Le coup de cœur de Zoé #3

Le sapin est illuminé, le salon est éclairé par la douce lumière des bougies, la mélodie de « Jingle Bells » est fredonnée par les enfants. Pas de doute, c’est bientôt Noël ! Et pour rester dans la thématique, Zoé présente son coup de cœur : Histoires à raconter pour faire venir le Père Noël, Éditions Milan Jeunesse.

Présentation de l’éditeur

Une sélection de 24 histoires variées et très illustrées, tirées des magazines Milan. 24 histoires, ça fait une histoire pour chaque soir du mois der décembre en attendant  » bien sagement  » l’arrivée du Père Noël.
Zoé a découvert ce livre à la médiathèque. Depuis le 1er décembre, nous lisons donc une histoire par jour. Cela permet de faire patienter jusqu’à Noël et c’est devenu notre petit rituel 🙂
Le livre est très joli, les illustrations sont colorées et invitent l’enfant à la lecture. Il n’y a pas seulement des histoires de « Père-Noël », on y trouve également des contes comme : Le Prince de la Nuit, Minimouchka, Aliocha et la clé magique etc.
Validé et approuvé par Zoé 🙂 un livre à découvrir sans hésiter !

Le sentier littoral : à la découverte de la côte catalane

Le Sud de la France, cela fait rêver? Et bien je vous confirme que nous adorons notre région d’adoption. Originaire de l’Est de la France, nous avons tout quitté il y a 9 ans pour vivre une nouvelle vie sous le soleil catalan. Cette région est tout simplement sublime, entre mer et montage, on ne se lasse pas de ces paysages merveilleux. Nous n’avons jamais regretté notre choix, face à l’accueil et la gentillesse des Catalans. De nouvelles rencontres, de nouveaux amis qui nous font découvrir ce département sublime (ils se reconnaîtront 🙂 ), le soleil, la mer et la montage… que demander de plus?

Aujourd’hui nous vous parlons du sentier littoral à découvrir absolument si vous êtes de passage dans les Pyrénées-Orientales (ou si vous avez la chance d’y habiter bien-sûr).

Entre le Racou (commune d’Argelès-sur-Mer), Collioure et Port-Vendres, de criques préservées en villes fortifiées, le sentier littoral mène à la découverte de la côte Vermeille.
Que vous soyez de vrais randonneurs ou que vous ayez simplement envie de faire une promenade en famille, cette activité est faite pour vous! Cette randonnée de 10 km vous mènera d’Argelès-sur-Mer à Port-Vendres. Vous pouvez néanmoins faire demi-tour à tout moment pour en faire une promenade bien plus courte (c’est ce que nous avons fait hier). A Port-Vendres vous avez la possibilité de regagner Argelès-sur-Mer avec le bus à 1€.
Un peu d’Histoire

Compte tenu de sa position stratégique, au pied des Albères, Argelès a bénéficié dès le Moyen Âge d’un statut particulier. Ici, point de petits seigneurs. Jusqu’à la Révolution, les différentes dynasties qui ont régné sur le territoire (comtes-rois de Barcelone, rois de Majorque, d’Espagne, puis de France) ont toutes choisi d’exercer directement leur autorité sur la ville. D’où son titre de « cité royale ». À l’époque, le principal intérêt d’Argelès était dû à son rôle de verrou sur un axe commercial important. Le front de mer était encore un marécage. La station balnéaire ne sortira de terre qu’à partir de 1860, suite à la plantation du bois des Pins, qui a permis d’assainir le littoral.

Vous trouverez toutes les informations ici : LE-SENTIER-LITTORAL et sur les sites : http://www.argeles-sur-mer.com et www.tourisme-pyreneesorientales.com.

Voici un aperçu de notre journée d’hier. Au programme : jeux sur la plage, quelques prises d’Aïkido entre Christophe et Zoé, pendant que nous avons joué au « morpion » avec Cathy sur un galet customisé pour l’occasion, fabrication d’un mini radeau, jet de galets sur l’eau, instants de détente et paysages à couper le souffle 🙂

(Plus d’images dans une des prochaines vidéos de Cathy)
Alors, quand venez-vous découvrir le sentier littoral? 🙂

IEF et gestion du budget

La question récurrente qu’on nous pose lorsque nous expliquons que nous avons choisi de faire l’IEF pour nos filles : « mais comment faites-vous financièrement? » Ce n’est pas un secret. L’argent reste la principale préoccupation dans la plupart des foyers. Nous en faisons partie et avons bien évidemment fait les calculs nécessaires, avant de prendre la décision de quitter mon emploi.

Avant tout, il faut prendre conscience que nous sommes dans un changement de mode de pensée. Notre regard sur la société a changé et cela induit un changement de mode de vie et de consommation! Il ne s’agit pas d’un phénomène de mode mais bien d’une prise de conscience.

Nous vivons actuellement dans une société consumériste qui a besoin de consommateurs. Le système fonctionne ainsi. On consomme lorsqu’on essaie de compenser un manque (souvent affectif), lorsque nos besoins fondamentaux (lien et croissance) ne sont pas couverts. Le schéma est simple : quand je ne peux avoir ce dont j’ai réellement besoin, je me tourne vers autre chose, je consomme pour compenser ce manque et éprouver un soulagement temporaire… (d’ailleurs ce que je consomme importe peu). Voir notre article sur ce sujet, de l’excellent neurobiologiste Dr Hüther juste ici.

Consommer ne serait donc pas la clé du bonheur 🙂 Fort de cette analyse, cela parait simple : il suffit d’adapter nos dépenses à notre nouveau mode de vie. Moins de rentrées d’argent = dépenser moins. En ce qui concerne l’IEF, nous essayons de limiter les activités payantes (piscine, musées, visites payantes) et sortons d’avantage dans la nature, faisons des activités gratuites (visites et activités proposées par le réseau des médiathèques ou d’autres familles en IEF etc).

Je vous propose aujourd’hui un outil permettant de gérer votre budget mensuel (recettes et dépenses). C’est un tableur que nous avons créé (soyez indulgents 🙂 ) et que nous utilisons depuis plusieurs années. Le voici : Tableur budget

Fonctionnement du tableur

Il vous suffit de renseigner les recettes et dépenses et tous les calculs se font automatiquement 🙂 d’un coup d’œil, on peut voir le budget prévisionnel restant à la fin du mois et pour chaque poste de dépenses (pour l’utilisation n’oubliez pas d’ « Activer les modifications » sur le fichier Excel).

1. Entrer toutes vos rentrées d’argent mensuelles, et le solde du mois précédent : si on finit le mois précédent à -150€ cela va se déduire de vos rentrées d’argent.

2. Noter tous vos frais fixes : loyer, téléphones, électricité, eau, assurances etc. Petit conseil : mensualisez toutes les dépenses. Pour les frais qui ne sont pas prélevés mensuellement sur votre compte, vous pouvez mettre ce montant de côté et l’utiliser lorsque la facture arrive (par exemple EAU : je prévois de mettre 50€ de côté tous les mois. Lorsque je reçois ma facture annuelle, l’argent mis de côté à cet effet est disponible).

3. Indiquer le budget mensuel prévu pour ces 3 postes : courses = alimentaires + nécessaire à vivre / essence / frais divers = restau, loisirs, cadeaux… Dans cet exemple, je prévois un budget courses de 450€, essence 150€ et frais divers 150€.

4. Noter chaque dépense réalisée (concernant les postes ci-dessus). Le montant se déduit automatiquement (flèches rouges) du budget initial.
Exemple : je prévois un budget mensuel de courses de 450€. On est le 10 du mois, avec les courses réalisées ci-dessous, il me reste 335€ sur mon budget courses.

5. Solde prévisionnel restant à la fin du mois : dans cet exemple, on peut voir qu’avec les frais fixes (2) et toutes les dépenses prévues (3), il me restera 15€ à la fin du mois.

6. Solde restant au réel : avec les dépenses réalisées à ce jour (4), mon solde réel est de 545€ (en déduisant évidemment tous les frais fixes (2))

Avantages du tableur

Il vous est possible d’avoir un suivi détaillé de vos dépenses mois par mois, et même d’année en année. Cela vous permet d’analyser vos habitudes de consommation, et même de réduire des dépenses inutiles. Par ailleurs, en le faisant sur le moyen voire long terme on peut même constater l’évolution du coût de la vie.

J’espère que cet outil vous sera utile! A vous de le personnaliser. Si besoin d’aide, n’hésitez pas à me contacter via le blog ou les réseaux (Facebook, Instagram). Je serai ravie de pouvoir vous aider.

A vous de jouer 🙂

Tuto bonhomme de neige

Nous affectionnons tout particulièrement la période de Noël : les préparatifs, les senteurs des bougies et cette belle ambiance qui s’installe chez nous. Nous commençons ainsi à réaliser quelques éléments de décoration nous-mêmes : par exemple couronne de l’avent (réalisée par maman), boules de Noël (crées par Zoé) ou bonhommes de neige (réalisation familiale, idée trouvée par papa!).

Voici un petit tuto pour la réalisation (très facile) de bonhommes de neige.

Les avantages : 1. cela ne nécessite que peu de matériel : chaussettes, riz (non cuit), ficelle ou laine, épingles, en option : ruban, petites décorations / gommettes à coller et colle forte (pour consolider la tenue des épingles) 2. activité à réaliser avec un public de tout âge, petits et grands peuvent s’amuser !

1. Couper la chaussette : vous aurez ainsi le corps du bonhomme (partie longue) et son chapeau (partie courte ici environ 9 à 10 cm).

2. Retourner la chaussette et faire un nœud avec la laine ou la ficelle.

3. La remettre à l’endroit et verser du riz à l’intérieur. Nous mettons environ 500g par bonhomme.

4. Tasser légèrement le tout. Refermer le bonhomme à l’aide d’un nœud. Ne pas hésiter à en faire plusieurs pour être sûr que cela tienne 🙂 Couper le surplus de la chaussette.

5. Former la tête et passer la ficelle et/ou le ruban autour du cou. Bien serrer afin que le bonhomme garde sa forme.

6. Former son chapeau (avec le morceau de chaussette coupé préalablement), et le placer sur la tête.

7. Mettre 3 épingles sur la tête et éventuellement en ajouter sur le corps du bonhomme. Pour l’écharpe, vous pouvez utiliser des morceaux de chaussettes (blanches ou de couleurs) ou du ruban.

Votre bonhomme est terminé ! En jaune, je vous présente la réalisation de Zoé 🙂

Pour vous donner des idées, voici quelques unes de nos créations :

N’hésitez pas à partager les photos de vos réalisations sur nos comptes Facebook et Instagram. Nous avons hâte de voir la famille bonhommes de neige s’agrandir 🙂

Bons préparatifs de Noël à vous !

Le coup de cœur de Zoé #2

Nous avions déjà abordé les émotions des enfants précédemment dans nos articles : Comprendre nos enfants partie 1 et partie 2, en se plaçant du point de vue de l’adulte (parent, éducateur…).

Dans cet article, c’est différent! Zoé nous fait découvrir son coup de cœur pour un livre qui parle des émotions et qui s’adresse aux enfants. Il s’agit de la Collection Gaston la licorne, Mes émotions aux Éditions Hachette Enfants.

 

Présentation de l’éditeur

Un recueil de 8 émotions (dont 3 inédites) de Gaston, la licorne dont la crinière change de couleur selon ses émotions. Aurélie Chien Chow Chine, sophrologue, prend la parole pour expliquer les émotions et apporter des solutions (exercices de sophrologie).

Une roue des émotions est fournie avec l’ouvrage pour aider l’enfant à exprimer les émotions qu’il ressent.

Un très beau livre, qui explique avec des mots simples et compréhensibles les émotions, pour aider l’enfant à les nommer et les gérer. Toute la famille s’y retrouve : parents comme enfants 🙂 Le personnage, Gaston la licorne, est très attachant.
La météo du cœur
Les émotions à retrouver dans le livre : Je suis en colère, triste, joyeux, j’ai peur, je m’en veux, je suis timide, jaloux ainsi que tout fou-fou.
Validé et approuvé par Zoé : il y a quelques jours, lorsqu’elle était en colère, elle s’est retirée dans sa chambre pour relire son livre et a fait les exercices de respiration conseillés pour gérer cette colère du moment. Elle est ensuite revenue vers moi en m’expliquant comment faire pour gérer ce stress, cette tension. J’ai trouvé sa démarche géniale. Elle l’a fait en toute autonomie. Pouvoir nommer et gérer ses émotions est à mon sens un apprentissage essentiel !
A découvrir aussi la version différente : une émotion décrite par livre. Par exemple :

Destination Unschooling

Il existe de nombreuses manières d’aborder le sujet des apprentissages lorsqu’on pratique l’instruction en famille : on peut choisir l’apprentissage formel (cahiers, manuels scolaires, cours par correspondance) et/ou opter pour l’apprentissage naturel de l’enfant sans enseignement : bienvenue dans le monde du unschooling ! Précédemment, nous avions déjà vu les apprentissages autonomes (par ici) et apprentissages informels (par ).

Le film ainsi que le livre Être et devenir1 de Clara BELLAR nous permettent de plonger dans ce monde extraordinaire du unschooling ! Pour beaucoup de parents (comme pour nous) c’est une découverte totale, puisque nous avions appris qu’il n’y a qu’à l’école qu’on apprend. Alors comment un enfant pourrait-il apprendre sans école et sans enseignement ?!

Pour trouver une réponse, posons-nous d’abord la question : Pourquoi une société scolarisée a tant de mal à imaginer des apprentissages naturels et autonomes ? Comment se fait-il qu’un enfant sans école apprenne à marcher et à parler mais tout d’un coup serait incapable d’apprendre à compter ou écrire ? Pourquoi ne croit-on pas une personne apte à choisir son activité parmi ses centres d’intérêts ?

On le sait, les enfants sont des « machines à apprendre ». Dès lors pourquoi faudrait-il imposer des matières et des temps d’apprentissages, alors que notre cerveau est programmé naturellement pour apprendre ?

Se « déscolariser »

Nous avons été « formatés », il faut donc d’abord déscolariser les parents, changer de paradigme, de regard. Je pense que c’est cela le plus difficile et finalement le cœur du « problème » ! Les maîtres-mots en unschooling sont « trust and wait » = confiance et patience (Naomi Aldort2). C’est la base. Nous, parents, éducateurs, avons tendance à avoir des attentes, espérons l’émergence d’une ou plusieurs passions chez notre enfant, ou pire le comparons aux autres, aux « normes attendues ». Or c’est nocif pour lui, et détruit sa confiance. Le parent doit donc faire un travail sur lui avant tout, se remettre en question. D’ailleurs faire le choix du unschooling découle d’une réflexion globale : il ne s’agit pas seulement de l’éducation de notre enfant, mais de notre manière d’être dans le monde, de vivre !

Alors oui, c’est difficile de faire face au regard des autres, aux remarques : « mais vous ne suivez pas un programme ? votre enfant devrait savoir faire ceci ou cela ! » Il faut alors se dire 2 choses : on n’a jamais fait grandir quelqu’un en le mesurant. Arrêtons la comparaison et les attentes vis-à-vis de notre enfant. Puis, posons-nous la question : si nous étions sur une île déserte, à quel point serions-nous gênés que notre enfant soit comme ceci, ou comme cela ? Une fois que l’on s’est posé cette question, on a fait la paix avec la thématique de la comparaison (Thierry Pardo3, à retrouver juste ici).

Confiance en soi

Ainsi pour pouvoir faire confiance à son enfant, il faut donc avoir confiance en soi ! C’est logique me direz-vous. Mais comment fait-on si, comme moi, on est une maman qui n’a pas vraiment confiance en elle ? Il faut déjà avoir confiance dans ce qu’on fait ! Aujourd’hui je peux affirmer que notre choix de vie nous correspond, parents comme enfants (oui il y a des doutes et des questions parfois, mais la joie est présente, cela se ressent en soi et chez les enfants). Ensuite il nous faut avoir confiance en la capacité d’apprendre de l’enfant. Elle se cultive en parlant en famille, avec d’autres parents d’enfants non-sco et en étant attentif à ce qu’exprime son enfant, en restant connecté à lui ! Cela demande un travail sur soi mais la justesse de l’action donne beaucoup d’énergie (Claudia Renau4). Partage et connexion à l’autre permettent de changer, de se construire. C’est donc l’interaction avec nos enfants qui nous permet de gagner en confiance, mais surtout qui les aide à se construire !

Nous sommes donc dans un cheminement de pensées global : il ne s’agit plus d’une question d’aller ou non à l’école, mais de se réapproprier sa vie et sa confiance en soi, pour les enfants comme les parents.

Apprendre sans contraintes

En unschooling, l’enfant apprend comme il le souhaite, sans contraintes. Beaucoup diront que cela n’est pas la « vraie vie », que l’école apprend à se soumettre aux règles. Effectivement, l’école a été créée pour enseigner la discipline et l’obéissance à une hiérarchie.

Un peu d’Histoire pour comprendre : en 1870, la Prusse inflige une défaite à la France. Il faut donc former des militaires plus obéissants et disciplinés, c’est pourquoi on crée l’école de Jules Ferry. Il faut instaurer un sentiment d’appartenance patriotique (nécessaire aussi pour la colonialisation des « races dites inférieures » par J. Ferry5), puis un esprit de compétition et de comparaison, ainsi que d’exécution des ordres nécessaire pour le secteur militaire, et industriel (travail en usine).

Or en unschooling et sans école, on apprend également à se conformer aux règles de vie, de courtoisie, en famille et dans la société, lorsque ces règles font sens. L’enfant n’est donc pas face à des règles arbitraires hors contexte. Il se sociabilise et vit avec des enfants et adultes de tous âges. En effet, il n’est pas forcément pertinent de retirer l’enfant du monde (en le mettant à l’école) pour le préparer au monde !

Par ailleurs, pour faire face au marché du travail, le bagage le plus solide est la confiance en soi, et savoir apprendre par soi-même. Le monde d’aujourd’hui n’est pas nécessairement celui de demain. Nous le constatons, il change sans cesse. Il faut savoir faire preuve d’adaptation ! L’école est comparable à une course aux notes et aux diplômes. Elle a créé cet imaginaire collectif selon lequel il suffit d’avoir un diplôme pour travailler et réussir. Or ce n’est pas une assurance tout risque contre le chômage. Cela peut même nous pousser dans un métier qui ne nous convient pas. Nous l’avons vécu ou connaissons des personnes dans ce cas.

Pour autant, certains me diront qu’ils ont été « éduqués à la dure » et qu’ils ont appris ! Effectivement, nous apprenons même dans ces conditions car on ne peut faire autrement. Mais à quel prix ?! Les conséquences sur le développement cérébral sont graves : les zones du cortex préfrontal (dirigeant la pensée supérieure, l’exécution, l’action, l’apprentissage et la mémoire) ne se développent pas correctement. Alors que dans un environnement bienveillant (un simple regard attentionné suffit) ces zones créent beaucoup plus de connexions. Oui, on apprend dans un environnement stressant mais avec tellement plus de difficultés, avec l’intégration de mécanismes de manque d’auto-estime et d’auto-sabotage ! (Céline Alvarez6)

D’autres assurent qu’ils ont aimé l’école. C’est possible. Pour ma part, bonne élève, ma scolarité a été plutôt agréable. Pour autant, elle n’a pas été épanouissante. En me penchant sur l’IEF et le unschooling, je me suis aperçue que j’ai été une « bonne victime consentante » du système. Il n’y avait pas le choix. Il fallait faire ses devoirs, avoir de bonnes notes pour les appréciations des professeurs, voire des parents. J’attendais qu’on soit fier de moi, j’ai ainsi renoncé à une partie de moi-même pour devenir ce qu’on attendait de moi. Certains se reconnaitront peut-être… A présent, il faut refaire le chemin vers soi-même.

Résultats du unschooling

Les enfants unschoolers ont confiance en eux et une connaissance d’eux-mêmes. La joie est préservée tout comme cet élan naturel des apprentissages. Ce sont de « vrais » enfants ! Certains iront jusqu’au bac ou feront des études supérieures. D’ailleurs Joyce Reed, co-rectrice de Brown University, témoigne que les enfants non-sco ayant créé leur propre programme sont plus passionnés, plus actifs et plus ouverts. Ils vont vers le professeur, pour lui parler, l’interroger alors que les élèves sortis du lycée pensent que cela ne se fait pas.

Mais alors peut-on passer au unschooling à tout âge ? Oui il est possible de proposer des apprentissages informels quel que soit l’âge, mais il y a une période de transition lorsqu’on déscolarise nos enfants. En effet, il est difficile de se prendre soudain en main quand on a organisé toutes vos journées pendant des années, quand on vous a dit ce qu’il fallait faire, étudier et à quelle heure. Donc c’est anxiogène pour les parents de voir notre enfant perdu. Nous en faisons le constat avec nos filles. Mais nous leur laissons du temps pour se réapproprier leurs envies, leur(s) centre(s) d’intérêt(s). D’après les témoignages, le naturel revient avec un peu de temps. Patience donc… trust & wait.

D’accord mais comment approfondir un apprentissage ? Si mon enfant veut aller plus loin dans une matière, en tant que parent je n’ai peut-être pas les compétences ? L’un de nos amis nous disait que grâce à l’école il avait pu approfondir ses connaissances en mathématiques, et que sans école il n’y serait pas parvenu. Il faut simplement se dire que le parent a un rôle d’accompagnant. Il doit rendre le monde accessible à son enfant. Si celui-ci souhaite apprendre les mathématiques, ou devenir astronaute alors on recherche ensemble les ressources nécessaires (personnes, lieux, livres etc). Ce ne sont pas les adultes qui enrichissent les jeunes. Un astronaute n’a pas forcément des parents astronautes. L’apprentissage est un acte intime : chaque personne est moteur de son apprentissage !

Une autre vision de l’avenir

Pour conclure, depuis que nous avons découvert l’univers de l’IEF, et celui des apprentissages naturels, notre vision du succès a changé (comme pour beaucoup de parents qui témoignent dans le film). Elle n’est plus liée aux qualifications, au fait d’obtenir un diplôme à tout prix, de gagner de l’argent et de l’accumuler. Nous allons vers des idées et questions qui ont plus à voir avec l’équilibre et le bien-être de chacun (enfant comme parent).

Certains pensent peut-être que c’est totalement utopique de vivre en 2018 et de penser comme cela… Je répondrai simplement que c’est un état d’esprit qui se travaille et se cultive afin de ne pas vivre dans un monde de rapports de forces, de domination. Parents et enfants peuvent devenir des partenaires et non des adversaires. Vivre en harmonie, prendre soin de soi sont aussi des bases nécessaires pour nos enfants, pour leur permettre de choisir plus tard un monde professionnel non humiliant.

Enfin, pour ceux qui ont l’impression qu’on se « sacrifie » pour nos enfants en choisissant l’IEF, je peux assurer que ce n’est pas du tout un sacrifice pour moi. Certes il faut faire des choix notamment financiers, mais c’est une chance immense de pouvoir accompagner nos filles. A qui donnerait-on le meilleur de nous-mêmes si ce n’est à nos enfants ? Alors à nous d’inventer la vie qui va avec nos choix.

1Être et Devenir : Faire confiance à l’apprentissage naturel des enfants, Clara BELLAR, Éditions l’Instant Présent / 2Naomi ALDORT Auteure spécialisée en éducation des enfants, conférencière et thérapeute / 3Thierry PARDO doctorat en éducation / 4Claudia RENAU Enseignante pour l’Éducation Nationale et formatrice d’enseignants à l’IUFM ; actuellement éditrice aux éditions l’Instant Présent / 5Jules FERRY discours de 1885 http://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/histoire/grands-moments-d-eloquence/jules-ferry-28-juillet-1885 / 6Céline ALVAREZ Auteure et conférencière, linguiste de formation, ancienne professeure écoles

Le coup de cœur de Zoé #1

Voici le livre découvert par Zoé dans notre médiathèque et qui lui a énormément plu ! Il s’agit de Visages du monde de Tamara Garcevic, Éditions Amaterra.

Présentation de l’éditeur : Un livre documentaire pour découvrir 50 ethnies du monde, et la richesse de leur diversité culturelle.

Le livre explique ce qu’est une ethnie et les spécificités de chacune d’entre elles. Il décrit 50 ethnies de 5 continents, à découvrir sur les cartes :

C’est un très bel ouvrage qui fait voyager petits et grands. Il permet d’expliquer de manière simple et efficace les différentes cultures sur notre planète. Nous avons pu aborder la géographie, les mathématiques (lecture de nombres), la lecture bien-sûr, ainsi que la richesse culturelle à travers le monde.

Validé et approuvé par Zoé ! Nous le recommandons sans hésiter 🙂

Les Intelligences Multiples

Cette théorie a été développée par Howard GARDNER (psychologue américain) en 1983. D’après ce-dernier nous n’avons pas une intelligence globale, mais nous développons 8 types d’intelligences. Pour lui la seule raison d’être de l’école devrait être le développement de toutes ces formes d’intelligences.

Quelles sont les Intelligences Multiples ?

Lintelligence musicale se caractérise par la sensibilité à la musique et aux rythmes. Bien que l’on puisse s’en passer pour communiquer, elle reste centrale dans l’expérience humaine. La musique transmet des émotions, et capte des sentiments.

L’intelligence kinesthésique est l’aptitude à utiliser son corps pour reproduire ou effectuer des gestes (danse, sport, travaux manuels etc).

L‘intelligence logico-mathématique est une capacité non verbale de résoudre des problèmes logiques. L’une de ses caractéristiques est de ne pouvoir accepter aucun fait sans l’avoir démontré. Ce raisonnement est utilisé comme base pour les tests de QI. C’est cette forme d’intelligence que Jean PIAGET1 a décrite comme étant « l’intelligence ».

L’intelligence verbale / linguistique permet entre autres de convaincre, animer, transmettre une information, fournir des explications. Elle se traduit également par des facilités de compréhension des règles grammaticales. Cette forme d’intelligence serait la plus largement partagée par l’espèce humaine et la plus étudiée.

L’intelligence visuelle / spatiale se traduit par la capacité visuelle et mentale de percevoir le monde de façon précise (3 dimensions) et de créer des images mentales.

L’intelligence interpersonnelle est une capacité d’ordre social à entrer en contact avec les autres, ainsi que de coopérer et les comprendre, de distinguer leurs caractères, humeurs et intentions.

L’intelligence intrapersonnelle c’est se comprendre soi-même et avoir une idée précise de sa propre vie émotive.

L’intelligence émotionnelle (IE) est un concept proposé en 1990 par les psychologues Peter Salovey et John Mayer, qui réfère à la capacité de reconnaître, comprendre et maîtriser ses propres émotions et à composer avec les émotions des autres personnes. Elle est proche du concept d’intelligence sociale.2

Howard GARDNER a ajouté une 8ème intelligence depuis le début de ses travaux : l’intelligence naturaliste. Elle se traduit par la capacité d’établir des classifications dans la nature (sous ses formes minérales,végétales et animales).

Retrouvez plus d’informations sur le site www.mieux-apprendre.com !

Sources : Intelligences multiples www.mieux-apprendre.com, Revue de pédagogie N°122 (1998) sur www.persee.fr
1Jean PIAGET ( biologiste, psychologue, logicien et épistémologue suisse connu pour ses travaux en psychologie du développement et en épistémologie à travers ce qu’il a appelé l’épistémologie génétique) WIKIPEDIA
2 intelligence émotionnelle WIKIPEDIA

Visite de Montauban

Nous avons profité d’une conférence de Thierry Pardo organisée à Montauban (voir notre article) pour visiter cette ville que nous ne connaissions pas.

Le but était d’en faire un projet pédagogique avec Cathy et Zoé et de leur permettre de découvrir par elles-mêmes ce que nous pourrions faire sur place. Cathy a en parallèle réalisé une vidéo pour sa chaîne YouTube, à retrouver en fin d’article.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons fait des recherches sur internet (entre autres office du tourisme) pour connaître les lieux à visiter. Le choix de Zoé s’est porté sur le muséum d’histoires naturelles, et celui de Cathy sur la cathédrale de Montauban et le Jardins des plantes. Elle a également recherché le temps de route, l’itinéraire et les possibilités de stationnement sur place pour organiser notre journée. A l’aide d’un plan de la ville imprimé par Zoé, nous avons fait des annotations pour déterminer le parcours prévu.

Bilan : journée réussie pour les visites, mais surtout pour le bonheur de partager ces instants en famille 🙂

Pour tous les détails, découvrez la vidéo de Cathy !

Éduquer sans enseigner, la clé du succès ?

Telle est la thématique de la conférence-débat de Thierry Pardo à laquelle nous avons participé le 29 septembre à Montauban. Pour rappel, Thierry Pardo (père de 2 enfants) est titulaire d’un doctorat en éducation et spécialiste des alternatives éducatives. Auteur de plusieurs livres dont Une éducation sans école (à retrouver dans nos sources d’inspiration), nous avons eu droit à une jolie dédicace qui nous accompagne désormais dans notre belle aventure ! C’est une personne très accessible, qui a été au contact de tous les participants souhaitant lui parler. Vraiment une très belle rencontre avec de beaux échanges !

Vous retrouverez également l’une de ses remarquables interventions dans notre article sur l’IEF juste ici.

Voici quelques points abordés lors de la conférence  :

Aujourd’hui, nous sommes convaincus que l’apprentissage est le résultat de l’enseignement. L’école nous apprend qu’il n’y a qu’à l’école qu’on apprend. Or l’apprentissage est le résultat de la vie. On ne peut être vivant et conscient sans être continuellement en train d’apprendre.

Thierry Pardo fait un comparatif entre l’éducation et l’agriculture en 3 étapes :

1. D’abord nous avions, entre autres, des coins à blé ou à champignons qui poussaient librement dans la nature. En éducation cela est comparable à l’accueil du jeune enfant dans un couple, c’est l’Histoire de l’humanité.

2. Ensuite l’Homme a décidé de regrouper les cultures et d’en faire des champs de blé pour faciliter la cueillette. En éducation cela ressemble bien au système scolaire qui regroupe les enfants « par date de fabrication ».

3. Enfin, l’Homme a ajouté des intrants chimiques passant ainsi à une agriculture pétrochimique (= agriculture « normale »). De nos jours, nous avons fréquemment recours à l’utilisation de médicaments pour les enseignants et les enfants.

Cela génère 3 grands dangers :

1. La confiscation du vocabulaire. Les agriculteurs ont réussi à se réapproprier le vocabulaire en parlant de permaculture ou d’agriculture bio pour des pratiques plus naturelles. Or nous n’avons pas de vocabulaire dédié à l’éducation « naturelle » hors école. Pour un chasseur, on ne parle d’un « non-pêcheur ». Mais pour les personnes pratiquant l’IEF, on parle de « non- scolarisé » ou de « déscolarisation ».

2. La croyance que c’est l’agriculteur qui fait pousser le blé. Il en va de même pour l’éducation : on croit que c’est l’enseignant qui fait apprendre et grandir l’enfant.

3. La création d’une science : l’agronomie qui aide l’agriculteur, et non le blé (on n’a jamais vu un grain de blé assister à un cours d’agronomie). Nous avons aujourd’hui des sciences éducatives qui sont au service des enseignants et non des enfants.

Vivre c’est créer de l’apprentissage ! Nous sommes convaincus de l’intelligence animale et végétale : les arbres s’avertissent par les réseaux racinaires de la présence de parasites. On a également un exemple tout à fait remarquable (et presque incompréhensible) d’un être mono-cellulaire qui apprend et transmet sans cerveau : le blob Physarum. Il en est de même pour nous : nous sommes des apprenants de nature. Notre cerveau est conçu pour apprendre, sans contraintes d’apprentissage mais avec des interactions avec notre entourage !

Plus le maitre enseigne, moins l’élève apprend. Confucius (-500 av J-C)

Alors quel est notre rôle en tant que parents ? Réponse : créer un environnement éducatif favorable. Nous le savons : la graine pousse seule, à condition d’avoir les ressources nécessaires à disposition. Thierry Pardo nous donne les clés de cet environnement :

  • Temps et espace libres. L’enfermement a des répercussions catastrophiques sur le développement des enfants. Une étude* a été menée sur des enfants de 8 à 12 ans et des athlètes de haut niveau. Résultat : les enfants ont des capacités de récupération équivalentes voire meilleures que les athlètes.
  • Interactions fertiles. Cela génère nécessairement plus de bienveillance : un bébé vient au monde sans préjugés.
  • L’enfant est un « apprenaute» grâce au processus d’observation et d’imitation.
  • Rapport interstructuré à la connaissance :

L’enfant a besoin d’entretenir un rapport interstructuré à la connaissance : Cela signifie que l’enfant ne peut réaliser d’apprentissage durable et authentique si le contenu des connaissances lui est déversé de façon hétérogène. L’enfant a besoin de s’approprier le savoir en le structurant lui-même par manipulation, en le réutilisant de façon efficace dans un environnement chargé de sens. Alors le savoir s’inscrit durablement et sera mobilisable en cas de besoin.*

A la fin de son intervention, Thierry Pardo nous a confié une anecdote au sujet d’un jeune garçon unschooler, participant à l’une des nombreuses activités organisées avec des enfants non-scolarisés. Une passante leur a demandé en voyant ce groupe d’enfants : « Vous n’allez pas à l’école ?! ». Réponse de ce jeune : « Mais on n’a pas le temps ! ». Laisser nos enfants explorer la vie est finalement le plus beau des cadeaux. Il y a tant à faire et à découvrir !

Questions posées par les participants à la fin de la conférence :

Qu’est ce qu’un environnement qui fait sens ? C’est un environnement logique, bien souvent en opposition à un programme scolaire imposé. Thierry Pardo nous a raconté une anecdote très parlante : un enfant participant à une sortie regarde différents animaux, et lorsqu’il voit des cochons, dit à l’intervenant : « le mercredi, mamie fait des frites ! ». Cela n’avait aucun sens dans ce contexte. On ne sait pas vraiment quel a été le cheminement mental de l’enfant pour en arriver là. Cela a autant de sens lorsqu’un enseignant dit à ses élèves : « aujourd’hui nous étudions la 2nde guerre mondiale ! ».

Comment agir avec un enfant dyslexique ? Si notre enfant a des faiblesses (au vu des normes de la société) travaillons avec ses forces et arrêtons de le comparer ! Sinon on détruit sa confiance en lui. Nous devons être du côté de notre enfant qui va toujours tout faire pour plaire à son référent primaire, quitte à souffrir. Soyons vigilants et évitons d’avoir des attentes vis-à-vis de nos enfants.

Comment faire pour qu’un enfant apprenne si on le laisse choisir ses occupations ? Jouer c’est apprendre. Un bébé est programmé pour apprendre la langue, le lien social etc. Nous avons donc tous un élan naturel qui nous pousse à l’apprentissage au quotidien. Avec enthousiasme et sans contraintes, on n’oublie pas, contrairement aux apprentissages contraints qu’on ne retient pas.

Je n’ai pas les moyens financiers de faire l’IEF. Thierry Pardo a fait le calcul : par exemple pour le Québec, un salarié qui gagne 1500$ ne va « perdre » que 300$ au réel s’il arrête de travailler. Car travailler coûte cher entre les frais de garderie, école, voiture, assurances etc. Au final c’est un choix de vie global, qui demande certes de réduire les coûts, mais qui représente un gain énorme en qualité de vie. Fini les « dépêche-toi ! » qui est l’ordre le plus entendu par les enfants. Quand on est convaincu, on met tout en œuvre pour y arriver. Il faut s’inventer une vie qui va avec notre choix !

* Sources : étude enfants-athlètes http://theconversation.com/vos-enfants-courent-toute-la-journee-cest-parce-quils-ont-des-muscles-dathletes-endurants-95476 – Rapport interstructuré à la connaissance : THIERRY PARDO Mémoire remis au Ministre de l’éducation Montréal le 30-06-2017