent. Isabelle FILLIOZAT développe d’avantage ce point dans son livre, sans culpabiliser les parents. Alors n’hésitez plus, et lisez le !

*Source : « Il me cherche ! »Comprendre ce qui se passe dans le cerveau de votre enfant entre 6 et 11 ans, Isabelle FILLIOZAT, Éditions Poche Marabout janvier 2016 – 1 : page 126 – 2 : page 165 – 3 : page 178

Comprendre nos enfants entre 6 et 11 ans (partie 1)

Cet article se base sur l’excellent livre d’Isabelle FILLIOZAT (psychothérapeute, à retrouver dans nos sources d’inspiration juste ici) : « Il me cherche ! » Comprendre ce qui se passe dans le cerveau de votre enfant entre 6 et 11 ans*, dans lequel elle nous donne différentes clés de compréhension. Quand on comprend ce qui se passe, il nous est plus facile d’agir de manière pertinente et efficace ! Son livre est un projet pédagogique qui décrit différentes situations du quotidien, la manière dont l’enfant ressent cette situation, ce qui se passe dans son cerveau, et comment nous pouvons agir.

Très facile à lire, cet ouvrage permet véritablement de décrypter le message de l’enfant et d’identifier son besoin. J’ai pu immédiatement le mettre en pratique, et comprendre certaines émotions et réactions de Zoé (7 ans) puis essayer d’y répondre de manière adéquate. Cela a également permis d’éviter certains conflits avec Cathy (sa grande sœur, 14 ans) et avec nous, les parents, quand on comprend ce qui se passe dans le cerveau !

⇒ L’enfant n’est pas un adulte en miniature. Or nous avons tendance à reprocher à notre enfant de ne pas se comporter en adulte. Nous attendons de nos enfants des comportements qui ne sont pas de leur âge.

Parce qu’on ne connaissait que très peu de choses sur le cerveau, nos ancêtres, nos parents, ont pu croire à l’innocuité de l’éducation par la crainte. C’est maintenant prouvé, l’exposition au stress au cours du développement, perturbant les niveaux d’hormones, entraîne des modifications de la structure du cerveau. […] il est urgent de choisir un mode éducatif non-violent.1

⇒ Les émotions ne sont que des émotions qui surgissent et qui passent, pourtant elles nous inquiètent et nous désarment. Nous avons juste à les écouter et les accueillir.2

L’une des principales clés données par Isabelle FILLIOZAT est la véritable attention : l’auteure indique qu’il est essentiel de passer entre 10 et 20 minutes par jour avec nos enfants. Il s’agit d’une attention à 100%, sans penser à la liste de courses, au travail, au ménage qu’il reste à faire etc. Quand le cœur n’y est pas, cela se ressent. Cela m’a particulièrement interpellé ! Ma 1ère pensée a été : « mais bien sûr que nous passons au moins 20 minutes avec nos enfants. » Mais soyons sincères : nos journées sont bien (trop?) remplies (entre travail, école, devoirs et tâches quotidiennes). On ne parle pas non plus du dîner pris en famille devant la télévision qui empêche la communication. Nos enfants ne méritent-ils pas de leur consacrer un minimum de temps ?

Partie 1 : Accueillir les émotions

Enfant en crise C’est la traduction du stress dans son cerveau. Coups et menaces stoppent les crises uniquement parce que l’enfant est figé, pas parce qu’il est calmé ! Changeons de perspective : le comportement de l’enfant est peut-être un symptôme ? Que se passe-t-il chez l’enfant ?

Pour l’aider à calmer le stress dans le cerveau : privilégier le contact physique, la tendresse, la respiration, lui proposer un verre d’eau. Pour affronter le stress de la vie quotidienne, un enfant entre 6 et 11 ans, a besoin de beaucoup de contacts physiques pour se recharger en dopamine, sérotonine, ocytocine (molécules de la joie, sérénité, du bonheur).

Enfant agressif C’est la réaction à un problème. L’enfant ne se dit pas « Je vais agresser mes copains ou mes parents ou mon frère parce qu’alors on s’occupera de moi ».

Pour pouvoir changer de comportement, il faut que le problème soit identifié et résolu. D’abord on calme le stress en donnant toutes sortes de manifestations d’attachement à notre enfant. Le parent est comparable à une station essence : c’est une base pour remplir le réservoir affectif de l’enfant et le recharger en molécules du bonheur !

Rien ne peut être changé, ni même analysé et compris, dans une atmosphère de tension et de défiance. La première étape est de faire en sorte que chacun, tant l’adulte que l’enfant, soit partenaire dans le changement.3

Face à l’agressivité, si le parent est fâché ou pire, s’il est distant ou ne prend pas le temps, le réservoir de l’enfant se vide induisant du stress, et donc de l’agressivité ou le retrait de l’enfant.

Un autre facteur à considérer est le sucre dans l’alimentation de l’enfant : ce n’est pas seulement un risque d’obésité, il perturbe aussi l’attention et peut rendre agressif.

En rage à la moindre frustration Toute la journée un enfant réprime ses émotions, et tout comme les mammifères, il ne se libère de ses tensions que face à sa figure d’attachement. Ce processus n’est pas conscient. L’enfant ne se dit pas « je vais exprimer mes tensions à ma maman » mais plutôt « je me sens protégé avec ma maman, je peux lui montrer mes émotions ».

Comme indiqué précédemment, il faut d’abord remplir le réservoir affectif de notre enfant, puis se demander quel est le traumatisme ou le souci à l’origine de cette accumulation de stress ? A nous d’explorer toutes les pistes : par exemple la mésentente du couple parental, la violence d’un parent, un décès, une naissance, l’injustice entre enfants etc.

Attirer l’attention 

Quand un enfant est inquiet, anxieux, ou se sent seul, exclu, ou simplement s’il s’ennuie, ses circuits cérébraux sont en détresse. Son cerveau a besoin d’ocytocine (…).4

Ne pas confondre ennui (imposé par une situation de contrainte) et inactivité (bénéfique pour le développement).

Sans attention du parent, le stress augmente dans le cerveau ce qui provoque une montée d’énergie (impulsion à bouger, courir, voir taper). A nous parents de nous rendre disponibles pour satisfaire le besoin de l’enfant. Si nous devons terminer une tâche, prenons quelques secondes et expliquons : « On dirait que tu t’ennuies ? Je termine ce que j’ai à faire et nous faisons un jeu ensemble si tu veux ? En attendant veux-tu faire un dessin / puzzle ? » (et surtout on s’y tient !)

Il ne nous viendrait pas à l’esprit de dire à notre enfant « tu as faim ? alors tu n’auras pas à manger » ou en d’autres termes « tu as besoin de moi ? mais je n’ai pas le temps pour toi ».

Punitions et isolement Mettre un enfant à l’isolement pour qu’il réfléchisse n’a pas de sens, puisqu’il en est seulement capable à partir de 13/14 ans. En cas de mauvais comportement, on ne s’éloigne pas de notre enfant pour qu’il comprenne qu’il a mal agit, mais on s’en rapproche et on fait preuve de tendresse (même si le poids de l’idéologie de masse nous impose de punir) :

(…) l’amour n’est pas une récompense, c’est un carburant.5

Petits soucis Quelle est notre réaction face à la perte d’une gomme ? à une dispute avec son ami(e) ? Prenons notre enfant au sérieux, montrons notre intérêt, sans résoudre le problème sinon nous l’empêchons de le démêler par lui-même. Et surtout pour ne pas lui faire perdre confiance en lui, laissons notre enfant s’exprimer librement, se plaindre s’il a un(des) souci(s). Il a le droit d’exprimer sa peine et n’est pas obligé d’afficher constamment un sourire pour plaire à tout prix à papa et maman.

Mon enfant veut toujours gagner C’est important pour restaurer son pouvoir personnel, parce qu’il se sent impuissant. Naturellement l’adulte est plus fort que l’enfant. Ce-dernier a donc besoin d’engranger un sentiment de puissance et compétence, pour prendre suffisamment d’assurance et apprendre ensuite à perdre face aux copains. Pour cela, les parents montrent comment on fait pour perdre ! Je ne suis pas en compétition avec mon enfant de 7 ou 11 ans.

A suivre Partie 2 : A chaque âge ses spécificités (avec des exemples et situations concrètes du quotidien)

J’espère sincèrement que les pistes développées par Isabelle FILLIOZAT vous seront utiles au quotidien, et surtout que cela aura suffisamment éveillé votre curiosité pour acheter le livre. A découvrir également :

J’ai tout essayé ! Pour traverser sans dommage la période de 1 à 5 ans

*Source : « Il me cherche ! » Comprendre ce qui se passe dans le cerveau de votre enfant entre 6 et 11 ans, Isabelle FILLIOZAT, Éditions Poche Marabout janvier 2016 – 1 : pages 25-26 – 2 : page 76 – 3 : page 39 – 4 : page 44 – 5 : page 50

A la découverte d’une forteresse !

Au printemps nous avons visité la forteresse de Salses-le-Château à l’occasion des « Historiades » (journées historiques avec animations et spectacles au sein de ce site).

Un peu d’Histoire

CONNAÎTRE LA FORTERESSE DE SALSES

Un verrou entre la Catalogne et la France. Construit à la fin du XVe siècle par Francisco Ramiro Lopez, grand architecte espagnol à l’emplacement de sources fort utiles en cas de siège, l’édifice garde l’ancienne frontière. Assiégée, prise et reprise en 1503, 1639, 1640, la place est définitivement conquise par les Français en 1642. Le traité des Pyrénées de 1659 redessine les territoires : moins stratégique, la forteresse perd alors de son importance. À partir de 1691, elle est partiellement restaurée par Vauban.*

Déroulement de notre visite

Nous avons voulu laisser les enfants libres lors de cette visite, afin de leur permettre de découvrir le site par eux-mêmes. Zoé (7 ans), pour l’occasion vêtue de sa robe et couronne de princesse (« maman, on va voir un château, il faut bien que je sois la princesse, c’est logique ! »), accompagnée de son cousin (5 ans) ont ainsi parcouru l’ensemble des pièces ouvertes à la visite.

Nous les avons suivis au gré de leurs envies et avons donné des explications si nécessaire lorsque nous y étions invités. N’oublions pas qu’un enseignement non sollicité ne génère pas un apprentissage, au contraire cela peut produire un obstacle à l’apprentissage car imposé à son interlocuteur (notion à voir notamment dans cet article)

Autres découvertes : des rapaces présentés lors d’une animation (les enfants ont pu les voir de près, mais pas assez longtemps à leur goût), un spectacle de mousquetaires qui les a inspirés pour un combat improvisé entre cousins, différents ateliers (jeux de société du Moyen-Âge, tirs à l’arbalète).

Bilan de cette journée : Les enfants ont pu découvrir un peu d’Histoire tout en suivant leurs envies. Ils se sont amusés et nous aussi ! En plus, cela nous a permis à tous d’apprendre.

Voici quelques photos supplémentaires :

              

*http://www.forteresse-salses.fr

Les apprentissages autonomes (partie 2)

2ème partie concernant Les apprentissages autonomes* ou comment les enfants s’instruisent sans enseignement (retrouvez la partie 1 juste ici!) inspirée de l’excellent ouvrage de John HOLT. A lire et à découvrir sans hésiter !

Apprenant de nature

Évoquant le sujet de l’école, l’auteur nous explique que lorsque l’apprentissage est une réussite, on dit généralement que c’est grâce à l’école, mais lorsqu’il échoue c’est la faute des élèves. Souvent on met une étiquette sur ces élèves qui échouent : ils ont un « trouble de l’apprentissage », étiquette populaire car elle concerne presque tous les cas d’échecs scolaires.

Or les recherches1 démontrent le lien évident entre ces « troubles de l’apprentissage » et le stress. Lorsque l’environnement est moins stressant, ces troubles disparaissent chez les étudiants.

Posons-nous la question du stress et de la pression que l’on met à nos enfants et ados à l’école, à la maison…

Les écoles présupposent que les enfants n’aiment pas apprendre à moins qu’on leur montre comment faire, en divisant les domaines prescrits en minuscules tâches, qu’il faut maîtriser une à la fois, toujours sur le modèle de la carotte et du bâton.

Or un enfant moteur et acteur de son apprentissage, aime apprendre. Il en redemande même ! C’est un apprenant de nature, il a besoin de découvrir et d’explorer un processus dans son ensemble, pour qu’il puisse l’intégrer dans son schéma mental. Apprendre c’est donner du sens aux choses.

Il est impossible d’être vivant et conscient sans être constamment en train d’apprendre. Nous recevons différents messages de notre environnement et sommes constamment en train d’expérimenter la réalité. Nous apprenons de toutes nos expériences, tout comme les enfants. Vivre c’est apprendre !

John HOLT en tant qu’enseignant en a conclu que l’apprentissage n’est pas le produit de l’enseignement. Arrêtons de nous accrocher à l’idée que plus on enseigne, plus l’enfant va apprendre. En effet, les enfants créent eux-mêmes l’apprentissage et le savoir : ils observent, pensent, testent en permanence et sont bien meilleurs que nous, les adultes. L’idée même que nous pourrions envisager d’enseigner aux enfants comment apprendre, paraît absurde.

Donner du sens au monde, faire ses propres connexions

C’est à nous de mettre à disposition des enfants les ressources facilitant les découvertes. Nous devons créer des conditions favorables au processus de découverte et donc de l’apprentissage. Oui, mais quelles sont ces conditions, ces ressources que nous devons mettre à disposition de nos enfants?

Le temps, le plaisir, la liberté et l’absence de pression

Ainsi à l’école, on demande souvent aux enfants de répéter comme quelque chose de logique, quelque chose qui ne leur semble pas du tout logique, au point qu’ils renoncent à réconcilier ce que disent les gens sur le monde et ce qu’ils ressentent réellement de ce monde. Ils acceptent comme une vérité tout ce que l’autorité dit être la vérité. Ils n’essaient plus de vérifier ou de tester.2

On les a ainsi privés de leur instinct et leur élan naturel d’apprendre. N’oublions pas que les enfants ne peuvent pas passer d’un coup de l’ignorance à la connaissance. Ils n’acquièrent pas le savoir, ils le créent.

John HOLT explique que les enseignants en évaluant, comptant ce que font les enfants, viennent à penser que ces nombres sont plus réels que les enfants eux-mêmes. Ils oublient de regarder les enfants et comment les regarder. Les enfants résistent à cette attraction permanente, car leur ligne directrice dans la vie est de trouver et donner du sens au monde. Ce n’est pas une faiblesse, mais une force !

Vaste programme en perspective ! Pour notre part, la vision de John HOLT fait sens. Nous nous sommes reconnus dans beaucoup de points abordés et espérons être de bons accompagnants pour nos filles sur ce chemin, afin qu’elles aient confiance en elle, qu’elles soient épanouies et libres de penser !

 

*Source : Les apprentissages autonomes, Comment les enfants s’instruisent sans enseignement, John HOLT, Éditions l’Instant Présent février 2014 – 1 : page 39 – 2 : page 57

Les apprentissages autonomes (partie 1)

Après avoir participé à une réunion sur les écoles démocratiques (on vous parle de notre parcours personnel par ici), ce fut une véritable découverte pour nous de considérer que l’enfant peut être moteur et acteur de son savoir !

Contrairement à ce que nous pensions jusqu’à présent, l’apprentissage n’est pas le produit de l’enseignement… Remise en question totale pour nous en tant que parents quant à l’éducation prodiguée à nos enfants. Et oui, pour nous, il n’y avait pas d’autre choix envisageable : l’école est un passage obligé pour apprendre et devenir un adulte responsable et cultivé, non ? Idéologie de masse, quand tu nous tiens…

Pour en revenir à l’ouvrage* de John HOLT (enseignant, travaux et conférences en sciences de l’éducation, universités de Harvard et de Berkeley, acteur incontournable des réseaux de « unschooling »), c’est incontestablement une révélation pour moi ! Je le recommande à tous les parents (que vos enfants soient scolarisés ou non). Je suis allée de découverte en découverte, tout cela me paraissait cohérent et logique au fur et à mesure de ma lecture. Je pense que chacun pourra s’y retrouver. (Ce livre et bien d’autres tout aussi passionnants sont à retrouver dans nos sources d’inspiration : allez-y c’est par ici!)

Voici une (toute petite) partie des points abordés par John HOLT :

 Ce que peuvent faire (ou ne pas faire) les parents

  • Apprentissages non sollicités

Le seul avantage que nous, adultes, ayons sur les enfants est d’avoir vécu plus longtemps. C’est donc à nous de rendre le monde et ses habitants plus accessibles aux enfants ! Les enfants aiment et recherchent le contact avec les autres (pas uniquement avec des enfants d’ailleurs. Les échanges intergénérationnels restent très importants).

Lorsqu’un enfant nous pose une question, évitons d’en faire trop. Il attend une réponse claire et précise. Si toutefois nous n’avons pas la réponse, pas de panique ! Il suffit de le dire : « je n’ai pas la réponse à ta question, mais on va la trouver en demandant à l’un ou l’autre, ou en faisant des recherches. »

Pour les plus réticents d’entre vous, qui estiment qu’il est INDISPENSABLE de faire des leçons de toutes choses (« on m’a posé une question sur un sujet que je connais, il FAUT bien que j’explique TOUT ce que je sais! ») il faut savoir que d’un enseignement non sollicité ne découlera pas un apprentissage, au contraire cela peut produire un obstacle à l’apprentissage car imposé à son interlocuteur… Refrénons cette impulsion et ce besoin d’expliquer les choses. Si l’enfant veut en savoir plus, il le demandera. Si, si je vous l’assure !

  • L’enseignement est une science naturelle

John HOLT a constaté que la capacité d’observation attentive et patiente nécessaire pour respecter le rythme de l’apprentissage de l’enfant, ne se retrouve pas chez tous les enseignants et est davantage présente chez les parents grâce à l’amour et l’intérêt qu’ils portent naturellement à leur enfant. Quand on essaie d’interférer, de changer ou de diriger le style et le rythme d’apprentissages, on les ralentie ou on les stoppe.

L’enfant a besoin de comprendre seul. Évitons d’intervenir sauf s’il met sa vie en danger. Alors il prend confiance dans sa capacité à comprendre les choses par lui-même.

Apprendre pas plus que respirer n’est un acte volontaire. C’est dans leur nature ! Nos inquiétudes sur les apprentissages éteignent les apprentissages des enfants.

  • Accro aux félicitations

Beaucoup d’enfants font preuve de cynisme au sujet des louanges et en sont dépendants tout à la fois. C’est le pire mélange qui soit. Souvent les ados pensent : « Les gens me félicitent juste pour obtenir ce qu’ils veulent ».

Le problème des motivations extérieures négatives (mauvaises notes, remarques négatives des parents, enseignants ou camarades…) ou positives (bonnes notes, compliments…) est qu’ils écrasent la motivation interne, cet élan naturel. Les récompenses et félicitations seront également abordées dans l’un de nos prochains articles consacré aux travaux d’Isabelle FILLIOZAT.

  • Mais alors que faire ?

Ce que les enfants veulent et ont besoin de notre part c’est une attention authentique : les remarquer, les prendre au sérieux, les soutenir et les accompagner, sans pour autant leur parler de manière professorale.

Mission difficile pour nous les parents, me direz-vous !

Mais sincèrement, n’est-ce pas la plus belle des missions qui soit : apprendre et grandir ensemble ?

A suivre partie 2Apprenant de nature. En attendant, retrouvez cet ouvrage et bien d’autres sur le site des Éditions l’Instant Présent.

*Source : Les apprentissages autonomes, Comment les enfants s’instruisent sans enseignement, John HOLT, Éditions l’Instant Présent février 2014

IEF et apprentissage informel

Le livre de Claudia RENAU, L’apprentissage informel expliqué à mon inspecteur* (à retrouver dans nos sources d’inspiration ici) nous a permis d’approfondir notre réflexion sur les apprentissages informels et autonomes. Elle aborde également le sujet (souvent angoissant) du contrôle annuel des familles en IEF (Instruction En Famille) par l’Éducation Nationale.

Dans son ouvrage, l’auteure démontre la légitimité (oui, oui l’instruction en famille est un droit) et l’efficacité des apprentissages informels et non-contraints, en se basant sur des réflexions et recherches universitaires de spécialistes en sciences de l’éducation, ainsi que des témoignages de familles qui expérimentent ce mode de vie.

Qui est Claudia RENAU ?

Enseignante d’histoire et de géographie dans le secondaire pendant 10 ans, elle est ensuite devenue formatrice pour futurs enseignants à l’IUFM de Paris.

Désormais éditrice, active dans les réseaux de l’instruction en famille et passionnée par l’efficacité des apprentissages autonomes et informels, elle propose un livre reliant ces deux univers qui paraissent pourtant opposés.

A mon sens, il est particulièrement intéressant d’avoir la vision de personnes issues du milieu de l’enseignement, sur l’apprentissage informel qui est en opposition à l’apprentissage imposé/contraint (que nous avons expérimenté pendant notre scolarité).

C’est quoi l’apprentissage informel ?

Parmi les modalités non scolaires, il existe l’apprentissage informel. C’est tout simplement un apprentissage sans démarche consciente ou explicite. Citons comme exemples qui nous concernent tous : la marche, le langage, l’empathie, notre façon de vivre…

Il prend place dans un environnement riche et varié (parents, société, monde). Tout est « une porte d’entrée vers des apprentissages car tout est relié : reconnaître les plantes dans la nature permet d’aborder la biologie mais aussi le langage, la géographie (…). Confectionner un gâteau, c’est faire des mesures (…) calculer des proportions (…). Suivre un itinéraire (…) permet d’acquérir le sens de l’orientation »1. On est avant tout dans une démarche interactive parents-enfants, et je dirais même enfants-vers le monde qui l’entoure.

Ce type d’apprentissage permet de préserver des connaissances pérennes et bien assimilées, accompagnées d’une aisance et rapidité par rapport aux règles apprises artificiellement (et dans la contrainte !)

L’école survalorise le métalangage, le discours sur le langage. Par exemple, lorsqu’on demande à un enfant de 8 ans de conjuguer un verbe au présent, le savoir testé porte sur les termes « conjuguer » « verbe » et « présent », et pas au savoir effectif. En effet, un enfant de 8 ans sait parler et sait donc conjuguer de fait.2

« Apprentissage informel ne s’oppose pas à formel, mais à apprentissage contraint »3. L’enfant est le moteur de ses apprentissages, il explore, expérimente. C’est ce qu’on appelle : apprentissages autonomes.

Le rôle des parents

Il est important de ne pas avoir d’attentes, ni de vérifier ou de tester l’enfant « Comment as-tu appris ceci ? Sais-tu ce qu’est cela ?».  En effet, en tant qu’adulte nous avons l’impression de devoir constamment instruire nos enfants. D’ailleurs « quand un adulte pose une question, il enseigne, quand un enfant pose une question, il apprend. »4. Sachons simplement et en toute humilité répondre de manière claire et précise à notre enfant, quand nous y sommes invités et sans en faire de trop.

Il ne s’agit pas non plus de l’obliger ou le contraindre à apprendre, mais lâcher prise et FAIRE CONFIANCE à son enfant (vaste programme !) Tout cela préserve la confiance en soi de l’enfant et le plaisir de la découverte, l’appétit d’explorer ! Le plaisir et la joie intense lorsqu’il réussit par lui-même !

D’après les spécialistes en sciences de l’éducation5, il est nécessaire de se baser sur la motivation à apprendre de l’enfant (oui, oui un enfant est motivé par son apprentissage), celui-ci étant ainsi acteur et constructeur de son savoir. Que faire ?

  • Proposer des activités qui font sens
  • Consacrer du temps
  • Ne pas enfermer des enfants du même âge dans des groupes/classes, pour éviter la compétition et la mésestime de soi, les notes ne servant qu’à classer, et non à apprendre.

Préserver le goût et l’enthousiasme d’apprendre tout au long de sa vie 

Il ressort des travaux universitaires et des témoignages6 qu’on apprend facilement quand on est prêt pour un apprentissage car il fait sens pour nous. Ainsi l’apprentissage à contretemps est un apprentissage inutile. A nouveau un exemple qui nous concerne tous : à l’école, à part les sujets qui nous ont passionnés, ou qui nous sont utiles dans notre quotidien (travail etc.), nous n’avons que peu de souvenirs de tous les apprentissages purement scolaires. Et oui, les élèves ont des connaissances à l’instant T, au moment du contrôle, et oublient rapidement ce qui ne leur est pas utile.

On pourrait se dire, certes ces connaissances sont oubliées, mais cet enseignement a servi à donner de bonnes habitudes de raisonnement. Or quand on observe un enfant, il a de façon spontanée des bonnes habitudes de raisonnement, à condition de l’avoir laissé grandir et découvrir à son rythme, avec confiance et sans peurs.

Il vaut mieux apprendre les éléments pointus au moment où on en a réellement besoin (pas forcément à l’âge imposé par un programme, mais cela peut être bien plus tard), sinon ils seront vite oubliés. Encore un exemple concret : le calcul de l’aire semble bien abstrait pour nos collégiens ou lycéens, or ce calcul s’avère indispensable pour peindre une pièce.

Il en va de même dans le monde du travail : Comment acquiert-on les nouveaux savoirs ?7

  • 70% par les activités, les expériences et la résolution de problèmes
  • 20% par les contacts et les interactions avec les autres
  • 10% par la formation formelle et la lecture

On apprend vite quand c’est le bon moment, et quand on est intéressé !

Contrôle annuel de l’Éducation Nationale

Les familles en IEF sont contrôlées, en général une fois par an, par l’Éducation Nationale, le contrôle ayant pour but de « vérifier que l’enseignement assuré est conforme au droit de l’enfant à l’instruction ». En théorie, ce ne sont donc pas les résultats de l’instruction qui seront contrôlés, mais bien les moyens mis en place pour cette instruction.

L’objectif, selon Claudia RENAU, est d’avoir un dialogue constructif entre les parents et la personne en charge du contrôle (ce qui n’est malheureusement pas toujours évident, au vu des témoignages que j’ai pu découvrir). La famille peut faire un compte-rendu sur les activités faites dans l’année, sorties et ressources utilisées, sur les éléments abordés en utilisant éventuellement la grille des compétences et connaissances comme base de présentation.

Par ailleurs, lors de ce contrôle, il est prévu entre autres l’observation des travaux réalisés par l’enfant avec un entretien. Cependant il faut être conscient que les questions posées par l’inspecteur peuvent être intrusives : un enfant moteur de son rythme et de ses sujets d’apprentissages, n’est pas habitué à restituer de façon artificielle. Cela n’a pas de sens pour l’enfant, quand il connait une chose, il la connait pour lui, pas pour autrui.

Pour conclure, je vous recommande sans hésiter le livre de Claudia RENAU qui permet de comprendre d’avantage l’univers passionnant de l’IEF et des apprentissages. On retrouve également de nombreux conseils et témoignages (notamment sur le déroulement des contrôles pédagogiques) sur les blogs spécialisés, notamment celui d’Isa LISE Apprendre avec bonheur avec un article consacré à ce sujet juste ici.

A présent place au plaisir d’apprendre !

*Source : L’apprentissage informel expliqué à mon inspecteur, Claudia RENAU, Éditions l’Instant Présent juin 2012 – 1 : page 10 – 2 : page 32 – 3 : page 10 – 4 : page 30 – 5 : pages 12 à 20 – 6 : page 27 – 7 : page 20

IEF, un choix qui fait peur ?

L’entourage est souvent inquiet, voire désapprouve le choix de l’instruction en famille (pour savoir pourquoi nous avons choisi l’IEF, retrouvez notre 1er article). Quelles peuvent être ces inquiétudes ?

Comment allez-vous faire pour sociabiliser vos enfants s’ils ne vont pas à l’école ? Un enfant sans école n’a pas de vie sociale…

Tout d’abord, il n’est pas naturel de côtoyer uniquement des enfants du même âge, en les regroupant par classe ou groupe d’âge, favorisant notamment l’esprit de compétition. Dans la « vraie vie », nous vivons au quotidien avec des personnes de tous âges (travail, conjoint, famille, amis, voisinage etc.)

Un enfant apprend naturellement en côtoyant des « grands » que ce soient des enfants plus âgés, des ados, des adultes, des seniors. Il est également un repère voire un soutien pour les plus petits.

L’échange intergénérationnel n’est pas présent dans nos écoles classiques. A tel point que certains enfants ont peur des « grands », et que les « grands » en jouent et sont parfois méchants avec les plus jeunes.

Par ailleurs, il est indispensable que les parents en IEF apportent un environnement riche et varié à leur(s) enfant(s) en proposant des activités (musique, théâtre, sport…), rencontres (familles, amis, commune…) etc pour entretenir une vie sociale riche.

Comment un enfant qui ne va pas ou plus à l’école peut-il s’adapter à sa vie future qui n’est pas facile (hiérarchie au travail etc) ?!

En sortant nos enfant du système scolaire classique, nous espérons leur apporter une autre vision du monde. Il n’est pas question de vivre reclus sur nous-mêmes et d’éloigner nos enfants des difficultés de la vie. Au contraire, sans le formatage scolaire et la « pensée unique », nous sommes peut-être mieux préparés pour appréhender le monde ? Quelle meilleure école pour apprendre la vie que la vie elle-même ?

L’école actuelle me fait penser à une pépinière, où tous les élèves sont comparables à des plantes en pot. Comme les plantes, ils reçoivent les mêmes quantités d’enseignement (eau) pour grandir. Certaines plantes grandiront plus que d’autres. A la fin de la scolarité, on leur dit : « ça y est ! vous êtes libres ». Or comment une plante « cultivée » en pot peut-elle vivre librement dans un champ ou dans la nature ? Comment nos élèves gardés bien à l’abri dans nos écoles (où on leur dit à chaque instant ce qu’ils ont à faire et comment le faire), peuvent-ils penser par eux-mêmes et être à l’aise dans la « vraie vie » des adultes ?

A ce jour, nous n’avons pas toutes les réponses aux questions et inquiétudes. Le changement fait peur. On doute parfois, mais finalement qu’est ce qui prime : l’avenir de nos enfants ou l’idéologie de masse ?

Notre objectif, je le rappelle, est tout simplement d’accompagner nos filles et leur permettre de (re)devenir enthousiastes, épanouies, autonomes et actives !

Enfin, pour vous apporter un autre regard sur l’éducation et, se placer du point de vue du besoin de l’enfant, je vous invite à regarder cette vidéo de Thierry PARDO, titulaire d’un doctorat en éducation (à retrouver dans nos sources d’inspirations). Petit conseil : Prenez-vous le temps pour cette vidéo de 37 minutes (que vos enfants soient scolarisés ou non, les idées développées sont très intéressantes).

Notre rentrée avant vs après

Pour marquer le début de notre 1ère année d’IEF (on vous explique tout ici), Cathy a réalisé une vidéo sur le thème de la rentrée, en faisant un comparatif (parfois humoristique) de la rentrée avant (cursus scolaire) et après (en IEF). Cathy fait du montage vidéo depuis quelque temps, sans avoir diffusé ses créations. On vous laisse donc découvrir sa toute 1ère vidéo publiée sur la chaîne YouTube Enjoy & live.

Pour vous donner un petit aperçu, derrière 3 minutes de vidéo se cachent plusieurs heures de travail pour Cathy qui endosse de multiples rôles : scénariste, metteuse en scène, réalisatrice et actrice.

Bon visionnage, en espérant que la vidéo vous plaise !

Ecoles alternatives ou alternatives à l’école ?

Telle est la question que nous nous sommes posée. Voici pourquoi et comment nous avons fait notre choix :

En janvier 2018, nous avons constaté le mal-être grandissant de Zoé (7 ans, CE1). Elle n’a jamais aimé l’école (beaucoup de pleurs depuis la maternelle). Chaque séparation est vécue comme un déchirement. La seule réponse qui nous est donnée est que l’enfant va s’y faire, elle va bien finir par s’adapter.

Difficile pour nous de répondre aux questions de Zoé : « Pourquoi l’école nous sépare-t-elle des parents ? Ce n’est pas naturel que des étrangers s’occupent des enfants. C’est aux parents de le faire. Maman, pour moi l’école est une prison. On est enfermé et on a des toutes petites récréations. Tu me manques… » Nous entretenons le dialogue et essayons de répondre de manière bienveillante à son mal-être persistant.

Néanmoins Zoé développe des maux de tête, de dos et chutes de tension. Les médecins nous disent que notre fille n’a rien. La maîtresse constate également que Zoé n’est pas bien, pour autant elle n’est pas en échec scolaire.

Plusieurs RDV chez l’étiopathe soulagent enfin notre Zoé de ces maux de dos et de tête : 2 cervicales, 1 dorsale et 2 lombaires déplacées. Zoé est dans un état de stress tel qu’on peut le constater chez un adulte !

Nous devons prendre une décision, elle ne peut rester comme ça. Changer d’école ? Oui mais pas dans une école « classique » qui ne changerait en rien le stress éprouvé par l’enfant. École alternative donc, puisqu’il n’y a pas d’autres choix, non ? Au printemps, nous découvrons le concept des écoles démocratiques, dont une ouverture d’école serait prévue en janvier 2019 près de chez nous. Une école libre, sans enseignants mais avec des accompagnants. Comment ça marche ? Nous découvrons les apprentissages autonomes (article à suivre). Une révélation pour nous qui pensions que le seul moyen d’apprendre était d’aller à l’école…

Après plusieurs mois de recherches, lectures, réflexions (voir nos sources d’inspiration ici) et beaucoup, beaucoup de discussions, nous décidons de tenter l’aventure de l’instruction en famille (IEF) avec son lot de chamboulements de notre vie quotidienne. Il n’y a pas de « recette type ». On s’adapte au rythme de l’enfant qui devient moteur et acteur de son savoir. Zoé a été ravie et soulagée par cette décision!

Cathy, la grande sœur, a quant à elle réfléchit aux choix qui se présentaient à elle. Elle devait entrer en 2nde mais a finalement fait le choix de l’IEF. Nous n’avons pas encore déterminé si nous allions suivre des cours par correspondance. A présent Cathy est libre : elle n’a plus la pression du temps, en fonction du métier qu’elle choisira (pour l’instant institutrice, à suivre donc…) elle passera les examens nécessaires quand elle sera prête. Nous espérons qu’elle gagnera en confiance en elle et qu’elle s’épanouira tout simplement.

Nous partagerons avec vous cette belle aventure dans laquelle nous sommes tous des apprenants (enfants comme parents!). En espérant qu’elle nous fasse grandir sur le chemin de la vie et pourquoi pas, qu’elle puisse inspirer l’un ou l’autre?